Jeudi 22 novembre 2007
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Alarmant rapport de l'ONU
Le monde a radicalement changé en vingt ans. Depuis 1987, la population a augmenté de 3%, les échanges commerciaux ont été multiplié par trois, alors que le
revenu moyen par habitant a stagné. La quantité de terre par habitant est environ un quart de ce qu'elle était il y a un siècle, et devrait baisser à un cinquième du
niveau de 1900 d'ici 2050. Ces chiffres sont extraits du tout récent rapport GEO-4 des Nations-Unies sur l’état de la planète. Tout ce qui suit, je l’ai tiré du rapport. Il n’y a pas de quoi se
réjouir, mais c’est important de le diffuser.
On se heurte aujourd’hui à un problème vital: la quantité de ressources nécessaires pour faire vivre l’humanité dépasse les ressources disponibles... l'empreinte de l’homme est de 21,9
hectares/personne, alors que la capacité biologique de la Terre est, en moyenne, seulement de 15,7 ha/personne... Concrètement, c’est comme s’il y avait quinze parts de
gâteau pour 21 personnes. Donc soit on diminue le volume de chaque part, soit six personnes doivent dire adieu à leur part.
Or pour l’instant, ce n’est pas ce qu’il se passe, et l’humanité continue donc à épuiser ses ressources. Cela se traduit notamment par:
- La perte de terres fertiles par le biais de la dégradation et des cultures trop intensives, ce qui met également en danger la biodiversité;
- La baisse de la quantité d'eau douce;
- La diminution du stock de poissons (la consommation de poisson a plus que triplé entre 1961 et 2001, alors que les prises ont stagné ou légèrement décliné depuis les années 1980);
- Le risque que la détérioration de l'environnement ne franchisse des points de non retour.
Dégradation des terres
En Afrique, la dégradation de la terre et la désertification constituent des menaces certaines: la production alimentaire par habitant a baissé de 12% depuis 1981.
Des subventions agricoles injustes dans les régions développées continuent à freiner l'augmentation du rendement des cultures. En Argentine par exemple, des producteurs de maïs meurent de faim
parce qu’ils doivent vendre toute leur production à très bas prix, afin de produire des biocarburants.
Depuis 1987, l'expansion des terres cultivées a ralenti, mais l'intensité d'utilisation de la terre a augmenté de façon dramatique. Un hectare de terre cultivée, qui avait alors un rendement
moyen de 1,8 tonnes, produit aujourd'hui 2,5 tonnes. Or une utilisation trop intensive de la terre entraîne sa dégradation, une menace aussi grave que le changement climatique. Elle affecte près d’un tiers de l'humanité, par le biais de la pollution, de l'érosion des sols, de l'épuisement des nutriments, du manque d'eau, de la salinité et du
bouleversement des cycles biologiques.
Biodiversité en danger
Les changements de la biodiversité actuelle sont les plus rapides dans l'histoire de l'humanité. L'extinction des espèces se produit à une vitesse 100 fois supérieure
à celle indiquée par les fossiles. Le commerce de la viande de brousse dans le bassin du Congo est estimé comme étant six fois supérieur au taux durable.
Parmi les groupes vertébrés qui ont été complètement évalués, plus de 30% des amphibiens, 23% des mammifères et 12% des oiseaux sont menacés. Les populations de
vertébrés d'eau douce ont décliné en moyenne de presque 50% de 1987 à 2003, beaucoup plus vite que les espèces terrestres ou marines.
L'introduction d'espèces étrangères ou exotiques est un problème croissant. Un invertébré marin, introduit par accident en 1982 par des bateaux provenant de la côte Atlantique des Etats-Unis,
contrôle désormais l'écosystème marin de la Mer Noire et son influence sur les stocks de poisson a coulé 26 sociétés de pêche commerciale en 1992.
Eau toujours plus rare
L'irrigation consomme déjà environ 70% de l'eau disponible, alors que les réserves d'eau douce diminuent. D'ici 2025, l'utilisation d'eau devrait augmenter de 50%
dans les pays en voie de développement et de 18% d'ici le monde développé. 10% des plus grandes rivières du monde n'atteignent pas la mer pendant une partie de l'année à cause de l'irrigation.
