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Samedi 23 avril 2011 6 23 /04 /Avr /2011 02:24

A l'occasion de la Journée mondiale de la Terre, parlons un peu de nourriture. Il est question, ces temps-ci, de voter une loi visant à contrôler la consommation de fast-food et malbouffe au Chili. Je m'étais déjà élevé contre cette idée dans un article bien assaisonné, considérant que l'Etat n'avait pas droit de regard sur mon assiette, et que cette leur proposition de surtaxer les produits type sandwiches ou barres chocolatées était avant tout un moyen de ramasser de juteuses taxes.

 

Mais depuis, les choses ont un peu changé. Au lieu de surtaxer, il s'agirait maintenant de limiter la publicité pour ce type de produits, d'obliger les marques à publier des informations nutritionnelles sur les emballages, et d'incorporer dans les programmes scolaires des séances éducatives sur la nutrition. Dans un pays où les kiosques et les vendeurs ambulants sont légion, où les distributeurs de bonbons ont droit de cité à la cour de récré, ca ne réglera pas le problème. Mais c'est toujours ca de pris.

 

Et si l'on remontait à la vraie racine du problème? Si l'on interdisait tout simplement la production d'aliments plein de graisses saturées, d'OGM, de sucres, d'éléments chimiques? Ah oui, ca aurait des conséquences négatives pour le marché de la santé et l'industrie pharmaceutique, qui se nourrissent grassement de la malbouffe. Ah oui, les cultures OGM sont en plein boom en Amérique du Sud. Et puis, là encore, les grandes entreprises monteront au créneau, arguant qu'il est injuste de les pénaliser de la sorte, tandis que de petits producteurs indépendants peuvent continuer de vendre des hot-dogs dans les rues en toute impunité. C'est vrai. Mais si l'Humanité veut conserver sa qualité de vie durablement, il faudra que les politiques prennent des décisions radicales et courageuses, quitte à mettre des industries entières sur le carreau. Ca commence par le respect de la nature, des cultures et des sols.

Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur - Communauté : Expatrie(e)s
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Jeudi 21 avril 2011 4 21 /04 /Avr /2011 16:19

Alors que le Chili a bien d'autres chats à fouetter, avec la reconstruction en cours dans les zones touchées par le séisme de 2010, avec les soucis d'indépendance énergétiques, etc., une bande de députés de droite n'a rien trouvé de mieux à faire que concocter un projet de loi anti-cyclistes. Ces messieurs estiment que les vélos en centre ville sont dangereux pour la circulation, et que leur usage devrait être strictement interdit en dehors des pistes cyclables.

 

Personnellement, j'aurais tendance à dire que ce sont surtout les voitures qui sont dangereuses. Et polluantes. Et bruyantes. Et facteur d'obésité, chez une population devenue paresseuse et qui manque d'activité physique. Ceci dit, l'idée aurait du bon, si les rues de Santiago et des autres métropoles chiliennes étaient dotées de pistes cyclables abondantes et sûres. Ce qui, évidemment, n'est pas le cas. Donc, messieurs les parlementaires, faites voter une loi pour doter le pays de pistes cyclables. On verra les interdictions après. Sinon, y'aura plus qu'à se mettre au roller. Au milieu des voitures, c'est pas terrible...

Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur - Communauté : Merveilleuse Amérique Latine
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Lundi 18 avril 2011 1 18 /04 /Avr /2011 16:40

Nous autres Francais, nous avons un problème (enfin, on en a plusieurs, mais je veux parler de l'un d'entre eux en particulier). Nous sommes champions pour critiquer. Mais nous n'avons pas exactement la culture d'aller au-delà de la critique et de chercher des solutions. De là, peut-être, nous vient ce négativisme qui nous caractérise. Je n'invente rien: il y a plein d'études qui indiquent que les Francais sont parmi les plus grands consommateurs d'antidépresseurs et de psychothérapistes, parmi les plus pessimistes, etc.

 

Pire encore: en plus de cette manie de se plaindre sans vraiment chercher comment améliorer les choses, le cynisme de notre époque tend à décourager ceux qui, en plus de pointer du doigt les problèmes, tentent d'aller de l'avant. Les donneurs de lecon, on les appelle. Et ca touche tout le monde: politiciens, journalistes, philosophes ou tout autre leader d'opinion, mais aussi les personnes lambda qui émettent leur opinion.

 

Ce que l'on reproche aux donneurs de lecon, entre autres, c'est qu'il est facile de disserter et de discourir, mais que ce n'est pas ca qui fait avancer le schmilblick. Et puis pour qui il se prend, celui-là, pour penser qu'il est la voix de la sagesse? C'est irritant, Monsieur-Je-Sais-Tout! Certes, mais ceux qui critiquent les donneurs de lecon ne font pas plus avancer les choses. Au contraire, ils battent en brèche les bonnes intentions. Très constructif!

