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Lundi 3 septembre 2007 1 03 /09 /Sep /2007 23:57
Ils tourmentent ma mémoire
Ces souvenirs familiers
Je revois les journées noires
Lorsque j'étais écolier
Un calvaire que cette école
C’était un chemin de croix
Des violences sans paroles
Car j’étais d’une autre foi

 

 

Dure France
Noir pays de mon enfance
Percée de tellement d’offenses
Que j’ai gardées dans mon cœur!
Mon village
De HLM-sarcophages
Où les enfants de mon âge
Ont partagé mon malheur
Oui je te hais
Tout entier tu m’as déchiré
Oui je te hais
Dans la peur ou la douleur
Dure France
Noir pays de mon enfance
Percée d’horribles souffrances
Que j’ai gardées dans mon cœur!

 

Je n'ai eu pour paysages
Que des nuages ombrageux
Au cours de profonds drogages
Oublier ces tristes cieux
Mais je n’ai pu m’en défaire
Du ciel gris mon horizon
Ma grande barre ma souricière
Mon ghetto et ma prison.

***

Ce texte-là m'est venu subitement, alors que je me demandais ce que cela faisait d'être immigré, déraciné, pauvre et sans repères dans la jungle périurbaine. J'ai dû penser insconsciemment à Rachid Taha et Carte de séjour. Ci-dessous, le texte de la chanson originale de Trenet.

***

Il revient à ma mémoire
Des souvenirs familiers
Je revois ma blouse noire
Lorsque j'étais écolier
Sur le chemin de l'école
Je chantais à pleine voix
Des romances sans paroles
Vieilles chansons d'autrefois

 

Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t'ai gardée dans mon cœur!
Mon village
Au clocher aux maisons sages
Où les enfants de mon âge
Ont partagé mon bonheur
Oui je t'aime
Et je te donne ce poème
Oui je t'aime
Dans la joie ou la douleur
Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t'ai gardée dans mon cœur

 

J'ai connu des paysages
Et des soleils merveilleux
Au cours de lointains voyages
Tout là-bas sous d'autres cieux
Mais combien je leur préfère
Mon ciel bleu mon horizon
Ma grande route et ma rivière
Ma prairie et ma maison.
Par @tom - Publié dans : La France vue d'ailleurs
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Samedi 1 septembre 2007 6 01 /09 /Sep /2007 23:26
Aujourd'hui 1er septembre, ça sent la rentrée. C'est toujours un peu déprimant, le 1er septembre, non? Psychologiquement, ça sonne la fin de l'été, du farniente, et la reprise des emmerdements. Mais cette fois, pas tant que ça (en tout cas pour moi): j'ai fini mon contrat hier et je suis bien content d'être de nouveau en vacances. Je vais de nouveau avoir du temps pour ce blog, et dans quinze jours, je serai de retour au Chili! Passons, ce n'est pas le plus intéressant. Ca vient, ça vient!


Cela fait deux mois que je suis en France, et je dois vous dire que j'ai trouvé le pays en moins bel état que quand je l'avais quitté, en septembre 2006. D'abord, il y a cette ambiance parfois bizarre dans les soirées, quand on se met à parler politique. Les échanges sont beaucoup plus vifs, plus passionnés, les discussions beaucoup plus houleuses qu'avant. L'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir a rendu les Français plus agressifs, je trouve. Moi-même je me suis fait récemment prendre à parti dans la rue, un soir, pour une raison que j'ignore.

Et puis il y a cette façon qu'a notre nouveau président de s'accaparer les médias. Et de mettre sa Cécilia en avant. Il voudrait tellement ressembler au couple Kennedy, voire aux Clinton - ah non, mince, cette fois c'est l'homme qui s'est fait cocufier! Il y a tellement de battage médiatique autour de lui que même les critiques sont bonnes à prendre, pourvu que ça fasse parler de notre Iznogoud devenu calife à la place du calife. Et pourquoi accepte-t-il les critiques? Parce que ça permet de dire: "vous voyez bien qu'on ne musèle pas la presse: on la laisse critiquer". Le livre de Yasmina Reza est, parait-il, assez sanglant, mais il ne va sans doute convaincre que les convaincus. Et il suffit d'aller de jeter un oeil aux têtes de rayon des librairies pour se rendre compte que la grande majorité des ouvrages sur Nicolas Sarkozy sont positif pour lui. Et tant que les critiques sont moins nombreuses que les louanges, tout va bien pour le chef de l'Etat d'urgence.

