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Mardi 17 mai 2011 2 17 /05 /Mai /2011 22:08

Ami sur Fesse-bouc, contact sur LinkedIn, connaissance sur Tout-y-Taire... Les réseaux sociaux changent la donne des rapports humains, et notre rapport au monde. Pour le pire, mais aussi pour le meilleur. Bouffée d'air pour les timides maladifs, de liberté pour les oppressés, outil de lutte contre la désinformation, plate-forme démocratique... Fesse-Bouc, Tout-y-Taire et consorts sont devenus une sorte de grand forum mondial, un espace encore à peu près libre.

 

Mais ces qualités indéniables masquent une réalité inquiétante. Les réseaux sociaux ne font pas que changer les relations humaines, ils les faussent. Je ne veux pas parler des voyeurs, des narcissistes, des usagers manipulateurs qui se cachent derrière une double personnalité, et autres parasites qui pullulent sur le web. Ni des "amis" qui entrent dans votre existence virtuelle et disparaissent du jour au lendemain sans explication, bonjour l'amitié! Je ne veux pas parler non plus des accros au chat qui délaissent leurs amis de la vie réelle au profit des contacts virtuels. Tout cela a été dit et documenté depuis longtemps. Je veux parler de ce que j'appelle les faux-amis.

 

Qu'est-ce qu'un faux-ami? Quelqu'un, ou plutôt une entité, qui cherche à établir des liens soi-disant d'amitié avec d'autres internautes, alors que son seul but est d'user ces relations nouvelles pour son propre bénéfice. Par exemple, je pourrais très bien multiplier les contacts sur Fesse-Bouc, et une fois la confiance et la relation amicale installée, me vendre comme consultant, prêcher pour telle politicien ou religion, ou promotionner un produit. Une fois que j'ai gagné votre sympathie et votre confiance, c'est bien plus facile de vous endoctriner. Pensez-y: quand plusieurs amis en qui vous avez confiance vous recommandent un film, en dépit des mauvaises critiques que vous avez lues, que faites-vous? Vous écoutez vos amis. C'est ce que les faux-amis cherchent à faire.

 

Est-ce immoral? Cela dépend. Si, dès le départ, il est clairement établi que la personne est là pour faire du business ou du recrutement, c'est juste une stratégie marketing, plus sympathique et moins débilisante que les pubs à la télé. C'est humaniser un produit ou une marque, rien de plus. S'enregistrer sur Fesse-Bouc et Tout-y-Taire comme "Machin-Truc, consultant", ou "Zébulon, représentant le groupe Tartampion", et échanger amicalement avec les internautes tout en faisant sa promotion, ca n'a rien de mal: Les usagers savent clairement à qui ils ont à faire, et que toute relation "amicale" a des chances d'être biaisée par les intérêts de Machin-Truc et Zébulon.

 

Mais dans le cas contraire, si l'internaute ne dévoile ses véritables intentions qu'une fois établie une relation "amicale", c'est de l'abus de confiance. Et comme Internet, et notamment les réseaux sociaux, demeure un domaine relativement libre de règles et de contrôle, les usurpateurs et profiteurs s'en donnent à coeur joie. Certains sont assez doués pour vous persuader d'acheter des graines de palmier alors que vous vivez entre deux glaciers en Patagonie!

 

Ne vous méprenez point, je ne souhaite pas un renforcement du contrôle d'Internet. Mais une meilleur information pour les utilisateurs. Qui doivent se rappeler qu'il y a un monde qui les attend au-delà du miroir aux alouettes.

 

Et toi, tu veux être mon ami?

Par @tom - Publié dans : Un autre monde, réel ou fiction - Communauté : Libre pensée politique
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Mercredi 27 avril 2011 3 27 /04 /Avr /2011 07:42

L'une des grandes nouvelles de ces derniers jours, au Chili, c'est la décision d'exhumer et d'autopsier le cadavre présumé de Salvador Allende. Trente-huit ans après la mort du président socialiste, les conditions de son décès restent obscures, et il n'est même pas certain que ce soient bien ses restes qui reposent dans sa tombe. Décès, assassinat? Les deux thèses s'affrontent toujours, et la justice chilienne a fini par rouvrir ce délicat dossier. Les militants socialistes et les proches attendaient depuis longtemps ce moment. Que la vérité éclate enfin.

 

Mais si l'on y pense à deux fois, est-il vraiment important et opportun d'exhumer les restes d'Allende maintenant? Quels coupables, s'il en est, va-t-on trouver 38 ans après? N'est-ce pas simplement remouer le couteau dans des plaies jamais complètement cicatrisées, mais relativement apaisées? N'est-ce pas raviver la vieille fracture qui sépare toujours les partisans du socialisme à la chilienne des fidèles du général Pinochet?

 

Certes, s'il est avéré qu'Allende a effectivement été assassiné, il faudra actualiser les livres d'Histoire. L'image du défunt président sera à jamais changée. Mais ca ne changera rien à l'image de Pinochet et de ses sbires. Ca ne changera rien à l'Histoire contemporaine du Chili. Et puis surtout, que le chef d'Etat ait été tué ou qu'il se soit suicidé, ca ne change pas grand-chose en soi. Car le coup d'Etat revenait à la fin de sa vie politique. En un mot, les militaires sont responsables de la mort d'Allende. Qu'ils aient ou non appuyé sur la gâchette, c'est pratiquement du pareil au même. Et c'est une vérité que tous connaissent déjà; autopsie ou pas.

Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur - Communauté : Libre pensée politique
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Lundi 25 avril 2011 1 25 /04 /Avr /2011 05:56

J’arrive, à pied, à un manoir perdu dans les bois, au bord d’une toute petite route aux fins fonds du Gers. Je connais l’endroit, je suis passé à côté un jour, en descendant vers les Pyrénées. Que fais-je là? Aucune idée. En m’approchant, je constate qu’une femme de ménage fait du repassage dans la cour arrière du manoir. Mais… c’est Britney Spears! Que fait Britney dans un manoir perdu aux fins fonds du Gers, habillée en soubrette, à faire du repassage?

 

Alors que je m’approche, une grosse berline, vitres teintées, déboule à tombeau ouvert dans la cour et freine en crissant des pneus. Alors que j’allais sortir du sous-bois, j’esquisse un mouvement de retraite. Des types à la mine patibulaire sortent et se dirigent droit vers la Britney, l’air menacant. N’écoutant que mon courage (qui pourtant ne me disait rien), je décide d’intervenir. Entre la voiture et moi, j’apercois un gros couteau de cuisine au bord d’une fenêtre. Je fonce jusqu’à l’objet, puis charge en rugissant vers les hommes en noir, qui essaient de faire monter de force une Britney épouvantée dans la voiture.

 

Et là, il se passe un truc incroyable: j’arrive avec un air tellement menacant, le couteau de cuisine à la main, que je fais peur aux vilains méchants. Ils jettent Britney à terre et s’engouffrent dans la berline qui part au quart de tour.

 

Putain, j’suis un héros! J’ai sauvé Britney Spears d’un kidnapping! J’ai rien compris, mais j’suis un héros! «Britney, ca va?» Elle me tend la main: oui ca va. Merci de l’avoir sauvée. Et c’est au moment où elle me serre contre elle que je comprends: de l’autre côté du bois arrivent une escouade de policiers armés jusqu’aux dents. En fait, sans eux, j’aurais sans doute fini dans la voiture avec Britney.

 

Mais grâce à mon geste aussi courageux qu’insensé et inutile, Britney est tombée folle amoureuse de moi. Depuis, elle a arrêté de chanter ses conneries rien que pour me faire plaisir, et nous vivons heureux dans notre manoir perdu dans les bois du Gers.

 

Quand j’ai fait ce rêve, il y a déjà plusieurs années, c’était un joli rêve. Le même rêve avec la Britney d’aujourd’hui, ce serait un cauchemar!

Par @tom - Publié dans : Un autre monde, réel ou fiction
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Samedi 23 avril 2011 6 23 /04 /Avr /2011 02:24

A l'occasion de la Journée mondiale de la Terre, parlons un peu de nourriture. Il est question, ces temps-ci, de voter une loi visant à contrôler la consommation de fast-food et malbouffe au Chili. Je m'étais déjà élevé contre cette idée dans un article bien assaisonné, considérant que l'Etat n'avait pas droit de regard sur mon assiette, et que cette leur proposition de surtaxer les produits type sandwiches ou barres chocolatées était avant tout un moyen de ramasser de juteuses taxes.

 

Mais depuis, les choses ont un peu changé. Au lieu de surtaxer, il s'agirait maintenant de limiter la publicité pour ce type de produits, d'obliger les marques à publier des informations nutritionnelles sur les emballages, et d'incorporer dans les programmes scolaires des séances éducatives sur la nutrition. Dans un pays où les kiosques et les vendeurs ambulants sont légion, où les distributeurs de bonbons ont droit de cité à la cour de récré, ca ne réglera pas le problème. Mais c'est toujours ca de pris.

 

Et si l'on remontait à la vraie racine du problème? Si l'on interdisait tout simplement la production d'aliments plein de graisses saturées, d'OGM, de sucres, d'éléments chimiques? Ah oui, ca aurait des conséquences négatives pour le marché de la santé et l'industrie pharmaceutique, qui se nourrissent grassement de la malbouffe. Ah oui, les cultures OGM sont en plein boom en Amérique du Sud. Et puis, là encore, les grandes entreprises monteront au créneau, arguant qu'il est injuste de les pénaliser de la sorte, tandis que de petits producteurs indépendants peuvent continuer de vendre des hot-dogs dans les rues en toute impunité. C'est vrai. Mais si l'Humanité veut conserver sa qualité de vie durablement, il faudra que les politiques prennent des décisions radicales et courageuses, quitte à mettre des industries entières sur le carreau. Ca commence par le respect de la nature, des cultures et des sols.

Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur - Communauté : Expatrie(e)s
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Jeudi 21 avril 2011 4 21 /04 /Avr /2011 16:19

Alors que le Chili a bien d'autres chats à fouetter, avec la reconstruction en cours dans les zones touchées par le séisme de 2010, avec les soucis d'indépendance énergétiques, etc., une bande de députés de droite n'a rien trouvé de mieux à faire que concocter un projet de loi anti-cyclistes. Ces messieurs estiment que les vélos en centre ville sont dangereux pour la circulation, et que leur usage devrait être strictement interdit en dehors des pistes cyclables.

 

Personnellement, j'aurais tendance à dire que ce sont surtout les voitures qui sont dangereuses. Et polluantes. Et bruyantes. Et facteur d'obésité, chez une population devenue paresseuse et qui manque d'activité physique. Ceci dit, l'idée aurait du bon, si les rues de Santiago et des autres métropoles chiliennes étaient dotées de pistes cyclables abondantes et sûres. Ce qui, évidemment, n'est pas le cas. Donc, messieurs les parlementaires, faites voter une loi pour doter le pays de pistes cyclables. On verra les interdictions après. Sinon, y'aura plus qu'à se mettre au roller. Au milieu des voitures, c'est pas terrible...

Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur - Communauté : Merveilleuse Amérique Latine
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