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Un autre monde, réel ou fiction

Mercredi 4 juillet 2007 3 04 /07 /Juil /2007 16:01
AUX ETATS-UNIS

En ce 4 juillet, journée d'auto-célébration de l'impérialisme états-unien (pour le malheur de tous les pays qui leur sont désormais inféodés), un texte que j'avais écrit la dernière fois que j'ai pris l'avion pour Santiago via les USA (ça tombe bien, aujourd'hui, je suis dans l'avion!)


Posons le décor: j'erre depuis plus de 6 heures dans les halls de l'aéroport de Dallas, son univers impitoyable triste d'aéroport aseptisé et texan, seulement pollué par les odeurs de malbouffe. J'ai sommeil, et je suis irrité en repensant à ce qui m'est arrivé lors de mon dernier voyage avec cette compagnie. Flashback:

Je transportais deux bouteilles de pisco, dont une un peu opaque. Quand j'ai ouvert ma valise en arrivant en France, j'ai trouvé la bouteille vide, son contenu déversé dans mes vêtements. Et un petit mot de la douane américaine, expliquant qu'en raison des menaces anti-terroristes, ils avaient ouvert ma valise (et cassé le cadenas au passage) et vérifié son contenu. Et ces &@§$* de %°=# ont ouvert la bouteille, et l'ont mal refermée. Sur le petit mot, il était écrit qu'en cas de problème, il est possible de faire une réclamation en appelant les douanes par téléphone. Mais qui va aller se plaindre des douanes US, un petit merdeux de Français qui transporte de l'alcool?

Fin du flashback. Bref, voilà l'état d'esprit dans lequel je suis quand j'écris ce qui suit. Ajoutez à cela que, de toutes les compagnies d'aviation que j'ai empruntées (Air France, Lan Chile, Iberia, Tam, American airlines et Delta), les états-uniennes étaient les moins bonnes.
Et puis tant que j'y suis, Airbus a plus le vent en poupe que Boeing, bien fait, na!

IMG-3596.JPG
En regardant la télé d’un regard vide en attendant mon vol, je réalise que les Etats-Unis sont divisés en deux: les obèses et les siliconés. Sur CNN, toutes les présentatrices et chorniqueuses sont des fausses blondes liftées. A l’aéroport de Dallas, les agents de sécurité sont souvent bien trop gros pour rattraper un voleur à la course. D’où les bavures au pistolet.
Le supercop hollywoodien a du plomb dans laile...

Ce me donne une idée, toutes ces pintades télévisuelles. Je songe au concept d’une boutique «Blonde Emergency», pour les fashion victims en péril. Un coup de téléphone, et on accourt auprès de la blonde éperdue qui vient de casser son talon, de se briser un ongle ou dont une chiure d’oiseau à ruiné le brushing. En quelques minutes, notre service d’urgence esthétique intervient sur les lieux du drame avec le matériel adapté, et vous refait une beauté.

C
est vendeur ça non? En tout cas ça moccupe jusquà lavion. Comme à l’aller, je peste intérieurement contre cette manie inconsciente qu’ont les Etats-Uniens de se croire supérieurs au reste. Dans l’avion, on nous ordonne de respecter les consignes sous peine d’être puni par la loi fédérale américaine. Et pour un Français en transit à bord d’un avion en partance du Chili, qui ne se trouve pas dans lespace aérien US, elle s’applique aussi, la loi fédérale états-unienne?
Par @tom - Publié dans : Un autre monde, réel ou fiction
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Jeudi 7 juin 2007 4 07 /06 /Juin /2007 20:25
DANS LE MONDE DES GLOBE-TROTTERS À DEUX BALLES


J’ai vu l’autre jour un programme de télé fascinant sur l’une des chaînes câblées états-uniennes qui inondent les écrans chiliens. Je sais pas si ça existe en France. Ca s’appelle The Amazing Race, une course autour du monde par équipes de deux. Toutes parcourent le même trajet et passent les mêmes épreuves, la dernière paire à arriver est éliminée.

