Lundi 16 avril 2007
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18:51
Je reprends ici la publication d'extraits du journal que j'avais tenu lors de mon
premier voyage au Chili, en décembre 2005. Ca date un peu, mais j'ai envie de vous faire partager mes premières impressions d'alors (en corrigeant celles qui étaient fausses).
Retour à Quilpué. L'occasion pour moi d'observer un peu
mieux la vie chilienne. Série de remarques en vrac:
Rabatteurs en ville
- C'est dingue comme les «rabatteurs» de la rue peuvent être pressants. Taxi, resto, promenades, hôtels, papier cadeau (au moment où j'écris ces lignes, c'est la période de Noel), pâtisseries...
ils vous accostent partout, pour tout et n'importe quoi. Ils accostent tout le monde, pas seulement les touristes étrangers!
Vendeurs à la sauvette
- Pour la
première fois, je vois des gens qui vendent à la sauvette des copies de DVD. Ils ont juste une photocopie des jaquettes sur eux, étalées sur un drap à même le trottoir, facile à replier au cas où
les flics passeraient. Les DVD pirates sont cachés un peu plus loin.
Cadeaux de Noël
- Je suis
étonné de voir autant de vendeurs de chaussettes blanches dans la rue. Je pense bêtement que c'est une fin de stock ou des sacs qui sont tombés d'un camion. Mais Caro m'explique que pour les gens
pauvres, une paire de chaussettes blanches constitue un beau cadeau de Noël (je rappelle que j'écris ces lignes en décembre 2005). Des fois, mes yeux d'Européens sont vraiment
myopes?
Coiffeurs à la pelle
- Je
teste le coiffeur chilien. Le salon n'est pas très classieux, mais la coupe est bien, c'est l'essentiel. Et pour moins de 4 euros! D'ailleurs c'est marrant, à Quilpué, il y a tout un centre
commercial composé presque exclusivement de coiffeurs.
Des caries géantes dans le (dragi)bus
- Dans le
bus, pour changer des vendeurs de glaces, on a droit un jour à un VRP qui veut refourguer un élixir miracle pour blanchir les dents et la brosse qui va avec. Et le voilà qui montre des photos
immondes de caries gigantesques dans le bus! Beurk! Le vendeur de bonbons qui est passé après lui n'a pas eu grand succès...
Je passe sur la veillée du 24 décembre et le jour de Noël: rien de très différent par
rapport à un Noël français, si ce n'est que les Chiliens vont beaucoup plus à l'église. Et que les chants de Noël et films de Noël sont omniprésents à la radio et à la télé pendant deux semaines.
Pour le plaisir, je vous remets la photo de l'arbre Noël de la Plaza de Armas à Santiago.
26
décembre.
Dans la nuit, la terre tremble alors que je suis aux toilettes. Trois ou quatre secondes, pas plus. Ca arrive environ une fois tous
les deux mois au centre du Chili. Ca secoue un peu comme des turbulences en avion, mais en plus on entend un grondement sourd et les murs bougent comme lorsque un avion passe le mur du son. Mais
c'était pas plus impressionnant que ça. Sans doute parce que c'était un séisme de degré pas grand-chose sur l'échelle de Richter. Et puis comme j'étais assis sur mon trône, je ne me suis pas bien
rendu compte.
27 décembre.
Le soir, on va à Valparaiso où a débuté le carnaval culturel, qui rassemble expos, théâtre, cinés et concerts. Deux bons groupes de
tango se succèdent sur scène, mais le public est bruyant, discute et n'y prête pas grande attention. En un mot, irrespectueux. Sans doute parce que c'est gratuit, me dis-je. En fait, c'est parce
qu'une bonne partie du public attendait le dernier groupe, le Angel Parra trio, qui mélange jazz, rock et rythmes latino, avec un guitar hero chilien. Ca joue super bien, c'est excellent. Manque
juste un chanteur. Ensuite, on va boire un verre dans un pub. Sympa, mais décidément, la
musique est trop forte dans les bars chiliens. On s'entend pas pour parler. Enfin, avec mon niveau d'espagnol proche du zéro (à l'époque!), c'est pas très gênant.
28 décembre. Rien. Soleil et doigts de pied en éventail.
(Précision: cette photo
n'a pas été retouchée. Ce sont les couleurs naturelles)
29 décembre.
Dans le bus, pour changer des marchands de glace ou des musiciens, c'est un clown qui monte. Un peu plus tard, un type viendra déclamer du
Garcia Llorca. Sympathiquement étonnant. C'est que c'est le carnaval culturel de
Valpo, où nous nous rendons. Malheureusement, les concerts, qui mélangent tango et sonorités modernes, ne sont pas à la hauteur de nos espérances et les dessins animés de Quino (vous savez, le
papa de Mafalda) projetés sur grand écran sont tronqués par les problèmes techniques.
