Vendredi 1 août 2008
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22:19
Une confrère du Petit Journal francophone de Santiago est allée faire un tour dans
l'Atacama pour sonder l'opinion générale au sujet du rallye Dakar. Voilà ce que ça donne: http://www.lepetitjournal.com/content/view/29740/1221/
Ce n'est pas dans mon habitude de publier un article avec juste un lien, mais je manque de temps en ce moment, alors bon...
Vendredi 25 juillet 2008
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Voilà une nouvelle qui fait bien plaisir:
la Commission Nationale Environnement du gouvernement chilien a émis 14 objections au passage du rallye Dakar dans l'Atacama.
Le parcours prévu au milieu de la zone des dunes au nord de Copiapo a été vertement critiqué. Mais surtout, les 600 véhicules doivent traverser le désert
fleuri, une zone de l'Atacama qui se recouvre parfois soudainement de fleurs, quand il pleut. C'est un phénomène rare et unique, et la caravane a prévu de
passer au milieu.
Reste à savoir quel est le poids de cette Commission sur le gouvernement, et si cela suffira à obtenir des organisateurs du rallye qu'ils revoient leur copie. A suivre...
Par @tom
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Publié dans : Sauver la planète
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Mercredi 23 juillet 2008
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16:25
La Corée du Sud, qui se targue d'être le pays le plus
avancé dans le domaine des gadgets hi-tech (je sais pas si c'est très flatteur, mais bon...), a maintenant des télephones portables qui éloignent les
moustiques! Apparemment, des chercheurs ont découvert que lorsque les petits suceurs de sang étaient exposés à certaines ondes, ils fuyaient. Ils ont donc
réglé les portables sur une certaine fréquence pour éloigner les insectes.
Il parait que ca marche très bien. Mais moi je me dis: si le moustique fuit les ondes en question, c'est qu'elles sont nocives. Et le Sud-Coréen, pendant ce temps, se mange toutes ces mauvaises vibrations avec le portable dans sa poche. Donc il reste à inventer un appareil qui laisse passer les
mauvaises ondes pour le moustique mais protège le propriétaire du portable des dites ondes. C'est possible docteur?
Je me demande ce que notre ami de l'Electrosmog en pense...
Par @tom
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Jeudi 17 juillet 2008
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07:10
"Le Chili d’aujourd’hui, après 17 ans d’une dictature impitoyable et 19 ans de
gouvernements qui gèrent avec de plus en plus de difficultés une transition négociée avec les militaires et les groupes économiques qui les soutenaient, ce Chili
traverse une crise grave." C'est Armando Uribe, Président du Parti Socialiste du Chili en France, qui parle, dans son discours à l'occasion des cent ans de Salvador Allende dont j'ai déjà parlé hier.
"Une crise politique, d’abord, qui touche tous les partis, sans exception, de la droite jusqu’à la gauche: les partis implosent, se scindent, expulsent, se fractionnent, de nouvelles formations
surgissent, sans véritable colonne vertébrale, partis «instrumentaux» comme on dit, devant servir à porter au pouvoir des personnes plutôt que des idées ou des programmes. (...) La crise n’est
pas que politique, elle est également économique. (...) La maladie économique du Chili réside dans la non redistribution des richesses, dans l’endettement effrayant des ménages, qui payent tout,
jusqu’au beurre, à crédit, à des taux d’usure qui dépassent aujourd’hui les 52%! Tout ce qui était privatisable l’ayant été, tout est éminemment payant, à
commencer par l’éducation et par la santé."
J'interromps une minute Mr Uribe pour commenter un peu. Le beurre à 52%, c'est un peu exagéré, mais il est vrai qu'il n'est pas rare de voir des gens s'acheter un
simple tee-shirt en douze mensualités. L'éducation publique est dans un piteux état, l'éducation privée est bien trop chère pour la qualité de l'enseignement reçu, et pour la santé, il y a
clairement la santé pour les riches, et la santé pour les pauvres. Et voilà comment beaucoup de jeunes Chiliens voient leur avenir:
(Affiche de protestation contre la nouvelle Loi générale sur l'éducation)
Mais écoutons Mr Uribe: "La crise actuelle est aussi une très profonde crise institutionnelle, dont proviennent la crise politique et la détresse économique dont je viens de parler. La transition
de la dictature à la démocratie s’est faite, en 1989 à la condition expresse que la légalité instaurée par la dictature et le schéma économique imposé restassent
inchangés. Cet accord conclu en secret, évoqué de temps à autre, y compris par ceux qui l’ont scellé, n’a jamais été publié. Le Chili vit donc, depuis 1989 avec une constitution dessinée
sur mesure pour Pinochet et votée en 1980 dans des conditions inacceptables: en pleine dictature, avec un million de Chiliens exilés de force, des dizaines de milliers en prison, des milliers des
dirigeants politiques et syndicaux disparus dans les geôles, sans listes électorales, et alors que les garanties constitutionnelles étaient suspendues.
Nous subissons encore aujourd’hui un ordre institutionnel inique et des lois de sécurité nationale dont il est inadmissible qu’elles puissent être appliquées en démocratie, comme celles qui
servent à réprimer le peuple Mapuche, dont les prudentes revendications n’empêchent pas le Gouvernement d’emprisonner les dirigeants et même, depuis quelques semaines, d’emprisonner une cinéaste, Elena Varela, pour le délit d’avoir tourné un documentaire sur leurs luttes."