Ca pourrait être sympa, un truc genre La Carte aux trésors, mêlant aventure et culture. Mais ici, on a beau traverser la Chine, la Mongolie, la Russie… on voit très peu la vraie vie, tout est scénarisé. Ca donne une image très lisse, très cliché, limite caricaturale et dévalorisante. De toutes façons, la découverte des paysages et des cultures n’est qu’un prétexte, une caution culturelle. Et puis c’est incroyable, tout le monde parle anglais, même dans les villages de Mongolie intérieure! Non, ce que le programme montre, ce sont les couples qui s’engueulent, les stratégies mesquines pour prendre un petit avantage sur les autres, l’absence de solidarité entre concourrents, les chutes, les gaffes…

Rien que le casting vaut son pesant de beurre de cacahuète: un couple avec une handicapée battante, deux gays caricaturaux, un couple père-fille lesbienne, deux neuneus qui doivent venir d’un bled paumé du fin-fonds du Texas, deux musulmans barbus dont on se demande comment ils n’ont pas déjà été arrêtés par le FBI au cas où ils seraient terroristes, deux paires de mannequins des deux sexes, deux frères asiatiques, deux mamans noires... Pour avoir un panorama complet du melting-pot US, manquent juste un latino et une paire d’obèses.

Avec de tels progatonistes, il y a des perles, des moments d’anthologie. C’est affligeant mais ça provoque quelques fous-rires chez le téléspectateur. Par exemple, l’un des deux homos, pour faire comprendre à des policiers mongols qu’il a besoin d’un cheval, s’est mis à mimer l’animal, mais sans le vouloir il nous le mimait façon Crazy Horse. Rodéo en levrette avec le fouet. Devant les autorités mongoles, fallait oser!

Et puis il y a la phobique des microbes: elle reçoit au visage un peu d’eau boueuse qui gicle d’une flaque. Et là elle pousse un petit cri, respire convulsivement en agitant les bras avec un vibrato dramatique dans la voix: « ça ne va pas me rendre malade »?

Un peu plus tard, on voit l’un des couples à cheval dans la forêt. La dame n’est pas très douée pour monter, le cheval s’emballe, et elle tombe lourdement sur le postérieur. Et le monsieur, très cavalier, reste là planté sur sa monture à la regarder, étendue par terre: « Ben je sais pas ce qui faut faire!… » Ben descendre de ton cheval et vérifier si ta princesse ne s’est pas blessée dans la chute, pauvre cruche!

On nous montre encore le couple de neuneus, qui expliquent à la caméra en ouvrant des yeux tout ronds que c’est la première fois de leur vie qu’ils rencontrent « en vrai » des Asiatiques. Ils n’avaient jamais vu non plus d’homos. Et là, madame nous fait une révélation, en roulant des yeux comme si c’était censé nous foudroyer d’étonnement: « Et ben vous savez quoi? les gays, là, ils me plaisent bien! » L’émission aura au moins eu un mérite: faire tomber quelques-uns de leurs préjugés sur l’homosexualité. Mais dans l’ensemble, c’est plutôt Amazing Disgrace!
Par @tom - Publié dans : Un autre monde, réel ou fiction
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Vendredi 1 juin 2007 5 01 /06 /Juin /2007 17:43
DANS LE MONDE DU FUTUR


Il est fort possible qu’un jour, il n’y ait plus d’hommes sur cette planète. Bon d’accord, là j’enfonce une porte ouverte. Mais si je vous dis qu’il n’y aura plus d’hommes, mais qu’il aura toujours des femmes? C’est très sérieux. Des scientifiques pensent que le chromosome mâle XY diminue de taille, et pourrait disparaître d’ici 125.000 ans (si la Terre n’explose pas d’ici là), laissant seul le chromosome femelle XX. Il n’y aurait donc plus que des femmes (sans chromosome XY, les testicules ne peuvent pas se former), et il leur faudrait se reproduire entre elles.

Il existe déjà une espèce de lézards qui y parvient, le cnemidophorus (ou lézard à queue en fouet). Les mâles de cette espèce ont entièrement disparu, semble-t-il parce qu’ils ont été dévorés par les femelles, plus grandes. Celles-ci ont dû s’adapter. Apparemment, il suffit que l’une d’elles joue le rôle du mâle et simule une copulation avec une autre femelle pour que l’ovulation se déclenche. Mais comme il n’y a pas l’introduction de sperme du mâle, le bébé lézard possède exactement le même patrimoine génétique que sa mère. C’est un clone.

