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Le Chili vu de l'intérieur

Jeudi 16 novembre 2006 4 16 /11 /Nov /2006 00:08

Dans un monde tourné vers limage, la télévision est une représentation incontournable (bien que parfois fausse) de la société. Rentrons donc un peu dans le monde de la télévision chilienne. Aujourdhui, deuxième partie:


Journalistes ou flics?


Les journaux télévisés chiliens laissent une large place aux faits divers. Un accident de bus? La télé nationale publie la liste des blessés avec leur âge. Les trafics de drogue, les meurtres font les gros titres. Et la présomption dinnocence est un concept qui ne semble pas exister ici. Il faut dire qu'ils nont pas eu daffaire dOutreau... Point positif: les journalistes interviennent souvent en direct sur le terrain. Cest plus dynamique et vrai.

 

La collaboration entre journalistes et policiers semble très forte. En effet, lors dune action policière denvergure, larrestation dun meurtrier, il y a toujours un journaliste sur les lieux. Alors quen France, dans la plupart des cas, la police informe la presse après.

 

Mais ça va plus loin. Lémission «Mea culpa», une sorte de «Faites entrer laccusé», reconstitue lhistoire de crimes avec des comédiens (là encore, avec une mise en scène qui vaudrait quelques Palmes dor), et pour terminer, le présentateur interviewe lauteur du crime dans sa cellule, au pénitencier. En clair, cest offrir au condamné une possibilité de réhabilitation avec lopinion publique. Sauf que des fois, le condamné en question ne profite de linterview pour montrer quil sest repenti; pire: il apparaît comme une brute épaisse sans aucun sentiment qui ne se rend toujours pas compte de la gravité de ses actes.

 

Dans une autre émission, «Informe especial», les journalistes dinvestigation jouent parfois les enquêteurs de police. Ainsi, pour un sujet sur la pédophilie, lun des journalistes sest fait passer pour un internaute amateur de chair très fraîche, afin dentrer en contact avec un véritable pédophile. Il a fini par gagner la confiance dun vieux pervers libidineux et le rencontrer dans un cybercafé obscur et miteux. Et une fois que le bonhomme eut confié suffisamment de choses prouvant quil «consommait» régulièrement de la pédophilie sur Internet, toute léquipe de télé a fait irruption dans le cybercafé, prenant le malheureux pédophile en flagrant délit. Cest pas des méthodes policières ça?


A suivre...

Par thomas hawk - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Mercredi 15 novembre 2006 3 15 /11 /Nov /2006 16:11

Dans un monde tourné vers l'image, la télévision est une représentation incontournable (bien que parfois fausse) de la société. Rentrons donc un peu dans le monde de la télévision chilienne. Aujourd'hui, première partie:


Grosses ficelles et farandula


La télé chilienne, cest dabord un monde de telenovelas (ou teleseries) aux décors bigarrés et criards (tout comme les lèvres des actrices), avec des comédiens de la trempe de la troupe d’AB Productions. Gros plans avec des notes de piano graves pour montrer une émotion choc, visages statiques ou exagérement éplorés, colères interprétées avec une finesse touchante… c’est ce qui fait le charme de ces programmes. Bon j’exagère un peu, il y a des séries de qualité plutôt enlevées, dynamiques et bien ficelées. Avec des grosses ficelles, mais bien ficelées quand même.

 

La télé chilienne, c’est aussi un monde d’émissions de people (farandula) et de télé-réalité, dans la même veine que celles qui inondent les écrans de France, avec notamment, dernièrement, une sorte de «Star’Ac» qui mettait en compétition des vedettes oubliées. Mais c’était pas dégradant pour elles, pas comme La ferme ou ce genre d’âneries.

 

Par contre, il existe un fleuron du genre, «Pasiones», une sorte de «Y’a que la vérité qui compte» en plus trash et plus cheap. Des anonymes qui ont fait des bêtises du genre «j’ai trompé ma femme avec sa belle-sœur» et viennent à la télé pour essayer de se réconcilier. Pour les conseiller, si l’on peut dire, des pseudo-stars comme un chanteur bellâtre qui n’en a rien à foutre d’être là, une bimbo de télé-réalité qui ne trouve pas mieux à dire qu’il faut profiter de la vie ou aller voir un psy, une cartomancienne, ou de ces soi-disants psy qui hantent les plateaux télé. Et le pire, c’est que les pauvres anonymes boivent leur parole! Non, le pire, ce sont les séquences de reconstitution des scènes d’adultère ou de rupture, joué par des acteurs dont on devine qu’ils ne sont pas assez bons pour jouer dans les telenovelas. C’est vous dire la qualité du jeu et de la mise en scène!


A suivre...

Par thomas hawk - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Jeudi 2 novembre 2006 4 02 /11 /Nov /2006 16:06
Pour commencer, je voudrais chasser quelques idées reçues sur le Chili:


- Le Chili N'EST PAS un pays exotique: Le climat y est varié: désertique au nord (l'Atacama), méditerranéen au centre (Santiago, Valparaiso, Viña del Mar: ma région), océanique au sud et quasi-polaire dans l'extrême sud (Patagonie, Florent Pagny). Bien sûr il y a des fruits exotiques comme la papaye ou la mangue, bien sûr il y a des palmiers et des cactus, mais pas de jungles et pas de paysages tropicaux comme on peut en voir à Cancun ou au Brésil. Simplement parce que le pays est coincé entre les Andes et un courant froid de l'océan Pacifique, ce qui lui donne un climat différent du reste de l'Amérique du sud.


- Le Chili N'EST PAS un pays du Tiers-Monde: C'est un pays en développement, le plus riche d'Amérique latine. Le Chilien est, par exemple, plus tourné vers les nouvelles technologies (Internet entre autres) que la France, à mon avis. En revanche, c'est l'un des pays aux mondes où les richesses sont les plus mal réparties (une poignée de très riches, une majorité de classes moyennes, beaucoup de pauvres).


- Le Chili N'EST PAS une dictature: Le régime de Pinochet a été renversé en 1991, et depuis c'est la démocratie. Durant les premières années l'ex-dictateur a conservé un certain poids grâce à ses nombreux appuis au Sénat et dans l'armée, mais maintenant tout ça est bel et bien fini, et la démocratie semble installée de manière stable et durable.


- Le Chili N'EST PAS un pays producteur de café: Les gens croient que si, parce que ses voisins latinos comme le Brésil, le Venezuela ou la Colombie sont de grands producteurs. Mais Jacques Vabre n'est jamais venu au Chili. Je crois tout simplement que c'est dû au climat qui ne permet pas la culture du café.


- Le Chili N'EST PAS le berceau du chili con carne: C'est même un plat qu'on ne consomme pratiquement pas ici. Le chili est un plat du sud des Etats-Unis, Texas et Nouveau-Mexique. Quant au pays, son nom en espagnol est Chile.


Voilà en préambule. Nous allons bientôt parler de la télé chilienne, de la politique, de l'Atacama, de la vie au Chili et bien d'autres choses... A suivre!
Par thomas hawk - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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