Selon GEO-4, "Le fardeau croissant de la demande d'eau deviendra intolérable dans les pays qui connaîtront une pénurie d'eau."
La qualité de l'eau décline aussi, car elle est polluée par des pathogènes microbiens et des nutriments excessifs. L'inquiétude va croissant au sujet des déchets issus des produits d'hygiène
personnelle et des produits pharmaceutiques tels les analgésiques et les antibiotiques. Ils constituent un danger potentiel important sur les écosystèmes aquatiques. Or la contamination de l'eau
reste la cause la plus importante de maladie et de décès à l'échelle mondiale. Dans les pays en voie de développement, trois millions de personnes meurent chaque
année de maladies hydriques, la plupart ayant moins de cinq ans.
Par @tom
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Mardi 30 octobre 2007
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07:38
Même les producteurs d'énergie
recommandent qu'on l'économise!
Les réserves de pétrole s’épuisent, les énergies renouvelables ne sont pas encore assez exploitées; résultat, il faut s’attendre à devoir faire des
efforts pour restreindre notre consommation d’énergie. Ne dites pas que ce sont des conneries: c’est EDF qui le dit! Oui, vous avez bien lu: une entreprise qui
produit de l’énergie nous incite à en consommer moins!
Tout comme diverses associations, scientifiques et organismes institutionnels, EDF table sur un déclin de la production mondiale de pétrole d’ici une dizaine d’années. Et même en comptant sur la
multiplication par deux de la production d’énergie hydraulique, par cinq le nucléaire et le charbon, et par 25 les autres énergies renouvelables, «avant 2040, la demande
énergétique mondiale ne pourrait plus être satisfaite avec les technologies aujourd'hui opérationnelles», préviennent les chercheurs d’EDF.
Pire: il faudrait, dès 2030, augmenter considérablement la production de charbon. Le rapport d’EDF parle de «liquéfier près de 2 milliards de tonnes de charbon». Or l’impact du CO2 produit par
ce charbon serait terrible pour l’effet de serre…
Les scientifiques avouent, impuissants, qu’il faudrait trouver de nouvelles sources d’énergie pour pallier le manque. Or les nouvelles technologies, selon eux, «requièrent le plus souvent un
délai incompressible de vingt à trente ans pour être déployées massivement». Comme le dit si bien l’article du Monde: «Quelle source d'énergie
miracle pourrait d'ici là venir combler, dans une génération, le déclin de celles que l'humanité maîtrise déjà? L'article publié par la Revue de l'énergie se contente d'inscrire un point
d'interrogation en face duquel est écrit: "A trouver..."»
Et pendant ce temps, notre Iznogoud «peoplise» le Grenelle de l’environnement en s’affichant avec deux prix Nobel de la paix, et essaie de ménager la chèvre en batterie et
le chou OGM en souhaitant concilier protection de l’environnement et croissance économique.
Et pendant ce temps, on ne parle presque pas du dernier rapport alarmant du Programme des Nations-Unies sur l’environnement, qui devrait inciter, tout de suite, à aller
beaucoup plus loin que ce que propose ce Grenelle (je vous en reparle très bientôt). Mais bon, cette initiative du président (pour une fois que je suis gentil avec lui!), c’est toujours
mieux que rien!
Par @tom
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Jeudi 18 octobre 2007
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22:48
Comment de nouveaux WC
ont sauvé un lac californien
On critique souvent les Etats-Uniens pour leur tendance au gaspillage, notamment de nourriture, d’essence, d’électricité, d’eau… Pour une fois,
j’ai trouvé une info qui prouve qu’ils peuvent se restreindre un minimum. En plus, ça se passe à Los Angeles, pourtant ville du starsystem, du fric, et donc du
gaspillage.
Située dans une région semi-désertique, la ville tire son eau des torrents et lac des montagnes situées à plusieurs centaines de kilomètres. Parmi eux, le lac Mono, un bijou situé à 2.000 mètres
d’altitude, entouré de volcans. S’il existe encore, c’est en partie grâce à de nouvelles chasses d'eau économes installées dans les toilettes de la ville. Voici un
extrait de l’article que j’ai lu:
«Dès 1942, Los Angeles a commencé à exploiter non le lac Mono, qui est salé, mais les torrents qui l'alimentaient. Résultat, en 50 ans, le
lac a baissé de 14 mètres et perdu la moitié de son volume. Des îles sur lesquelles nichaient des oiseaux se sont retrouvées reliées à la terre, à portée des prédateurs. La concentration en sel
était devenue dangereuse pour les animaux du lac, dont certains sont endémiques.