Ce sont donc des lézardes lesbiennes qui, après avoir éliminé les mâles, subviennent toutes seules à la survie de l’espèce en se clonant naturellement. C’est le degré ultime du féminisme! Et elles y parviennent en simulant… chose que font beaucoup de femmes insatisfaites. Les hommes ont donc du mourron à se faire…

lezards-accouplement.jpg
Allez, extrapolons un peu (beaucoup?). Dans quelques décennies, il y aura trop d’êtres humains sur terre, et il faudra prendre des mesures drastiques pour stopper la croissance démographique. On ne pourra pas attendre 125.000 ans et la disparition des mâles (qui réglerait pourtant parfaitement le problème). Mais la recherche génétique avançant, on pourra peut-être modifier les gènes des parents pour qu’ils donnent naissance à une forte majorité de garçons: avec moins de femmes, on devrait pouvoir logiquement faire baisser le nombre de nouveaux-nés.

D'autre part, si des lézards ont pu évoluer pour pouvoir procréer sans mâles… Non, je ne veux pas penser qu’un jour les femmes feront la même chose avec nous! Mais je me dis qu’il doit être possible d’évoluer en sans inverse: rendre la procréation impossible sans que soient réunies des conditions bien particulières (comme par exemple, que les deux parents aient le même groupe sanguin, la même couleur de cheveux…) Chouette perspective, hein? Il faudrait en parler à nos chefs d'églises, peut-être cela les inciterait-il à militer pour la contraception...


Ca me fait penser qu'il faut absolument que je voie Bienvenue à Gattaca, et aussi Minority Report. Si vous avez des livres ou des films à me conseiller...
Par @tom - Publié dans : Un autre monde, réel ou fiction
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Lundi 28 mai 2007 1 28 /05 /Mai /2007 19:35
DANS LE MONDE DES CONSERVATEURS


Aujourd'hui lundi de Pentecôte, nous allons parler religion et conservatisme, de la pilule du lendemain et des soldats morts pour rien. A propos de religion, c'est curieux, alors que le Chili est très catholique, ni le jeudi de l'Ascension ni le lundi de Pentecôte ne sont fériés (c'est pareil pour toute l'Amérique du sud, d'ailleurs). J'ai l'impression que le dogme ici est un petit peu différent de celui de l'Eglise européenne.

En revanche, le conservatisme est le même. Mais il n'existe pas seulement chez les catholiques. Cela fait plusieurs mois que le gouvernement de Michelle Bachelet a légalisé la pilule du lendemain pour les mineures. Eh bien apparemment ça n'a pas plu aux grands patrons des trois principales chaînes de pharmacies chiliennes: impossible de s'en procurer dans tout Santiago. Le gouvernement a été obligé de menacer les pharmacies de poursuites judiciaires pour qu'ils mettent les pilules à disposition des jeunes femmes.

Les conservateurs chiliens sont contents: lors de mon dernier passage à la télé, j'ai eu l'occasion de discuter de l'avénement de Nicolas Sarkozy avec le sénateur Romero, ex président du sénat et pinochetiste. Travail, mérite, ordre, respect, ça lui plaît au Romero. Ca plaisait bien à Pinochet aussi. Le leitmotiv Travail, famille, patrie semble décidément revenir à la mode. D'ailleurs je constate que les idées de Sarkozy ont déteint sur une partie de la gauche européenne: je lis sur lemonde.fr que Tony Blair veut renforcer les pouvoirs de la police au détriment des libertés individuelles (heureusement, il aura du mal à faire passer la pilule à la chambre des représentants). Tiens, ça me rappelle la politique sécuritaire de George Bush, ça...

Ca tombe bien, aujourd'hui 28 mai, c'est le Memorial day aux Etats-Unis (et le lundi de Pentecôte alors?). Un jour férié en l'honneur de tous les soldats US morts au combat. Ce qui inclut des dizaines de milliers de jeunes recrues mortes sur des terres dont elle ne savaient rien, qu'elles ne comprenaient pas. Mortes sans même savoir pourquoi on se battait. Mortes pour protéger les intérêts économiques des puissants qui détiennent les cordons de la bourse états-unienne. Savez-vous que dans ce grand pays démocratique, membres du gouvernement et grands industriels organisent de fastueuses conférences pour évaluer les bénéfices tirés de chaque guerre? Et malgré ces milliers de morts, la pilule passe encore auprès de l'opinion.

Bref, en ce lundi de Pentecôte, je me dis que nous autres humains avons dévalé la pente et que nous sommes tombés bien bas. Et que la pilule, tous comme les aliments, ça passe mieux sans conservateurs.

