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Notes de voyage, Chili et ailleurs

Lundi 4 août 2008 1 04 /08 /Août /2008 18:38
Saviez-vous que les Egyptiens n'ont pas invité les momies? C'est ce que j'ai appris récemment, lorsque j'ai visité le musée d'art précolombien de Santiago. Les inventeurs des momies sont les indiens Chinchirros, une humble communauté de pêcheurs vivant dans l'actuelle région de Tarapaca, près de la frontière péruvienne. La technique de conservation des corps était très avancée, et utilisait à la fois la décomposition chimique et la chirurgie. Pour faire simple, disons que les parties "molles" de l'organisme (muscles, graisses, organes) étaient peu à peu remplacés par une cire spéciale, afin que l'enveloppe corporelle conserve sa forme. C'était 5.000 ans environ avant Jean-Christophe, soit quelque 2.000 ans avant les Egyptiens.


A propos d'Egyptiens, il est intéressant de constater les similitudes entre les cultes des pharaons et ceux des indigènes d'Amérique: tous ou presque vénéraient le dieu soleil, et les rites mortuaires de certaines sociétés indiennes étaient
quasi-identiques à ceux des Egyptiens. J'ai également été frappé par l'omniprésence des figures humaines ou animales: presque tous les vases, verres, assiettes, amphores ont visage humain, ou forme d'animal; comme pour donner vie et âme aux objets. Certaines représentations d'animaux ressemblent d'ailleurs étrangements à celles qu'on peut voir sur les vases ou autres objets de la Chine antique. Et si le concept d'uniformisation des cultures n'était qu'un mythe?


Mais revenons à nos moutons, pardon, à nos momies.
7.000 après les Chinchirros, l'exposition Bodies fait la même chose. Avec des techniques de pointe, évidemment. Bodies, au cas où ça ne vous dirait rien, c'est une exposition itinérante mondiale, qui montre de véritables corps humains, entiers ou en morceaux. Ca ressemble fortement aux mannequins en plastique de la classe de biologie, sauf que là, tout est réel: les corps proviennent de la morgue, où ils n'ont été ni identifiés ni réclamés par personne.

Et pour conserver tous ces corps, comment on fait? On remplace les parties liquides par un produit spécial qui élimine le sang. Une sorte de cire, qui
permet de conserver intact jusqu'aux vaisseaux sanguins. Comme les momies chinchirros, mais en plus sophistiqué. L'effet est saisissant.


Personnellement je ne me suis pas senti très à l'aise face à tous ces corps décharnés, ces organes vivants conservés sous verre. J'avais un peu l'impression d'être devant un étal de boucherie humaine, une sorte de musée des horreurs, malgré les explications données aux visiteurs par de scientifiques. Et la sensation désagréable de regarder à l'intérieur de moi-même, aussi, comme
une sorte de zoo introspectif.

Bodies est à la fois éducatif (on ne compte pas le nombre de visiteurs qui jettent leur paquet de clopes après avoir vu un véritable poumon de fumeur, couleur anthracite) et malsain (c'est tout de même du voyeurisme morbide). C'est aussi du bon business, vu le succès mondial de l'exposition, mais c'est un autre débat. En tout cas, ça m'a confirmé une chose: je n'aurais jamais pu être médecin. Même du temps des Chinchorros.
Par @tom - Publié dans : Notes de voyage, Chili et ailleurs
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Mardi 29 avril 2008 2 29 /04 /Avr /2008 14:20
Ca fait longtemps déjà que je veux vous parler du petit village d’Horcon. C’est l’un de mes endroits favoris pour aller se relaxer au bord de la mer. Horcon, c’est une petite crique qui vit au rythme de la pêche artisanale, l’un des derniers recoins de la côte centrale du Chili qui reste préservé de l’urbanisation galopante et uniformisante.



Sur la petite plage de sable fin s’alignent les lanchas, les traditionnelles barques de pêche jaunes et bleues, à l’abri du gros temps. A Horcon, contrairement au reste de la côte centrale, l’eau est claire et calme: les vagues vont se briser ailleurs. Mouettes, cormorans et pélicans rôdent autour des embarcations, guettant le moindre reste de crabe ou de poisson délaissé par les pêcheurs. Il faut voir leur manège quand, en fin de matinée, les bateaux reviennent de la haute mer avec leur butin, et vident leur stock des coques de bois.



