Vendredi 8 juin 2007
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16:33
Bientôt chassés par la fonte des glaces
Il est des nouvelles qui me glacent les sangs. La plus grande chaîne de montagnes tropicales glaciaires du monde, la Cordillère Blanche, dans les Andes péruviennes, fond à un rythme accéléré. Et
c’est une très mauvaise nouvelle, car cela menace un pays tout entier. Les glaciers fondent à une telle vitesse qu’il leur est impossible de se reconstituer. On
constate le même phénomène partout dans le monde, mais comme je suis en Amérique du Sud, autant parler du Pérou.
La masse glaciaire du pays a diminué d’au moins 22% depuis 1970. Le glacier Quelccaya (ou Bori Kalis), qui avait commencé à perdre ses glaces à raison de 6 mètres par an à partir de 1960,
fond aujourd’hui dix fois plus vite. Le glacier Broggi, joyau naturel aux magnifiques cavarnes de glace, est aujourd’hui réduit à un ridicule petit laquet.
Le glacier Quelccaya, en 1978 et en 2004. Le Broggi, c'est pire...
La situation va vite devenir dramatique, car l’immense majorité des ressources en eau potable du pays provient de ces glaciers. Ce sont eux qui alimentent les
rivières, lesquelles fournissent l’eau potable aux grandes villes, mais aussi à toute la côte Pacifique. Ces rivières alimentent aussi l’agriculture et les centrales hydroélectriques, qui
fournissent 70% de l’électricité péruvienne. Or avec la fonte des glaciers, elles pourraient se tarir d’ici 2050. Privée d’eau, une grande partie du pays deviendrait
alors tout simplement inhabitable, et les deux tiers des Péruviens seraient forcés de s’exiler.
Ce n’est pas un cas isolé, et il va bientôt falloir penser au relogement de dizaines de millions de personnes qui devront partir de chez eux à cause du réchauffement
climatique. J’en reparle demain.
Par @tom
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Mercredi 23 mai 2007
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16:03
Ce graphique résume tout. Nous sommes à deux pas d'affronter des situations dramatiques. Aux grincheux, aux sceptiques et aux incrédules: on peut difficilement
le remettre en cause. Ce schéma est en effet extrait du rapport Stern, commandé par Tony Blair lui-même pour évaluer les conséquences économiques du réchauffement
climatique, et publié en mars dernier. On peut donc difficilement le taxer d'être partisan...
Ajoutez à cela que les émissions de CO2 ont augmenté de 3,1 % par an au début des années 2000 contre un rythme de 1,1 % par an dans les années 1990, d'après une toute récente étude de l’Académie
nationale des sciences (USA). C'est pire que le pire scénario envisagé par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), qui reprenait
dans ces conclusions le même schéma ci-dessus.
En plus de cela, on vient de démontrer que l'océan Austral, la principale "éponge à carbone" de la planète, n’arrive plus à suivre: sa capacité à absorber le C02
stagne, alors que le principal responsable de l'effet de serre est de plus en plus présent dans l'atmosphère. Or les scientifiques pensaient que l’océan absorberait une quantité plus importante
de dioxyde de carbone, "allégeant" ainsi la pollution atmosphérique. Il n’en est rien. Mauvaise nouvelle, donc.
Je ne m'étendrai pas plus, ça se passe de commentaires (mais ça ne vous empêche pas d'en laisser!)
Par @tom
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Jeudi 19 avril 2007
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22:24
Corruption, pollution et gros sous
Dans l’Uttar Pradesh, l’une des régions les plus pauvres de l’Inde, 400 villages sont pollués par les rejets de déchets industriels. La rivière Hindon est tellement infestée qu’elle n’abrite plus aucune forme de vie, et les habitants, malades, dépensent plus en médicaments qu’en nourriture pour soigner allergies, tuberculoses, cancers... Les industries responsables sont toutes équipées d’une unité de traitement des eaux usées, obligatoire pour pouvoir exploiter, mais elles ne les utilisent jamais et rejettent leurs déchets en toute impunité dans la rivière. Les policiers, les politiques ferment les yeux, et pire, ils empêchent tout réunion d’information entre riverains pour discuter du problème. Corruption quand tu nous tiens...
