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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /2008 06:30
Noël: fête commerciale. Pâques: fête du chocolat. Toussaint: fête des fleuristes et des marchands de citrouilles (pour Halloween). 15 août: fête des feux d'artifice... Pas la peine de vous faire un dessin: les fêtes religieuses se sont depuis longtemps paganisées (de l'adjectif "païen", pour ceux qui ne connaissent pas le mot) et commercialisées, pour le meilleur et pour le pire. Au Chili, c'est peut-être un peu moins vrai qu'en France, encore que c'est pas sûr.

Dans ce contexte, c'est avec une certaine surprise mêlée de circonspection que j'ai appris la création d'un nouveau jour férié, le 31 octobre, veille de la Toussaint. Non pas parce qu'il s'agit d'un jour important pour les chrétiens, mais parce que le nouveau jour férié s'appelle le "Jour des Eglises évangéliques et protestantes". On peut y voir une marque d'ouverture d'esprit et de tolérance du Chili, pays de tradition catholique. On peut y voir au contraire une mesure conservatrice de la part du gouvernement, a priori laïc. A moins que ce soit tout simplement pour faire plaisir aux marchands d'oripeaux pour Halloween...
Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /2008 21:23
Avez-vous déjà entendu parler de la Ley Seca (littéralement, la "loi sèche")? Elle existe au Chili, mais également dans d'autres pays d'Amérique Latine. C'est une loi qui interdit la vente d'alcool les jours et veilles d'élections, que ce soit dans les bars, supermarchés, restaurants... Manière de responsabiliser les électeurs? Personnellement, je trouve ca assez douteux. Il faut vraiment avoir beaucoup bu pour être capable de se tromper de bulletin avant de le glisser dans l'urne. Et qu'on ne me fasse pas croire que c'est pour que les électeurs aient l'esprit clair: normalement, ils savent déjà pour qui ils vont voter avant d'aller dans l'isoloir.

Je crois plutôt que c'est avant tout une mesure de sécurité. D'abord, pour faciliter le travail des policiers chargés de faire respecter l'ordre dans les bureaux de vote. Ensuite, pour éviter les débordements dans les rues une fois le scrutin dévoilé. Enfin, ca donne un peu de solennité à l'acte de voter, ca enveloppe d'une aura de respectabilité la chose politique (qui en bien besoin dans ces pays latinos).

Quoiqu'il en soit, c'est une mesure à la con, puisque rien n'empêche de s'ouvrir une bouteille a la casa, ni de faire des provisions en prévision les jours précédents. D'ailleurs, hier, jour des municipales, on a bien bu. Alors m'sieur le maire, à vot' sant'hic!
Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /2008 16:52
Et si je laissais tout tomber et allais profiter de la vie selon mes envies?
Et si je décidais demain, au lieu d'aller au travail, d'aller m'inscrire à un cour de parapente?
Et si je faisais mon sac à dos et partais pour la jungle amazonienne?
Et si j'allais faire du saut à l'élastique aux chutes d'Iguazu?
Et si je me mettais vraiment à écrire?
Et si je me consacrais vraiment à être actif pour l'environnement?
Et si je me mettais à chanter et danser dans la rue?

Et si je faisais toutes ces choses et encore tout plein d'autres, que l'on laisse de côté pour plus tard ou que l'on n'ose même pas envisager parce que... parce que... parce que!
Parce que ton rythme de vie ne te le permet pas.
Parce que tu n'oses pas.
Parce que la bienséance et le qu'en-dira-t-on t'en empêchent.
Parce que tu te forges toi-même des barrières qui n'existent pas.
Parce qu'un changement radical, avec tous ses dommages colatéraux, ca fait peur.
Parce que tu ne veux pas faire souffrir tes proches.

Et si j'étais en train de faire ma crise de la quarantaine à 27 ans?...
Par @tom - Publié dans : Vie du blog (et du blogueur)
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Mercredi 22 octobre 2008 3 22 /10 /2008 11:24
Une chose qui m'a beaucoup surpris quand j'ai commencé à travailler chez Global Inc (qui se porte plutôt bien malgré la crise financière, ca c'est pour rassurer la famille), ce sont les représentants de commerce qui viennent y prospecter. Une fois par semaine, des cadres des banques, des fonds de pension, des assurances santé ont l'autorisation de venir quelque heures à l'entreprise et d'y rencontrer les employés, pour leur proposer leurs produits et services. Dans certains cas, l'entreprise qui accueille signe même des accords pour favoriser tel ou tel représentant, et lui permettre de venir plus régulièrement.