L'Etat d'urgence, il ne l'a certes pas décrété, mais je crois que ça lui plait bien à notre Iznogoud devenu calife. J'ai la sensation que depuis qu'il est arrivé au pouvoir, il aime à donner un tour dramatique, parfois palpitant aux événements. Ca se voit à la télé, avec la place démesurée accordée aux faits divers, mais aussi la multiplication des émissions de soi-disant reportage qui suivent complaisamment les policiers, caméra à l'épaule. Quand j'ai quitté la France, on ne voyait ça que sur TF1, maintenant, c'est sur toutes les chaînes! Ajoutez à cela l'abondance de séries policières, et vous comprendez pourquoi je trouve que la télé française a petit un air d'organe de propagande du ministère de l'Intérieur. Notre Iznogoud, j'en suis persuadé, aime à tenir son peuple en haleine, mais une haleine craintive, inquiète. C'est le même stratagème qu'avait utilisé l'administration Bush pour maintenir son pays en état d'alerte. Et faire passer un train de lois sur la sécurité intérieure parfois liberticides. Mais c'était pour rassurer les inquiétudes du bon peuple...

Ce que je dis là, c'est une impression que j'ai, elle vaut ce qu'elle vaut. Sauf que c'est quand même inquiétant que j'ai cette impression-là alors que c'est la fin de l'été, qu'il ne se passe pas grand-chose sur le plan politique.  Je pense vraiment que les tensions vont monter avec la rentrée. On verra...
Par @tom - Publié dans : La France vue d'ailleurs
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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /Août /2007 22:32
J'ai été malade comme un chien il y a trois jours, et ça va pas encore très bien. Je sais, c'est sympa comme entrée en matière. Je préférerais une sortie de matière, moi!

Caro est repartie pour le Chili hier soir. Et moi, j'ai changé mon billet pour rentrer le 16 septembre.

J'avais déjà rencontré Bertrand à Valparaiso. Hier soir, j'ai rencontré ma deuxième amie de blog, Caco, et j'en suis ravi. Heureusement d'ailleurs qu'elle était là, sinon j'aurais un peu déprimé tout seul après avoir laissé Caro à l'aéroport.

J'ai refusé aujourd'hui un contrat avec Sud-Ouest en septembre parce que j'ai mieux à faire au Chili. J'aime bien ce journal, mais ce qui m'appelle en Amérique du sud est plus important. Même si je dois en revenir peu de temps après, même si Sud-Ouest me le fait payer en ne faisant plus appel à moi, tant pis! Je ne veux rien regretter. Mais aujourd'hui, c'était quand même un peu la soupe à la grimace au boulot.

Demain, c'est la messe de l'Assomption, et les églises sont vides. On peut bien prier à la plage, non? Quoi la luxure? Comment la paresse? Oh zut, c'est les vacances pour le boulot, ça peut bien être les vacances pour la religion, non? (Je précise une nouvelle fois que je ne me revendique d'aucune religion, au cas où je me prendrais des insultes...)

Finis les réductions SNCF, les réductions jeunes, les avantages, le classement dans la catégorie "jeunes" pour les sondages! Dans deux jours, j'ai 26 ans. Et merde!

Tiens, je viens de me rendre compte que c'est l'article n°200 de ce blog. Le temps passe vite! C'est moi qui ai écrit tout ça???

Bon, je vais arrêter de faire des listes en vrac comme ça, ça me réussit pas. Je laisse ça à Vicky, Nina et Pot-de-fleur. A très bientôt, je ne vais pas m'arrêter de bloguer , même si j'en ai parfois l'envie!
Par @tom - Publié dans : Vie du blog (et du blogueur)
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Jeudi 9 août 2007 4 09 /08 /Août /2007 21:39
Il y a des jours parfois où j'ai envie d'arrêter ce blog. Oui, je sais, c'est un peu contradictoire par rapport à ce que j'ai écrit , mais il y a des jours où je me sens lassé. J'aime écrire, mais des fois je suis un peu découragé. Voir les visites qui chutent quand je suis un peu moins présent, ça me fait de la peine, parce que mine de rien je m'y investis, dans ce blog. Des fois je me dis que j'écris dans le vide, que si j'étais vraiment intéressant il tournerait beaucoup plus, ce blog. Et puis d'autres fois, au contraire, je suis tout enthousiaste à l'idée de ce que je vais vous raconter dans mon prochain article, à l'idée de savoir que je fais plaisir à quelqu'un en publiant de belles photos...