Et ce n’est bien sûr pas un cas isolé: des centaines de rivières indiennes sont ainsi polluées. Les plus cyniques diront que c’est une manière comme une autre de réguler le boom démographique dans le pays.
Regardez la couleur de cette eau! Et c'est dans ces rivières et nappes phréatiques polluées que des millions d'Indiens puisent chaque jour
Mais il n’y a pas que dans les régions du Tiers-monde que ce genre de problème existe. Exemple:
Des réacteurs nucléaires non contrôlés pendant sept mois, un autre qui a émis pendant plus de trois ans une radioactivité supérieure à ce qu’indiquaient les analyses officielles, des filtres qui fuient, des prélèvements jamais analysés... non, tout ceci ne se passe pas aux fins-fonds de la Sibérie ou dans l'Ukraine tchernobylienne, mais dans l’un des pays les plus sensibilisés à la protection de l’environnement, la Suède. A l’heure où le nucléaire revient sur le devant de la scène comme énergie propre de demain (par rapport au pétrole ou au charbon), il y a de quoi s’inquiéter.
Je trouve un article sur le sujet le site de Libé, et (coïncidence?) deux articles au-dessus, un article sur le G7 qui, pour la première fois de son histoire, a plébiscité unanimement l'énergie nucléaire ce week-end pour assurer la «sécurité énergétique» et «faire face au changement climatique». C’est Thierry Breton, notre ministre des Finances, qui a fait le forcing pour convaincre les six autres pays que le nucléaire est une énergie verte qui peut contribuer à diminuer les gaz à effets de serre, dit-il.
C’est surtout, pour le groupe français Areva, la perspective d’un marché juteux aux Etats-Unis, en Chine et en Inde. Ca laisse augurer de ce que ferait un gouvernement de droite en matière d'écologie. Alors que l’on pourrait développer l’énergie éolienne, hydraulique, solaire, la géothermie, les biomasses... et vous trouvez que j’exagère quand je dis que l’économie prend le pas sur l’écologie?
Par @tom
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Mardi 10 avril 2007
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16:26
Ne pas attendre le consensus
A force de naviguer sur les sites et blogues liés à l'écologie (et notamment sur le site de Libération), je me suis rendu compte que le consensus scientifique est remis en question par de nombreux internautes, dont certains apparemment très qualifiés dans le domaine de la climatologie. Selon eux, par exemple, le CO2 ne serait pas le principal responsable du réchauffement climatique, loin de là, et d'autres gaz comme la vapeur d'eau seraient bien plus nocifs concernant l'effet de serre. Selon eux, les modèles utilisés par les météorologues ne seraient pas viables...
Alors admettons. Admettons qu'il y ait manipulation, et que l'on cherche à étouffer les voix contradictrices qui s'élèvent. J'en doute fort, et n'en ai pas la preuve, mais c'est possible. Admettons, donc, qu'on n'ait pas de preuve formelle que le CO2 soit responsable de tous ces maux. Admettons que de toutes façons, même si l'on réduisait fortement les émissions, le gaz resterait plusieurs années dans l'atmosphère, et donc le réchauffement se poursuivrait.
Admettons, donc, qu'il n'y ait RIEN à faire pour empêcher l'inéluctable. Faut-il alors faire comme si de rien n'était et continuer à polluer? Faut-il, au prétexte que l'on ne soit pas sûr à 100% de l'origine de ces maux, ne rien faire et continuer d'attendre (et de polluer) jusqu'à obtenir la preuve irréfutable que l'on avait raison (ou tort)? Faut-il attendre qu'il soit trop tard? Une chose est sûre: même si le CO2 n'était pas le responsable principal du réchauffement clomatique, il est acquis que diminuer les émissions gazeuses ne peut être que bénéfique pour la planète.
