Vous avez peut-être remarqué que je n’ai rien écrit sur le Dakar durant les deux semaines de course. Rien écrit sur le passage du rallye à Valparaiso. Tout simplement parce que je n’avais pas grand-chose à dire. Mon point de vue sur la course, je l’ai déjà écrit, inutile de le rappeler. Je suis allé voir l’arrivée des concurrents à Valparaiso, pour critiquer par la suite. Mais je me suis abstenu d’écrire. Par empathie pour les Chiliens, je crois. Je m’explique:
Quand je me suis rendu sur la zone d’arrivée, sur une colline de Valparaiso, des milliers de personnes étaient entassées au bord de la route, applaudissant au passage des coureurs crottés jusqu’au casque. Aucun intérêt, puisque le trajet jusqu’à Valparaiso n’était pas chronométré: les concurrents roulaient au pas. Mais ca ne fait rien: le public chilien, peu habitué à pouvoir assister gratuitement à un événement d’envergure internationale, était ravi. La pédance des suiveurs qui se pavanaient comme les rois du pétrole depuis le siège confortable de leur 4X4, saluant la foule comme le pape depuis sa papomobile, m’a légèrement exaspéré. Comme si c’étaient eux les héros de la course!
Honnêtement, et je le dis sans parti-pris, tout cela n’avait vraiment rien de passionnant (surtout que le village des concurrents n’était pas ouvert au public). Mais pour beaucoup de gens, c’était la fête à Valparaiso. Populaire, bon enfant. Et moi au milieu de tout ca.
Au bout d’une heure faite d’ennui et d’observation pseudo-sociologique, je suis reparti de la zone d’arrivée un peu triste, en méditant. Songeant qu’il est facile pour nous de critiquer, avec notre raisonnement occidental. Mais au fond qui sommes-nous pour donner des lecons? Suis-je au Chili pour critiquer les Chiliens? Non. Suis-je le mieux placé pour critiquer un pays qui n’est pas le mien? Mais c’est parce que je l’aime que je le critique. Si le Chili m’était indifférent, je ne prendrais pas la peine de le critiquer.
Et si je m’élève contre ce maudit rallye qui saccage la nature et fait des morts chaque année, je me trouve désarmé devant la joie de la grande majorité des Chiliens. Devant l’émerveillement des férus de mécanique face aux bolides rugissantes. Devant le sourire des commercants qui font du chiffres. Et devant la fierté des Chiliens en général. Fiers de promouvoir leur pays (et ils ont raison!). Et moi, face à cet enthousiasme un brin naïf, j’ai eu la désagréable sensation d’être le Franchute grognon et grincheux qui râle tout le temps, qui ne sait pas voir le côté positif des choses. C’est pas moi, ca!
Bon, ceci dit, j’attends de voir ce que les organisateurs préparent pour l’an prochain, s’ils décident de rester en Amérique du sud ou non. Et cette fois, j’espère avoir le temps et les moyens de monter une veritable action preventive.
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