30 décembre.
En passant dans le centre de Quilpué, je vois pour la première fois un noir, et je réalise qu'il n'y a pas une grande mixité au Chili. La population est quasi-uniquement composée de descendants de colons et immigrants européens (espagnols, mais aussi allemands, anglais, français, suédois, croates, italiens,
portugais...) et de descendants d'indiens Mapuche. Très peu d'Asiatiques ou d'Africains. La dernière vague d'immigration au Chili a eu lieu lors de la seconde guerre mondiale, avec les Croates
fuyant leur pays. La nouvelle présidente Michelle Bachelet, tout comme le vieux Pinochet, ont des racines françaises. Pas de quoi être fier!
Vendredi 30 mars 2007
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15:46
Je reprends ici la publication d'extraits du journal que j'avais tenu lors de mon
premier voyage au Chili, en décembre 2005. Ca date un peu, mais j'ai envie de vous faire partager mes premières impressions d'alors (en corrigeant celles qui étaient
fausses).
Après l’insolation d’avant-hier,
les contrecoups du soleil sont toujours douloureux. Caro a le nez lisse comme de la cire, j’ai les oreilles orange et mes lèvres
souffrent. On part de Pucon pour Valdivia, l’une des plus belles villes du Chili, paraît-il.
Bon, on a pas dû aller aux bons endroits. Parce que Valdivia, on a trouvé ça plutôt ordinaire. Mais j’ai mangé pour la première fois de ma vie de l’oursin, et j’ai trouvé ça très bon, fondant
comme du foie gras ou du cèpe frais. Malheureusement c’était noyé dans une sauce trop forte. Ensuite j’ai enfin réussi à manger du congre, après je ne sais combien de tentatives ratées: chaque
fois que j’en demandais au resto, y’avait plus! Et le tout pour environ 7 euros! Il faut dire qu’ici, tout le monde se nourrit de la pêche. Et quand je dis tout le monde…
En se promenant sur les quais, on
tombe sur ce couple de phoques, ou plutôt de lions de mer, en train de bronzer sur le bord du quai. Evidemment je me penche pour les voir de plus près… et juste à ce moment-là le plus grand se
redresse et m’éructe fortement en pleine figure! Beuurk! Bonjour l’haleine de poisson pas frais! Déjà quand j’étais petit un lama
m’avait craché à la figure. Tiens, à propos, on est au Chili, pays des lamas… Faudra que je fasse gaffe, la prochaine fois!
***
Le lendemain, dernier jour à
Pucon. Finalement, fatigués que nous sommes, on fera en taxi ce que l’on n’a pu faire en VTT le premier jour: les cascades.
La China et El Leon. Des chutes de 90 mètres de haut dans des mini-cirques à la végétation luxuriante. On se croirait dans la jungle
tropicale, c’est magnifique. En plus, on a les cascades pour nous tous seuls. On finit par les Ojos de Caburgua.
L’après-midi, on va à la plage de Pucon, un moment. Une plage de sable noir, volcanique bien sûr. C’est grandiose de se baigner dans un lac au pied d’un volcan. Je me dis alors que cette petite ville est vraiment étonnante. D’un côté de l’avenue
principale, les auberges pour jeunes plus ou moins fauchés et aventuriers qui vont faire du trekking, du rafting et des sports extrêmes. De l’autre, les hôtels, le casino, la plage de sable noir
et le jet-ski pour les touristes fortunés. Et tout ce petit monde se croise dans les rues commerçantes. Mais sans vraiment se rencontrer. Même à la plage. La mixité à la chilienne...
A suivre...
Jeudi 29 mars 2007
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16:11
Je reprends ici la publication d'extraits du journal que j'avais tenu lors de mon
premier voyage au Chili, en décembre 2005. Ca date un peu, mais j'ai envie de vous faire partager mes premières impressions d'alors (en corrigeant celles qui étaient
fausses).
Pucon, l’un des sites les plus
touristiques du Chili, coincé entre un lac et un volcan enneigé. Une petite ville dans le sud du pays, à 700 kilomètres de Santiago, mais en même temps, encore au centre. Et à l’opposé, La
Serena, à 500 bornes au nord de Santiago, est encore un peu au centre. Ca fait quelque 1200 km de centre… La notion de distance, décidément, n’est pas la même qu’en Europe.