 

Suis-je un donneur de lecon pour mettre le doigt sur ce phénomème franco-francais? Peut-être. Mais si c'est le cas, je l'assume et j'en suis fier. Car il serait temps que cette attitude stupide change. Car la critique qui n'amène à rien à uniquement pour effet de propager amertume et frustration. Alors s'il-vous-plaît, moquez les donneurs de lecon autant que vous voulez, mais accordez un peu de crédit à leurs idées et à leur tentative de faire bouger les choses. Ce serait un bon début.

 

Par @tom - Publié dans : La France vue d'ailleurs - Communauté : Expatrie(e)s
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Vendredi 15 avril 2011 5 15 /04 /Avr /2011 17:07

La question peut paraître incongrue, mais elle ne l'est pas. Le ministère chilien de l'Education a tout récemment proposé de déléguer les programmes d'éducation sexuelle à divers instituts plus ou moins spécialisés, qui interviendraient directement dans les écoles, collèges et lycées. Thème difficile, allez hop! on s'en lave les mains. Mauvaise idée, car ces institutions étant privées, et certaines religieuses, le prosélythisme s'en donne à coeur joie. Les années passés, certains parents d'élèves ont ainsi dénoncé des programmes homophobes ou discriminatoires.


Mais les délégués parentaux chargés d'examiner la proposition ministérielle l'ont rejetée. Ils préfèrent que l'éducation sexuelle fasse l'objet d'un programme commun à tout le pays, unique et consensuel, basé sur des explications scientifiques et l'information. Quitte à laisser de côté certains aspects. Il y a de plus en plus de mères adolescentes au Chili, et beaucoup d'ados n'ont aucune idée de ce qu'est la contraception, ni ce que sont les MST. La faute à des tabous véhiculés par l'église catholique et une société conservatrice, et à des parents peu à l'aise ou peu aptes à évoquer le thème de la sexualité avec leurs enfants.

 

Vous compteriez sur l'Eglise, vous, pour aborder ces sujets de manière informative et objective? Non, pas vraiment. Surtout quand on sait que l'Eglise catholique chilienne baigne en pleins scandales de pédophilie. Ils ne semblent pas les mieux placés pour "éduquer" les jeunes. Laissons cela à de vrais spécialistes, qui devraient suivre un programme éducatif national, axé sur la banalisation scientifique et l'information. Amen!

Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur - Communauté : Merveilleuse Amérique Latine
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Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 17:02

Comme en écho à ce que je disais hier sur l'inégal accès à l'éducation, je viens de tomber sur les conclusions d'un document de l'Organisation pour la Coopération et le Développement Economique (plus connue comme OCDE, mais ca fait pas de mal de rappeler ce que ca signifie) qui appuie là où ca fait mal. Selon l'organisme international, le Chili a le bonnet d'âne mondial en ce qui concerne les inégalités de revenus, parmi les 34 pays membres de l'OCDE.

 

Et ce n'est pas tout. Selon le document, seuls le Mexique et Israël ont des taux de pauvreté supérieurs. 18,9% de la population chilienne est en-dessous du seuil de pauvreté établi par l'OCDE. Selon d'autres organismes et d'autres modes de calcul, ce chiffre pourrait même être nettement supérieur. Une étude du Casen (Caracterizacion socioeconomica nacional) datant de 2010 estime que le tiers de la population chilienne ne parviendrait pas à joindre les deux bouts. Effets de la crise économique et son lot de licenciements, mais aussi d'une hausse soutenue des prix des aliments et du carburant. Comme en France ou ailleurs, on compte de plus en plus de "nouveaux pauvres" qui, avec leur salaire de base, ne parviennent pas à payer logements, nourriture, soins et éducation à leur famille.

 

Et comme conséquence de ces criantes inégalités, seulement 13% des Chiliens disent avoir confiance en leurs concitoyens. Le chiffre moyen pour les pays développés atteint 59%. Et ce climat de méfiance est alimenté par les journaux télévisés qui consacrent les gros titres et la majorité des informations à des affaires de vols, de meurtres et autres délits, souvent avec un ton alarmiste, voire un brin parano. Mais c'est un autre sujet.

 

J'avoue que pendant longtemps, les appels de nombreux économistes et politiciens à changer les critères pour définir la croissance économique me semblaient un débat stérile. Mais ayant devant moi le cas du Chili, j'en comprends la nécessité. Si l'on considère uniquement la richesse produite par un pays (PBI, pour vous rappeler les cours de géographie ou d'économie) pour définir son niveau de développement, alors le Chili devrait bientôt faire son entrée dans le club des pays développés. Mais si l'on prend en compte la proportion de pauvres, la faible qualité de l'éducation, un système de santé discriminatoire, la protection sociale qui laisse largement à désirer, et la qualité de vie en général, si l'on prend en compte tout cela, alors le Chili est encore bien loin d'être un pays développé. Et sans aucun doute, c'est le cas de bien d'autres nations. Remplacons la notion de "développement économique" par celle de "développement humain" comme but à atteindre par notre société, et les choses iront nettement mieux! On peut rêver...

Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur - Communauté : Libre pensée politique
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