Alors je dis: profitons de la mouvance actuelle, de cette prise de conscience mondiale qu'il faut protéger l'environnement. Ne laissons pas des voix discordantes apporter de l'eau au moulin des écolo-spectiques, et faire faire machine arrière aux décideurs. La théorie dominante n'a peut-être pas raison lorsqu'elle dit qu'il faut limiter les émissions de CO2, et donc la consommation d'énergies fossiles, pour limiter le réchauffement climatique. Mais pour le bien de la planète en général, cette théorie est la bonne. Alors faisons fi des contradicteurs metteurs de bâtons dans les roues, et continuons les efforts pour l'environnement.
Par @tom
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Lundi 9 avril 2007
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/2007
15:02
Avancées écologiques
et douches froides
Lundi 9 avril, deuxième jour de pluie de l'année à Quilpué. L'automne devrait donc arriver, pourtant hier encore il faisait 30 degrés à Santiago. Pour la pluie, j'étais content. Pour les températures, c'était plutôt la douche froide!
Et pourtant vendredi j'étais tout content, je venais d'apprendre que le rapport du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) venait d'être publié. Cela voulait dire que tous ces experts de l'ONU, mandatés par leurs gouvernements, étaient tombés d'accord. Enfin! En plus, lundi dernier aux Etats-Unis, la Court suprême a enfin officiellement admis que le dioxyde de carbone est un gaz polluant pour l'atmosphère. Il en aura fallu du temps! Ca me fait penser au Vatican qui a admis il y a cinq ans seulement que la Terre est bien ronde!
Mais en réalité, douche froide: les experts du Giec ont dû faire pas mal de concessions. Par exemple, les Etats-Unis ont fait supprimer du texte final un paragraphe disant en gros que le changement climatique risquait d'avoir d'importantes conséquences sur l'économie et le mode de vie nord-américains. Déjà, pour valider le premier volet du rapport déposé devant l'Unesco en février, il avait fallu batailler ferme face à l'aveuglement des grand pollueurs.
L'Union européenne, elle, a voté le mois dernier une série de mesures visant notamment à augmenter la part des énergies renouvelables, et à réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 (par rapport à 1990). Content moi! Cela dit, c'est bien joli tout ça, mais entre les belles résolution type protocole de Kyoto et les actions, il y a un fossé large comme le trou dans la couche d'ozone. Donc si pas d'action, nouvelle douche froide.
Le méthane de Damoclès
La semaine dernière, j'étais content d'apprendre que le Japon vient de découvrir un vaste gisement d'hydrate de méthane dans une fosse marine de l'océan Pacifique. Tellement vaste qu’il pourrait produire l'équivalent de 14 ans de consommation énergétique du pays. Ca tombe bien: le Japon manque de ressources, et l’hydrate de méthane peut se substituer au pétrole, notamment.
Mais aïe! douche froide: l'exploitation d'hydrate de méthane pourrait poser de sérieux problèmes en matière d'effet de serre. D’une part, sa combustion émet du CO2. D’autre part, si l’on exploitait ce gisement, de grandes quantités de méthane remonteraient dans l'atmosphère, or le méthane est un gaz à effet de serre bien plus nocif que le CO2.
On pourrait se dire qu’encore une fois, les fins économiques prennent le pas sur l’écologie, puisque le Japon compte commencer ses essais d'exploitation d'hydrate de méthane en 2009 et espère pouvoir utiliser cette exploitation commercialement en 2017. Mais c’est plus complexe que ça: avec le réchauffement climatique, la température des fonds marins a commencé à s’élever. Or cela pourrait faire fondre une partie des hydrates de méthane, c’est-à-dire le transformer en gaz. Ce qui relâcherait d’énormes quantités de méthane dans l’atmosphère. Il semblerait donc, que l’on exploite ou non ce gisement, qu’il représente un danger réel pour la planète. Alors autant l’exploiter, c’est logique.
Ce qui m’effraie, c’est qu’il existe très probablement dans les fonds marins d’autres gisements comme celui-là, et que ce seraient autant d’épées de Damoclès qui nous pendraient au nez. On sait déjà qu’en Alaska ou en Sibérie, le permafrost (les terres éternellement gelées) commence à fondre, libérant de grandes quantités de méthane. Si les océans s’y mettent aussi… ce sera une grande douche froide!
Le seul point positif, c'est que la douche froide, ça économise de l'énergie.
Par @tom
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