Après une longue bataille judiciaire, une autorité d'arbitrage a révisé en 1994 les droits de prélèvement de Los Angeles. La ville a été priée de laisser davantage d'eau couler vers le lac,
avec pour objectif de faire remonter son niveau de six mètres en 20 ans. Les torrents ont recommencé à couler et l'échéance de 2014 est toujours considérée comme réaliste. "Le lac ne retrouvera
pas son niveau d'autrefois", concède Geoffrey McQuilkin, directeur de l’association écologique Comité du lac Mono. "C'est une solution de compromis. Le lac doit bien se porter, mais nous savons
aussi que les gens ont besoin d'eau".
L'installation de chasses d'eau et de pommes de douches plus économes, les subventions à l'achat de machines à laver efficaces et le recyclage des eaux usées pour l'arrosage ont permis
d'effacer la fermeture partielle du robinet du lac Mono: 91,2 millions de mètres cubes par an, soit plus de 10% de la consommation de la ville, ont été économisés. "Je mentirais si je disais
que cela n'a pas été difficile", indique le président du département de l'eau et de l'électricité de la ville (LADWP), David Nahai: "Mais aujourd'hui, nous sommes fiers de ce que nous avons
réalisé".»
Los Angeles continue toutefois de consommer beaucoup trop d’eau, notamment dans les quartiers riches qui arborent des pelouses dignes de la Grande-Bretagne,
sans parler des piscines. Un habitant de Los Angeles consomme en moyenne 520 litres d'eau par jour, contre 150 pour un Européen moyen et 30 pour un Africain.
Le lac Mono, lui, n’est pas encore sauvé. 2007 est l'année la plus sèche dans la région depuis au moins 130 ans, et il va bien falloir alimenter en eau la zone de Los Angeles. Et même si le lac
est protégé par la loi, il reste à la merci des promoteurs immobiliers qui verraient bien
quelques hôtels ou complexes touristiques sur les rivages intacts.
Par @tom
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Lundi 25 juin 2007
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/2007
10:24
Comment le réchauffement climatique
fait disparaître un lac entier
Les Ovnis ont-ils encore fait des leur(re)s? C'est ce que se
demandait l'autre jour un journaliste chilien, qui cherchait vainement à expliquer un phénomène naturel étonnant: un lac glacier de plus d'1 km² a disparu du jour au
lendemain, dans le sud du Chili. Je ne sais pas si on en a parlé jusqu'en France, alors moi je vous en parle. Pour bien se rendre compte du phénomène, deux photos du lac, prises par les
agents forestiers chiliens. La première date de mars 2007, la seconde a été prise moins de trois mois plus tard.
Etonnant non? Même une grosse soucoupe volante aurait difficilement pu faire évaporer autant d'eau en aterrissant. Oublions donc les Ovnis. Que disent les
scientifiques? Eh bien ils sont sceptiques. Les uns estiment que la disparition du lac est liée aux petites séismes répétés qu'a connu le sud du Chili en avril, les secousses ayant pu provoquer
une faille au fond du lac. D'autres pensent que les parois du lac se seraient brisées sous la pression et l'accumulation de l'eau, qui se serait déversée dans la
mer.
C'est ce qu'explique le glaciologue Gino Casassa: pour lui, le coupable pourrair bien être le Glacial Lake Outburst Fold (GLOF), ou explosion du lac glacier, qui se produit en quelques heures si
le niveau des eaux du lac augmente trop vite. "La pression entraîne l'ouverture au fond du lac d'un tunnel de glace par lequel s'écoule l'eau. Or dans cette zone, nous avons observé une
augmentation de la taille des lacs glaciers, à mesure que diminue celle des glaciers." Ce type de phénomène n'a jusqu'à présent été observé que dans l'Himalaya. S'il s'agit effectiement d'un
GLOF, cela voudrait dire que le réchauffement climatique cause déjà des dégâts importants en Patagonie: la disparition-éclair d'un lac pour cause de fonte des
glaciers, ce n'est tout de même pas anodin.