Il faut aller à Horcon pour le midi, quand les pêcheurs sont de retour et vendent le poisson à la criée, quand les chevaux de trait s’attellent aux bateaux pour les tirer jusqu’en haut de la plage, quand les oiseaux se querellent pour quelques bouts de poisson laissés à leur intention par les pêcheurs…



Sur l’îlot qui fait face à l’anse, Saint Pierre, patron des pêcheurs, mène sa barque entre les rochers peinturlurés de guano. A l’autre bout de la crique, une falaise percée à la mode d’Etretat ferme l’accès au village, et surtout interdit toute construction nouvelle. A seulement quelques centaines de mètres de là, les grands buildings façon La Grande-Motte sont légion.



De l’autre côté de la falaise, il y a la plage Cau-Cau, sans doute l'une des plus belles du Chili. L’une des plus inaccessibles, aussi. Encastrée entre deux falaises abruptes, la plage n’a qu’un seul chemin d’accès, une sorte d’escalier plus que délabré qui descend dans la forêt. La descente est fatigante et dangereuse (on enjambe les rondins plutôt qu’on ne descend les marches), mais la plage en vaut la peine.



Pendant deux étés, l’accès à Cau-Cau était carrément fermé. Le chemin passe en effet au milieu d’une propriété privée, et le propriétaire des lieux, qui en avait assez du passage à toute heure de la journée et de la nuit, a un jour érigé un mur à l’entrée du sentier. Du jour au lendemain, tous les estivants se sont retrouvé privés de plage. Finalement, le gouvernement provincial a trouvé un accord avec le propriétaire, qui laisse l’accès libre durant la journée, et ferme le sentier la nuit.




Son attitude n’est pas très démocratique, mais il faut comprendre la volonté des habitants de Horcon de protéger et jalouser leurs trésors. Le village, je le répète, a su garder un cachet unique. C’est sans doute pour cela qu’une petite colonie de hippies y a élu domicile. Au milieu des familles de pêcheurs, on croise parfois dans le village de vieux barbus à la Ravi Shankar, poitrail nu, peau basanée. Et la décoration fantaisiste zen de certaines bicoques atteste de leur présence.




Les maisons, tiens. J’allai les oublier. Horcon est un patchwork de cabanes de bois bigarrées, toutes plus pittoresques les unes que les autres, décorées souvent avec excentrisme, la plupart du temps avec goût. Et en parlant de goût, un dernier détail: on trouve à Horcon les meilleures empanadas de mariscos (sorte de beignets aux fruits de mer) de toute la côte. Je m’en pourlèche les babines rien que d’y songer!
Par @tom - Publié dans : Notes de voyage, Chili et ailleurs
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Lundi 7 janvier 2008 1 07 /01 /Jan /2008 20:49
Le Chili a fêté la nouvelle année comme il se doit: par de gigantesques feux d'artifice tirés simultanément en sept points différents, sur toute la baie de Valparaiso (20 kilomètres au total entre les deux points de tir les plus éloignés), et par une éruption volcanique dans le sud. Le volcan Llaima, près d'Osorno, s'est réveillé pour montrer que lui aussi, il peut faire des feux d'artifices, et autrement plus puissants.

Et pendant ce temps, ce blog dort. Et pourtant, je n'ai rien fait de spécial ces derniers jours. Et pourtant, j'ai plein de choses à raconter. Mais je n'avais encore rien posté en 2008. C'est chose faite.
Je voulais vous montrer une vidéo de ces fameux feux d'artifice (9.000 fusées tirées, c'est énorme!), mais elle est de trop mauvaise qualité. Il faudra vous contenter de ces trois photos prises à Valparaiso pour le Nouvel an.

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Cette photo, ainsi que la suivante, a été prise depuis le cerro où nous étions installé pour voir les feux d'artifice. En attendant minuit et le coup d'envoi du spectacle, on sort les chaises et la table pliante, les petits en-cas préparés pour l'occasion, et le champagne. Et on réveillonne dehors, à la bonne franquette. C'est l'été, et la fête dans les rues.
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Après les feux d'artifice, auxquels assistent des centaines de milliers de personnes, ça bouchonne pendant plusieurs pour sortir de la ville, et c'est la cohue dans les rues. La fiesta esta en la calle! On redescend des cerros, et on va danser plaza Sotomayor, où des musiciens jouent toute la nuit sur un grand podium. Evidemment, la nuit de la Saint-Sylvestre est une grande beuverie, et les zombies envinés, enbièrés et enpiscotés errent dans la ville en titubant, se prennent pour des statues...
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Et le 1er janvier, quand Valparaiso se réveille avec la gueule de bois, les rues sont un désastre, un dépottoir géant. Mais la fête fut belle, et les agents municipaux ont tout nettoyé pour le 2 janvier.


