J'aime les raccourcis, car deux mots valent parfois mieux qu'un long discours. Mais il est des raccourcis tellement simplificateurs qu'ils deviennent dangereux. Christophe en a donné un bel exemple sur son blog aujourd'hui, expliquant comment "le Figaro" a déformé le sens d'un sondage
de l'Institut CSA. Le quotidien affirme que "63% des Français veulent travailler après 65 ans", tandis que l'enquête posait la question suivante: "Seriez-vous tout à fait favorable, plutôt favorable, plutôt pas favorable ou pas favorable du tout à ce qu'un salarié puisse travailler après 65 ans s'il le
souhaite ?"
A cette question, je réponds oui, évidemment, si quelqu'un veut travailler après 65 ans, je ne vais pas l'en empêcher (quoique... faut laisser la place aux jeunes pour ne pas faire grimper le
taux de chômage). Mais si on me demandait à moi si je souhaiterais travailler après cet âge-là, et si on vous demandait à vous en personne, je pense qu'on
serait loin des 63% qu'annonce le journal.
Pour le reste, je vous invite à aller voir ce qu'en dit Christophe ici.
Le 11 septembre est un jour funeste pour les Etats-Unis, il l'est aussi pour le Chili. C'est en effet le 11 septembre 1973 que le général Pinochet
prit le pouvoir, que le président Allende se suicida, et que le pays entra dans une dictature qui dura pas moins de 17 ans. Et c'est à Valparaiso que commença le putsch, qui ne dura qu'une
journée. La junte militaire dirigée par Pinochet suspendit la constitution, et prohiba partis et syndicats. Ironie du sort, c'est Allende lui-même qui avait nommé le général à la tête des armées,
trois mois avant. Le président ne voyait en lui qu'un militaire un peu rustaud en qui il pouvait avoir confiance. Terrible erreur...
Officiellement, le régime de Pinochet a fait plus de 3.000 victimes, et neuf fois plus de torturés. Mais c'est sans doute le seul dictateur au monde à avoir préparé la transition
démocratique après avoir perdu un référendum, et avoir quitté le pouvoir après avoir organisé une élection présidentielle démocratique. Malgré tout, l'homme qui affirmait que "la moindre feuille d'arbre qui bouge au Chili, je le sais" a continué d'être craint des Chiliens jusqu'en 1998. Ce n'est en effet qu'à cette date qu'il a cessé d'être
commandant en chef des armées.
Pour ceux qui n'auraient pas tout suivi, Augustin Pinochet est mort en décembre 2006, laissant le peuple Chilien divisé. Nombreux sont ceux qui,
encore aujourd'hui, louent l'homme qui les a "libéré du communisme", a remis de l'ordre dans le pays et développé l'économie. Bon, oui, c'est vrai, il a commis des exactions, mais... c'est comme
ça. J'en avais parlé un peu à l'occasion de sa mort...
Je ne suis pas au Chili aujourd'hui, mais je suppose que les médias vont parler de cette date d'anniversaire. Et je me demande bien quel ton
il vont adopter, maintenant que le général est mort. Si quelqu'un pouvait me renseigner... En attendant, je vous invite à lire l'article de Wikipedia sur le sujet, je le trouve assez bien fait, notamment sur le rôle qu'ont joué les Etats-Unis pour faire tomber le régime socialiste d'Allende.
Bon je crois que j'ai assez critiqué la France dans mes derniers articles, que j'ai été assez négatif comme ça. On va changer un peu de ton dans les jours qui viennent, c'est promis. Et même que je ne vais pas vous parler du 11 septembre, tiens! Je vais à nouveau publier des photos, et des choses plus légères. Ca changera. En attendant, portez-vous bien!
Voici ce qui avait occasionné, entre autres, ma colère d'hier; Je suis allé
voir récemment, quand Caro était avec moi en France, "2 days in Paris", de et avec Julie Delpy. Une petite comédie romantique à la Woody Allen, qui
joue sue le déracinement et le choc des cultures états-unienne et française. Et tous les deux avons bien aimé ce film, notamment pour le regard acéré qu'il porte sur les Français, et aussi, dans
une moindre mesure, sur les Américains.
Mais voilà, en surfant sur des forums qui parlent du film, je me suis rendu compte que les avis sont très contrastés, entre ceux qui s'insurgent qu'une Française expatriée depuis quinze ans
puisse juger avec autant de coups de griffes la société parisienne, et ceux qui trouvent, après tout, que ces critiques sont bienvenues et bien vues.
J'aurais tendance à dire que d'un côté, il y a les Français arrogants imbus d'eux-mêmes qui ne mettent jamais un orteil hors de l'Hexagone (sauf pour partir en vacances au Club Merde); et de
l'autre, ceux qui, plus humbles, plus éclairés, ont une vision plus ouverte, sans doute parce qu'ils connaissent d'autres pays, d'autres cultures.
Bon c'est un peu caricatural ce que je dis, mais j'ai envie de vousconvaincre. Voilà un extrait de critique assez assassine sur le film:
"Entre autobiographie, petits désordres amoureux woodyallenisés et portrait vitriolé et cliché de notre beau pays tout vire à une caricature
systématique et limite condescendante (...) Elle n’hésite pas à poser d’emblée un regard profondément caricatural sur la France. C’est le principe, 2 Days in Paris se veut entre autres
un portrait grossier, voire outrancier, presque délirant de tout ce qui nous rend si différents des Américains. La France de 2 Days in Paris est donc un festival de clichés qui ne
cessent de se succéder sans demi-mesure. Chaque personnage est un obsédé du cul, tous les taxis parisiens sont des cons finis, des types super lourds qui vous draguent, des fachos racistes à mort
(...). Tous les proches de Delpy sont des artistes à deux balles, genre poète balourd ou plasticien débile, ou des demeurés (...). Personne n’est capable ou presque d’articuler deux mots
d’anglais, le marché c’est l’abattoir, notre connexion Internet date du 56k, les bourgeois sont des néo-colonialistes pédophiles en puissance et bien sûr l’hygiène laisse à désirer. Bref, Paris
c’est l’enfer."
D'abord, il faut être borné pour ne pas se rendre compte que les caricatures sont volontairement exagérées. Et diablement fermé et susceptible pour ne pas (vouloir) voir ce qu'elles critiquent.
Car tout cliché est fondé sur une part de vérité, et il faut parfois exagérer cette vérité pour la rendre bien visible. C'est ce que fait Julie
Delpy. Et elle a bien raison. Je reconnais que cette histoire de "bourgeois néo-colonialiste pédophile" est assez maladroite dans le film, et les personnages chauffeurs de taxis
et d'artistes demeurés un peu trop exagérés. Mais pour le reste, c'est très drôle et finement observé. Et pour les anglophones, c'est un
régal de comprendre les subtilités, les jeux de mots et les quiproquos.
Bref, si vous voulez vous faire une opinion, allez le voir (s'il passe encore quelque part) ou attendez le DVD, vous me direz ce que vous en pensez.
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