Je ne vais pas m'arrêter demain, non non non. Mais le point positif, c'est que je me suis rendu compte que je peux très bien vivre sans le blog: je suis mon addicted que je le croyais. Alors je me dis: autant consacrer ton temps à autre chose de plus constructif, à d'autres personnes. Mais voilà, les contacts que j'ai tissés sur la toile sont riches (je trouve), ce serait bête de gâcher ça. Alors peut-être devrais-je simplement trouver le juste milieu. Ne pas délaisser ce blog, mais lui accorder moins de temps et d'importance.

Si vous êtes allé jusque-là, c'est soit que vous avez vécu la même chose, soit que vous avez vraiment du temps à tuer. Mauvaise idée: c'est le temps qui vous tue, et pas l'inverse!

A très très bientôt!
Par @tom - Publié dans : Vie du blog (et du blogueur)
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Lundi 6 août 2007 1 06 /08 /Août /2007 18:45
Il y avait déjà les péages automatiques sur les autoroutes, les stations-service automatiques avec leurs irritantes voix électroniques (c'est très agaçant de se trouver sur une place déserte en pleine nuit, dans des lieux pas toujours très sûr, à prendre de l'essence, et d'avoir cette voix réglée pour les sourds du pot d'échappement qui résonne dans la station: "Vous pouvez composer votre code". Super pour passer inaperçu!) Mais je viens de découvrir pire: les caissières automatiques au supermarché: vous passez vous-mêmes les codes-barres de vos articles sur la bande infra-rouge, et c'est fait!

Dans la supérette que je fréquente désormais à Bordeaux (oui, pour ceux qui n'ont pas suivi, je suis en France jusqu'à fin septembre), sur les six caisses, quatre sont désormais automatiques. Il n'y a plus que deux caissières "humaines". Bientôt, les seuls individus de chair et d'os qui resteront là, ce sont les vigiles de la sécurité, leurs gros bras et leur mine patibulaire. Ca ne remplacera jamais une caissière. Même la vieille moche lente et désagréable qui marmonne à peine bonjour entre ses dents. Parce que le vigile, lui, quand il parle, c'est pas pour vous dire bonjour.

Alors je crie stop! halte à la déshumanisation! Je pense à tous ces gens qui n'ont pas de vie sociale, pour lesquels un bonjour et un sourire de caissière est déjà beaucoup. Je pense à toutes les personnes âgées qui ne parviennent pas (et ne veulent pas, d'ailleurs) se familiariser avec les nouvelles technologiques et tous ces machins électroniques qui sont pas de leur époque. Je pense, surtout, à tous ces gens qui, remplacés par des machines, vont aller pointer à l'ANPE.

Oh certes ce n'est pas nouveau. Il y a bien longtemps déjà que les machines ont été les fossoyeurs du poinçonneur des Lilas, et de tant d'autres. Mais cette fois, il y a une dimension supplémentaire: la disparition progressive des rapports humains dans notre vie quotidienne. Déjà, les rapports virtuels (SMS, chats, forums sur Internet... enfin là je ne vous apprend rien) ont un peu pris le pas sur l'humain. Mais si en plus on robotise absolument tout... Comme si l'on voulait nous forger une société déshumanisée, où les hommes seraient de moins en moins enclins à se retrouver entre eux, et par extension deviendraient peu à peu incapables de se fédérer, de se rassembler, laissant les mains libres à des dirigeants pas toujours scrupuleux.

Alors oui, certes, les machines vont plus vite que l'homme. Alors c'est tentant (surtout les stations-services automatiques où le carburant est moins cher!). Mais quand vous n'êtes pas pressés (si si ça arrive!), s'il-vous-plaît, prenez le temps de faire la queue à la caisse "humaine". C'est un petit effort, et un acte civique. Merci.
Par @tom - Publié dans : La France vue d'ailleurs
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