Je me rappelle les dernières
recommandations du papa à Caro, avant que l’on parte: «Est-ce que vous avez pris vos précautions?» Ils sont un peu old-fashioned,
ses parents. Famille tendance catho conservatrice, très courant au Chili. Pour le padre, il est pas très normal de partir ainsi en vacances à deux sans être mariés...
***
Arrivée à Pucon au petit
matin, après une nuit difficile dans le bus. On déchante vite: en guise d’accueil, on trouve pluie, brouillard et froid. Et oui, au sud du Chili, il fait frais et il pleut, même beaucoup: jusqu’à
4.000 mm par an dans certains endroits de Patagonie. C’est quatre fois plus de précipitations qu’à Bordeaux.
L’après-midi, le soleil est de retour, et on peut enfin découvrir le volcan qui
surplombe Pucon. Impressionnant.
Hop, allons faire un tour en VTT. Je
compte aller jusqu’aux Ojos de Caburgua, des chutes d’eau à quelques kilomètres de là. Mais on se perd, on manque de chuter et de se faire
écraser par une voiture sur une passerelle de bois, donc on décide de ne pas aller au bout de la promenade. Et on a mal aux fesses. Mais c’était bien quand même.
***
Le lendemain, lever 6 heures
du mat’ pour ce qui devrait être le point culminant de la semaine: l’ascension du volcan Villarica, 2.800 mètres et des cendres.
Quatre heures de marche dans la neige pour accéder au sommet du volcan le plus actif du Chili.
L’ascension, la marche en raquettes dans la neige, le vent, le froid, un calvaire pour Caro, malheureusement. Moi j’ai adoré, même si c’était dur. La sensation d’être sur le toit du monde, une fois au sommet, au-dessus des fumeroles de gaz et du magma qui crachote, c’est quelque chose
d’exceptionnel. Et puis la descente en glissade sur les fesses dans des toboggans de neige était sympa (n'est-ce pas madame? On dirait qu'elle vole!)
Un beau gros dodo n’aura pas été suffisant pour effacer les fatigues de l’ascension
de la veille. Malgré la crème solaire, nous avons le visage brûlé. Terrible. On dirait deux écrevisses au barbecue!
Le soir, on va donc rafraîchir notre insolation aux thermes Los
Pozones. Cinq piscines naturelles d’eau chaude au bord d’un torrent, au creux d’un vallon encaissé. Ajoutez la nuit, les lampes discrètes, la voûte céleste, c’est le pied intégral. Avec
nous, une retraitée israélienne qui voyage seule six mois par an. Le genre de grand-mère dont j’aurais rêvé, drôle et très ouverte. S’engage alors, en pleine baignade, une discussion sur la
religion avec elle et un groupe d’Américains qui croient en un Dieu commun à toute les religions. Une discussion comme dans un forum latin, en se baignant dans une piscine thermale. Très
agréable.
On n’aurait jamais dû changer de piscine. On est passé du groupe
d’Américains mystiques à une bande de touristes français assez beauf, et… on n’a pas du tout envie de papoter avec eux. Je trouve ça très drôle de croiser des Français qui parlent entre eux sans
se douter que quelqu’un les comprend. Surtout quand ils sont stupides comme ceux-là, bruyants, criards, irrespectueux envers le pays où ils se trouvent… des fois, mes compatriotes me font
honte!
Il y a d'autres photos de l'ascension dans la catégorie "Un monde d'images". Suite de ces carnets demain avec Pucon et Valdivia. Au
programme notamment: des cascades, des oursins et des phoques.
Mardi 27 mars 2007
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Mendoza. Sur ma carte Chili-Argentine, ça a l’air pas très loin de Valparaiso, à 4 heures de route à vue de nez. Mais
en réalité, il y a 8 heures de trajet en bus, dont une partie à escalader lentement les Andes, et un arrêt de 2 heures minimum à la douane (durant lequel les chauffeurs de bus laissent le moteur
tourner et polluer en attendant, grrr!)
La traversée des Andes de nuit est assez impressionnante. Dans l’obscurité, on distingue la neige aux sommets, on devine l’immensité
des montagnes. Mais de jour, c’est un peu décevant: ça n’a pas l’air tellement plus haut que les Alpes, c’est tout aride, sans végétation ni animaux, et pas extraordinairement beau. J’imagine que
pour apprécier vraiment les Andes, il faut quitter la route et faire de l’andinisme.
Seuls les dix derniers kilomètres de col avant la frontière, côté chilien, sont impressionants. Mon voisin qui avait le vertige avait peur que le bus tombe… à ce moment-là j’ai réalisé que mon
bus s’appelait Cata, je me suis dit qu’il allait nous porter la poisse! La route serpente sur un à-pic de plusieurs centaines de mètres entre deux très hautes murailles de rocaille. Une trentaine
de lacets à monter avec une pente assez sèche: à côté, L’Alpe d’Huez, c’est de la rigolade! Et encore, une fois en haut, ce n’est
pas un col, mais un tunnel creusé à 3.000 mètres d’altitude qui marque la frontière.