La seule bonne nouvelle, c'est que nous pouvons d'ores et déjà rassurer les Ecossais, ils n'ont pas à craindre qu'un jour le monstre du Loch Ness ne fasse disparaître
le lac.
Un coagulant pour colmater les fuites d'eau
Le lac aurait pu profiter des bienfaits de la nouvelle invention de la société écossaise Brinker Technology. Pour colmater les fuites d'eau potable dues aux
fissures dans les canalisations, cette entreprise à mis au point un procédé qui imite la coagulation du sang. Cette technique consiste à introduire des morceaux de
polymères ou d'élastomères dans le liquide; transportés par le courant, ils s'agglutinent à la brèche et la colmatent de l'intérieur.
Intéressant, quand on sait que haque année, environ 30% de l'eau potable dans le monde se perd dans des fuites. On mesure l'impact de cette invention si elle était
appliquée à grande échelle. Pour l'instant, elle devrait être mise en place sur le réseau d'eau londonien. Au fond du lac, c'est encore un peu compliqué.
Pour l'anecdote, cette idée est venue à Ian McEwan, ingénieur et directeur de Brinker Technology, alors qu'il venait de se couper le doigt. Il s'est soudainement
demandé si la capacité du corps humain à cicatriser ne pouvait pas être appliquée aux tuyaux. Une fois de plus, c'est de petits détails que viennent les grandes idées. Et une fois de plus, en
s'inspirant de Dame Nature... T'as pas vu ma pomme, Newton?
Par @tom
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Samedi 9 juin 2007
6
09
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/2007
16:37
Trop d'eau pour les uns,
plus du tout pour les autres
Je vous parlais hier du danger qui menace le Pérou. Mais ce phénomène de fonte des glaciers concerne aussi bien les habitants de l’Amérique du Sud que ceux de
l’Arctique, de l’Allemagne ou des Etats-Unis. Dans son dernier rapport sur le sujet (datant de cette semaine), le Programme des Nations Unies estime ainsi que « la perte de la neige et le recul
des calottes glacières des montagnes d'Asie auront un impact direct ou indirect sur 40% de la population mondiale ». Les experts envisagent la fonte totale des
glaciers de l'Himalaya d'ici à 2050. Avec les même conséquences qu’au Pérou, mais pour des centaines de millions de personnes.
Mais ce n’est pas tout: avec le dégel, des poches de méthane jusqu’alors emprisonné dans les glaces se dégagent dans l’atmosphère. Or le méthane contribue fortement à
l’effet de serre, plus encore que le CO2. La fonte des glaces contribue donc à accélérer le réchauffement climatique. D’autant plus que la neige et la glace ont un effet miroir sur les
rayons du soleil: elles n’absorbent pas la chaleur, mais la renvoie. Avec la fonte des glaciers, et des couches de glaces du Groenland et de l’Antarctique, toute cette chaleur n’est plus
renvoyée, mais absorbée par la terre et la mer jusque-là recouvertes de glace.
Aujourd’hui, les experts commencent sérieusement à envisager la fonte totale des glaciers du Groenland. Ce qui signifierait une élévation d’environ 7 mètres du niveau de la mer. Un dégel de
l'ordre de juste 20% au Groenland et 5% en Antarctique provoquerait une élévation de 4 à 5 mètres. Or, il suffirait d’un mètre pour exposer à des inondations dévastatrices
quelque 150 millions de personnes, en Asie, sur les îles, mais aussi à Manhattan ou aux Pays-Bas. Selon les experts, les dégâts causés par une élévation d’un mètre du niveau de la mer
coûterait quelque 950 milliards de dollars. Et ne parlons pas des problèmes politiques causés par le nécessaire relogement de dizaines de millions de personnes.
Mais aux Pays-Bas, on n’est pas trop inquiet: les Néerlandais sont très grands, les plus grands d’Europe. Donc même avec un mètre d’eau, ils auront encore pied. C’est
déjà ça…
Par @tom
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