C'est pratique, parce que ca évite d'aller se déplacer à la banque pour ouvrir un compte, par exemple (et il faut en remplir de la paperasserie pour ouvrir un compte ici!). Mais je trouve curieux qu'une entreprise ouvre ses portes à des représentants, et laisse les employés prendre une heure de leur temps de travail pour aller discuter avec lesdits représentants. Je ne suis pas fou, c'est quelque chose qui n'existe pas en France, ca?

Mais ce n'est pas tout. Quand vous allez chez le médecin, il est très probable que des vendeurs de médicaments, représentants des labos pharmaceutiques, fassent la queue entre les patients pour aller présenter leurs produits au docteur. Et la plupart du temps, alors que vous êtes arrivé avant eux, ils vous grillent et vous laissent poireauter une demi-heure de plus! (en même temps, il sont obligés, sinon ils passeraient des heures dans les salles d'attente et ce ne serait pas rentable comme activité). Je sais, ca existe aussi en France, mais c'est beaucoup moins fréquent.

Ici, ces pratiques ne choquent personne, j'imagine que ca existe depuis longtemps. C'est un reflet parmi d'autres de la société chilienne post-dictature, libérale et consumériste. Au fait, je vous ai déjà dit que l'économie chilienne est ultra-libérale?
Par @tom - Publié dans : Chroniques de Global Inc.
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Lundi 20 octobre 2008 1 20 /10 /2008 08:47
Pour commencer, en préambule et avant d'aller plus loin, une question: connaissez-vous le nandou? Non? Le nandou est le cousin sud-américain de l'autruche, un peu plus petit. On le trouve sur l'Altiplano des Andes, au Chili, en Argentine et en Bolivie. Fin du préambule.


Il y a dix ans exactement, Augusto Pinochet (rien à voir avec le nandou) était arrêté à Londres. Ce jour-là, une moitié du Chili a célébré l'événement autant que le jour où l'ancien dictateur s'est retiré du pouvoir. Ce jour-là, l'autre moitié du Chili s'est indignée face au traitement que l'on faisait subir au vieux général malade. Ce jour-là, le président centriste Eduardo Frei, bien embêté, l'a joué diplomate en déclarant simplement que le Chili n'acceptait pas que Pinochet soit jugé en sol étranger. Facon d'approuver la condamnation, mais aussi d'apaiser les pro-Pinochet qui réclamaient son extradition au Chili (espérant ainsi qu'il ne serait jamais jugé). Et pendant plus de 500 jours, ce fut la crise diplomatique entre Santiago et Londres. Jusqu'à ce que le vieux général, en 2000, remette enfin les pieds et la canne au Chili.

Et aujourd'hui, alors que la moitié du Chili s'indigne encore qu'on ait trainé le vieil homme malade devant les tribunaux, s'offusque qu'un programme de télé nationale ait élu Allende comme le plus grand Chilien de l'Histoire, les moins de 30 ans évoquent encore le sujet avec une certaine passion, se souvenant des débats sans doute enflammés et des opinions affirmées de leurs parents. Mais comme ici, on n'aime pas se fâcher pour la politique, il arrive bien souvent que l'on évite prudemment le thème, et les coups de bec qui vont avec. C'est ce que j'appelle la politique du nandou.


D'ailleurs, beaucoup de Chiliens se désintéressent de la politique. Ou plutôt: des politiciens. Même si le Chili est le pays le moins corrompu d'Amérique latine, les professionnels de la politique n'ont pas la cote. D'ailleurs, seuls 25 à 30% des Chiliens votent. C'est également dû au fait qu'une fois que vous êtes inscrit sur les listes électorales, il est obligatoire d'aller voter, sous peine de sanctions. Ca n'incite pas les gens à s'inscrire! Mais ici, beaucoup pensent que si le vote n'était pas une obligation, personne n'irait voter...


Et pour vous dire à quel point les politiciens et les partis sont mal aimés ici, il est fréquent que les candidats aux élections municipales n'apposent pas le logo de leur parti sur les affiches électorales! On préfère jouer sur la personne que sur les idées.


Ca donne des affiches avec des slogans très années 60, du genre "dans le coeur des gens", "Candidat Machintruc, Viña a besoin de lui". Un candidat a même repris une version de "We are the champions" de Queen, avec des paroles en espagnol relatant un bout de son programme. Pas de chance pour lui, la maison de disques a engagé des poursuites pour plagiat! Mais il y a encore pire: j'ai vu des affiches de candidat où le nom n'apparait même pas, d'autres avec des photos où le candidat a l'air tellement déprimé et peu sûr de lui qu'on se demande s'il aurait pas mieux fait de se cacher la tête. La politique du nandou, je vous dis!
Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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