Et Mendoza? Grande ville au milieu de la pampa argentine, sur un plateau platissime de l’autre côté des Andes; un oasis au milieu du désert, et l’une des meilleures terres de vignobles de toute
l’Amérique. La ville est agréable et calme pour sa taille (700 000 habitants), plutôt riche, très verte, mais manque un peu de cachet: des maisons colorées mais souvent sans
charme, des rues larges et arborées mais désespérément perpendiculaire... en revanche, on y trouve de beaux bâtiments coloniaux et post-coloniaux (désolé, la batterie de mon
appareil m’a lâché, donc je n’ai que des photos des montagnes). C’est surtout plein de vacanciers états-uniens et de Chiliens qui
viennent manger pas cher et faire les boutiques.
Ca c’est un truc que je ne pige pas. Certes, la vie est nettement moins chère qu’au Chili, mais il faut tout de même payer le trajet pour aller jusqu’à Mendoza, et à moins de faire vraiment
beaucoup d’achats en Argentine, c’est pas très rentable… Mais les Chiliens étant très consuméristes, et ce depuis peu, ils sont obnubilés
par les soldes et les bonnes affaires.
D’ailleurs ça risque de poser des problèmes d’endettement au pays tout entier, car avec la multiplication des crédits à la consommation et des paiements en mensualités ou différés (aussi bien
pour acheter une voiture qu’un T-shirt), les Chiliens s’endettent sans s’en rendre compte. Et se font arnaquer sans s’en rendre
compte. Ainsi, une voiture neuve payée en 24 fois coûtera au total entre 30% et 50% plus cher que payée en une fois! Je trouve ça énorme comme taux! C’est le contrecoup du passage rapide d’une
société qui vivait parfois dans la peur de manquer à une société de consommation libérale. On ne sait plus s’arrêter! A tel point que lorsque la mère de Caro voit des vêtements en solde, elle
appelle sa fille pour lui dire qu’il faut aller acheter (alors que Caro a une garde-robe bien fournie…)
Je sais, la photo n'a rien à voir, mais je préfère vous montrer les Andes plutôt que les fringues de Caro. Vous préférez aussi? Alors ça tombe bien!
C'est joli ce bleu, non?
Arrêtons là les digressions. En réalité, ce qui m’a le plus marqué à Mendoza, c’est que les Argentines sont en moyenne bien plus grandes et plus minces que les
Chiliennes. Intéressant, n’est-ce pas? Soyez patients, j'ai gardé le meilleur pour la fin de l'article. Sinon, il y a beaucoup de vie
nocturne: en me balladant dans les rues, je suis tombé sur un spectacle de cirque à 1h30 du matin au milieu d’un marché artisanal, et ai dégusté une glace à 3h, heure à laquelle j’aurais
aussi pu manger un beefsteack.
Oui bon je sais je n'ai pas l'air hyper enthousiaste, alors que j’ai bien de la chance d’être là. Mais c’est que la virée à Mendoza, c’est pas moi qui l’ai voulu: avec mon visa de touriste de
trois mois, j’étais obligé de sortir du Chili une journée pour pouvoir rerentrer et me faire retamponner à la douane pour 90 jours
de plus. Et la ville frontière la plus proche, c’est Mendoza. C’est la deuxième fois que j’y vais un peu contraint, alors forcément je suis pas spécialement enchanté. Mais ne boudons pas notre
plaisir, apprécions au moins la bonne carne de bœuf argentin (leur aliment de base) et le bon rouge qui va avec. Santé! Salud!
Bien évidemment, ce n'est pas à cet endroit que les Argentins élèvent leurs bovins, encore moins qu'ils font leur vin! Mais revenons à nos moutons...
La première fois que j'ai dû passer la frontière pour cette histoire de 90 jours, Caro m’avait accompagné à Mendoza. Cette fois, j’ai fait l’aller-retour seul. Et j’ai croisé… des Français! Ils
sont partout! En rentrant à l’hôtellerie le soir, la patronne aux abois m’a demandé si je ne pouvais pas aider un compatriote qui parcourt l’Amérique du sud tout seul à vélo, mais se l’est fait
voler et se retrouvé cloué à Mendoza, avec une angine qui plus est. Le pauvre a bien appelé la police, mais apparemment, sans filer
quelques billets, les investigateurs ne sont pas très motivés… Au Chili, il n'y a pas de flics corrompus, mais chez les voisins, c'est une autre histoire...