Demain, promis, je reprends le rythme normal du blog! Et si vous avez envie de voir plus de photos, allez donc faire un tour sur mon album Region Valparaiso. J'y ai ajouté pas mal de nouveaux clichés depuis que je l'ai créé. Enjoy!
Par @tom - Publié dans : Notes de voyage, Chili et ailleurs - Communauté : Voyages
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Mercredi 26 décembre 2007 3 26 /12 /Déc /2007 14:18
Voici un petit cadeau de Noël avec un jour de retard: un carnet de voyage à Quintay, petit port de pêche à quelques encâblures de Valparaiso.


Le lieu est tellement escarpé qu'on pourrait penser à la côte des Maures ou de l'Estérel, mais en plus vert. Plus inaccessible aussi. Pendant longtemps, il n'y avait pas de route pour rejoindre Quintay. Ce petit village de pêcheurs était uniquement accessible par la mer, ou par les sentiers qui montent dans les collines vers la grand'route Santiago-Valparaiso, à 25 kilomètres de là. Quand on voit la côte, on comprend pourquoi:

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Aujourd'hui, la route sinueuse qui traverse la forêt sent encore le bitume frais. Elle n'est pas tout-à-fait terminée. Après de nombreux méandres entre les pins, soudain un à-pic apparaît: la route plonge vers l'océan, littéralement. De lacet en épingle à cheveu, on atteint souvent une pente à 20-25%, parfois plus. le Tourmalet, à côté, c'est du nanan, ça se monte les doigts dans le nez!

Et puis tout à coup on débouche sur le mignon et discret port de pêche de Quintay. Ca sent l'iode, les algues et la friture. En début d'après-midi, goélands et pélicans guettent les restes de poissons délaissés par les pêcheurs. Les petites barques multicolores s'alignent sur la minuscule plage, à l'abri des vents et des vagues.

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Pendant 25 ans, Quintay a été un port baleinier, les cétacés venant régulièrement dans la baie. La chasse à la baleine a fait vivre un millier de personnes jusqu'un 1967. Aujourd'hui, il ne reste plus que les installations en béton, délabrées et rouillées. Et il arrive encore, quelquefois, que des baleines s'attardent un moment au large du village.

Un peu plus loin, la grande plage est restée assez sauvage, même si les promoteurs immobiliers ont trouvé le moyen d'incruster des résidences et un petit parcours de golf dans l'encaissé vallon. Ici, plus de rochers pour se protéger. L'océan nous fait face, dans toute sa grandeur et toute sa force.

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Le souffle incessant du vent salé qui vous lèche les joues, le grondement des vagues impressionnantes de 2 à 3 mètres de haut, les plus grosses que j'aie jamais vu (bon, je ne suis pas allé à Hawaii, faut dire!), le ballet des oiseaux marins qui volent, plongent et trottinent sur le sable... si j'étais poète, j'aurais écrit une ode à l'océan derechef.

Mais si le Chili est une terre de poètes, je ne suis pas Neruda. Alors je me contenterai de laisser parler les images, et de vous dire que face au Pacifique, on se sent tout petit...


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Vous pouvez retrouver ces photos (et d'autres) dans l'album Region Valparaiso.
Par @tom - Publié dans : Notes de voyage, Chili et ailleurs - Communauté : Voyages
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Jeudi 6 décembre 2007 4 06 /12 /Déc /2007 15:14
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Voici la réponse tant attendue à la devinette de jeudi: il s'agit d'une cuisinière solaire. Bravo donc à Anne-Laure qui a trouvé la première la bonne réponse (mais pour vous laisser jouer, je ne l'ai pas écrit dans les commentaires, héhéhé!) ainsi qu'à Nono. Les parois de la cocina solar sont en aluminium, ce qui capte la chaleur du soleil, puis la renvoie vers l'intérieur. La vitre centrale, elle, joue un effet loupe et permet d'augmenter encore la température.

Vous connaissez tous l'expérience du papier qui s'enflamme quand on place une loupe entre lui et les rayons du soleil. C'est un peu le même principe avec la cocina solar. On dépose à l'intérieur son poêlon ou sa nourriture emballée dans du papier alu (je ne crois pas qu'ils fassent cuire les aliments en les déposant directement au fond, à cause des UV), et il n'y a plus qu'à entendre que le soleil fasse cuire. La température atteint jusqu'à 150°C, suffisant pour faire cuire à peu près n'importe quoi. La preuve, on utilise un système voisin pour faire bouillir l'eau du thé.

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Ca prend un peu plus de tant, mais c'est nettement plus sain que le micro-ondes! Ce jour-là, nous avons mangé de la chèvre (plat typique de la vallée d'Elqui). Pas très savoureux d'ailleurs. Mais parfaitement cuit.
Par @tom - Publié dans : Notes de voyage, Chili et ailleurs - Communauté : Voyages
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