Et vous, vous avez travaillé aujourd'hui?
Par @tom - Publié dans : Un autre monde, réel ou fiction
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Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /Mai /2007 22:11
DANS LE MONDE DES CALINS


Cécile a 22 ans, elle est blonde, élancée, jolie, souriante… et elle est free huggeur. Vous connaissez le principe du free hug? Ces gens qui, de façon spontanée, embrassent les passants dans la rue pour leur donner un peu de chaleur humaine. Cécile, qui a un grand cœur croisé Playtex, a été enchantée par l’idée dès qu’elle en a eu connaissance et s’est tout de suite acheté un t-shirt de free-huggeur. Dès sa première sortie dans la rue, ce fut un succès: «Toutes les personnes que j’ai embrassées étaient ravies. Il y a même des ados qui sont venus me donner un hug rien qu’en voyant mon T-shirt…» en reluquant l’abondante poitrine qui pointe dessous, diront certains… C’est vrai que Cécile, rien qu’en la voyant, on a envie de lui donner un câlin (non, ce n'est pas elle sur la photo en-dessous).

Juan-Mann-free-hugs.jpg
Victor a la cinquantaine passée, c’est un vieux hippie bedonnant, à moitié édenté, aux cheveux poivre et sel fins comme du poil d’âne. Lui aussi est free huggeur. Sympathique, le bonhomme. Souriant, jovial. Mais en revanche, il est un peu déçu du free hug. «La plupart du temps, quand je veux donner une embrassade à un quidam dans la rue, on me repousse. Les gens sont pas ouverts, de nos jours. Il y en a même qui ont peur de moi, je les vois changer de trajectoire quand ils approchent! Alors qu’un peu de chaleur humaine, ça a jamais fait de mal à personnes, au contraire!» Lui-même, hors caméra, avoue qu’il a aussi adhéré au mouvement parce qu’il se sent en manque de contact physique, d’affection.

Voilà, Victor a lâché le morceaux: je soupçonne la communauté des free huggeurs d’être un rassemblement de gens laids, d’êtres en manque d’affection, qui a trouvé là un concept en or pour avoir droit à des câlins et tripoter un peu gratis.

Bon je crois que sur ce coup-là, j’ai mauvais esprit. En réalité, j’aime bien ce concept de free hugs, parce que je pense, comme beaucoup, que ce monde manque d’amour et de tendresse, bordel!

***

Ca me rappelle un artiste de rue, vu en 2002 au Coup de Chauffe (le festival d’arts de la rue de Cognac). Il s’appelait le Caresseur public. C’était un personnage intrigant, silencieux. Une grande cape noire, des gants de velours rouge, un long masque blanc mélancolique: on aurait dit un mélange entre un personnage de bal masqué du carnaval de Venise et une statue de cire. Car le Caresseur restait de longues minutes assis sur sa chaise, sans bouger. Il apparaissait de nulle part, discrètement, s’installait sur une pelouse ou dans une ruelle, et attendait.

Et puis soudain, le Caresseur se levait doucement, marchait lentement vers un passant, et délicatement, en silence, posait une main de velours sur sa joue. Le passant, déconcerté, se laissait presque toujours faire. Les réticences tombaient vite, il se laissait embrasser par la longue cape noire, caresser le visage par les gants. Et ressortait tout chamboulé de ces quelques secondes d’étreinte muette et surréaliste.

caresseur-public.jpg
J’ai eu la chance, en tant que journaliste, de rencontrer l’homme qui se cachait derrière ce déguisement. Il nous a expliqué qu’il observait attentivement les passants avant d’en choisir un et de l’aborder en douceur. Avec l’expérience acquise au cours des années, il parvenait à déceler les gens qui manquent d’affection, et qui ne se fermeraient pas à ses caresses.

Et le voir à l’œuvre était fascinant. J’ai vu une dame pleurer dans ses bras. Au début, elle rigolait nerveusement en direction de ses copines avec qui elle se promenait. Et puis soudain, elle s’est abandonné dans ces bras inconnus, doux et forts, rassurants. Elle s’est laissé aller, a serré très fort le Caresseur, et a fondu en larmes. "Cela arrive souvent, nous confiait l’artiste. C’est pour cela que je continue. Parce que des milliers de gens ont besoin de cette petite dose d’amour que je peux leur apporter. Et parce qu’ils me le rendent bien."

Alors à toi qui lis ces lignes, je t’envoie, moi aussi, un free hug virtuel. Prends soin de toi.
Par @tom - Publié dans : Un autre monde, réel ou fiction
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