Il faisait une chaleur étouffante à Mendoza, alors j’ai voulu prendre une douche à l’hôtellerie. Et j’ai découvert un concept étonnant: le WC-douche. C’est comme un cabinet de toilettes, mais
avec une pomme de douche au-dessus. Pas bête pour gagner de la place. Autrement dit, on peut se laver tout et étant sur le trône. Shampooing + caca, deux en un! Bon j’ai pas essayé. Bon en fait si, j'avoue, je suis trop curieux. Eh bien c’est pas très pratique, et puis le
savon m’a glissé des mains, et devinez où il est tombé? Et puis surtout, le mélange d’odeurs… je vous passe les détails.
Mercredi 21 mars 2007
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Après le mini-portrait de Cognac, voici Valparaiso. J'aurais logiquement dû parler de Quilpué,
la ville voisine où j'habite, mais comme elle n'a pas grand intérêt (ce serait un peu comme Villeurbanne par rapport à Lyon, ou Roubaix par rapport à Lille), je choisis Valpo. Si la "Vallée
Paradis" était...
un personnage: ce serait Pablo Neruda. Ambassadeur du Chili au sens propre (il a une grande carrière de diplomate) et au figuré, avec les poèmes
qui ont fait de lui un Prix Nobel de littérature. Neruda, c'est un bonhomme jovial, un voyageur baroudeur qui sait festoyer. Neruda le poète, c'est une mélancolie romantique, une écriture vive,
parfois douce, parfois rude comme les ressacs du Pacifique. Il avait une superbe maison sur les hauteurs de Valparaiso, remplie de ses souvenirs de voyage (un peu comme la maison de Pierre Loti à
Rochefort-sur-Charente), où il aimait flâner, se ressourcer, écrire en admirant la vue sur la baie. Aujourd’hui, cette maison, La Sebastiana, est devenue un musée, et elle m’a fait rêver.
un animal: ce serait un chien. Les chiens sont partout dans les rues de Valparaiso. Sous
les abribus, à l'entrée des supermarchés, sur les docks, sur le perron des églises... Ce n’est pas pour rien que l’on dit qu’il y a plus de chiens que d’hommes au Chili. C’est un sujet sensible
ici, entre les défenseurs des animaux et ceux qui trouvent tous ces chiens répugnants et mauvais pour l’image de la ville (j’en ai parlé là suite à une discussion sur le sujet à l’université de Caro, et ça a fait polémique avec un habitant de Valpo, de même que ce que j'avance
sur les touristes). Moi je les aime bien, même si beaucoup font un peu pitié tant ils sont maigres et couverts de tiques. J’aime les voir faire la sieste le long des murs, sur les squares. Le
rythme chi(li)en… Mais comme Valparaiso est un port, pourquoi pas un chien... de mer?
un élément naturel: ce serait la mer. Valparaiso est un port, elle n'est rien sans la
mer. Cette mer qui en a fait l'un des ports les plus prospères d'Amérique du Sud, qui lui a valu le surnom de Perle du Pacifique. Puis la mer s'est traitreusement engouffrées dans le canal de
Panama, et Valparaiso en a beaucoup souffert. Mais la vue sur l'océan depuis les cerros a toujours attiré les artistes, et aujourd'hui c'est encore la mer qui fait revivre Valparaiso. C'est en
partie grâce à elle que la ville a été classée au Patrimoine mondial de l'Unesco, c'est grâce à elle qu'arrivent les flots de touristes à bord de luxueux bateaux de croisière. Sans la mer, la
Perle ne brillerait pas autant.
un métier: ce serait un pêcheur. L’activité portuaire reste la première activité
économique à Valpo, mais je ne saurais pas raconter la vie des docks, ni voir un grand charme dans le va-et-vient des containers. Je vais donc vous parler des pêcheurs. Il y a les bateliers bien
sûr, qui se faufilent dans le port entre les gros cargos, les bateaux de croisières et les croiseurs de la Marine. Ces pêcheurs aux chalutiers vieillots et bariolés, au vocabulaire fleuri, qui me
font penser aux personnages de Pagnol. Mais il y a aussi ceux qui pêchent avec les moyens du bord pour agrémenter le repas du jour. Sur le muelle Baron, l'un des docks de Valpo, ils sont
nombreux à taquiner le poisson avec habileté avec un simple fil, enroulé serré autour des doigts, et un hameçon bricolé maison. Et ça mord!
Voilà, je termine avec une question: ce texte montre-t-il que j’aime Valparaiso, et donne-t-il envie de découvrir cette
ville?