(Photo de Juan Pedro Catepillan prise lors d'une manifestation de soutien à Elena Varela)
"Nous subissons enfin, cet accord tacite, secret, qui fait que si grâce au courage des magistrats un certain nombre de militaires ont fini par être traduits en justice pour des atteintes aux
droits de l’homme, les responsables politiques de la dictature, les idéologues et tous les précieux soutiens des militaires qui ont cautionné le coup d’Etat et cautionné toutes les trahisons et
toutes les horreurs restent impunis."
C'est effectivement le cas: si on assiste à des procès condamnant d'anciens chefs militaires de Pinochet ainsi que certains collaborateurs politiques, on peut s'étonner du fait qu'un homme comme
Hernan Büchi, qui fut le principal conseiller économique de Pinochet (et a fait des ponts d'or aux grandes entreprises, notamment nord-américaines), publie dernièrement un livre dont la promotion est assurée par les médias. Mais laissons Mr Uribe poursuivre:
"Ce cadre constitutionnel et juridique hérité des militaires comporte bien d’autres injustices sur lesquelles je ne peux pas m’étendre ici, comme le déni du droit de vote aux Chiliens de
l’étranger (alors que nous représentons quelque 7% de la population) ou encore un système de vote, le fameux système binominal, qui assure systématiquement à
l’opposition de droite une représentation très confortable dans les deux chambres."
Le chef des socialistes chiliens de France termine en réclamant la création d'une Assemblée constituante, pour donner une nouvelle Constitution, plus
démocratique, au Chili.
Pour lire le texte entier en PDF, cliquer ici.
Mercredi 16 juillet 2008
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06:30
Je ne sais pas si vous savez, mais le 26 juin, on célébrait les cents ans de la
naissance de Salvador Allende. Je ne sais pas si on en a beaucoup parlé en France, mais ici, c'est plutôt passé inaperçu. Quelques commémorations et
expositions par-ci par-là, mais rien d'officiel au niveau national. Etonnant, non? Il faut dire que la plupart des anciens partisans du régime socialiste sont exilés, et les associations sensés
raviver la mémoire de l'ex-président sont en général tenues par de vieux barbus intellectuels, sortes de Gaston Bachelard version latino, peu enclins à verser dans la communication
médiatique.
(Pour ceux qui suivent pas, c'est pas Allende sur la photo, c'est Bachelard!)
J'ai aussi cette sensation étrange: alors que les médias chiliens parlent de plus en plus librement de "la dictature" au lieu du "régime militaire" de Pinochet, il y a encore une certaine pudeur
(ou serait-ce tabou?) à parler de la présidence d'Allende simplement comme d'un régime démocrate. On parle toujours d'un régime "de gauche" ou "socialiste", parfois même "communiste". Mais c'est
très rare d'entendre simplement "sous la présidence d'Allende". Comme s'il était nécessaire de stigmatiser le fait qu'Allende était de gauche. Comme pour
faire contrepoids et excuser un tantinet la droiture (dans tous les sens du terme) du régime qui a suivi.
Mais ce n'est qu'une impression, et je m'égare en considérations. Je voulais surtout vous parler du discours donné par Armando Uribe Echeverría, Président du Parti
Socialiste du Chili en France, le 26 juin dernier. Vous allez voir, c'est pas inintéressant.
(Là c'est bien Allende, sur un mur de Valparaiso)
Comme le dit Uribe, il est intéressant de noter que dès 1944, Allende définit le but ultime du travail de la gauche comme "la conquête du bien-être et de la grandeur
du Chili" par le peuple. Et notamment via la réforme agraire, qui selon Allende permettait de rendre le pays plus indépendant: "J’ai répété à satiété que nous dépensons des millions de
dollars pour importer des aliments que nous pouvons produire, et j’ai proposé cette réforme parce que je connais, en tant que médecin, les déficits alimentaires dont souffre la population." Voilà
qui n'était pas de nature à plaire aux Etats-Unis, grands exportateurs au Chili.
C'est ce que dit Uribe: "Lorsqu’en 1970 il accède à la présidence de la République, Allende subira brutalement, jusqu’au Coup d’État, dont ce fut la manifestation ultime, cette présence étrangère
qui s’élevait contre l’intérêt général, contre l’intérêt national." Mais surtout, poursuit Uribe, Allende a conçu "cette révolutionnaire « voie chilienne vers le
socialisme », la voie étant simplement celle des urnes, qui a paru si dangereuse aux Américains dans le contexte de la Guerre froide mais qui a fini par s’imposer comme un fait normal en
démocratie à partir des années 80 en Europe."
"Cela m’amène à dire un mot d’une idée qui est une évidence dans tout pays du premier monde, et qui paraît cependant si difficile à comprendre ou à mettre en place en Amérique Latine. A l’inverse
de ce qu’on entend d’habitude, sous l’influence d’une propagande insistante et facile, l’accession au pouvoir de Salvador Allende en 1970 correspondait beaucoup moins à un rapprochement du Chili
avec le bloc soviétique (je vous rappelle en passant que l’Union Soviétique ne se porta pas du tout au secours du gouvernement d’Allende), qu'au rapprochement du
Chili, institutionnellement parlant, avec les pays d’Europe occidentale."
Autrement dit, (et là c'est moi qui parle, plus Uribe), la démocratie populaire déplait aux Etats-Unis. Et c'est sans surprise qu'on apprendra plus tard qu'ils ont contribué à la réussite de
Pinochet. Dans la logique de Washington, mieux vaut aider un dictateur qui par la suite sera reconnaissant et permettra de faire du business tranquille,
plutôt qu'avoir affaire à une démocratie socialo-communiste aux idées politiquement dangereuses et contraignante pour les affaires.
(A suivre...)