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La France vue d'ailleurs

Mardi 5 décembre 2006 2 05 /12 /2006 21:31
Vu de loin, la campagne présidentielle en France, c'est assez risible! J'ai l'impression de prendre un bol d'air pur!

Quand je pense que depuis la rentrée 2005, presque tous les jours, les médias français nous bassinent avec les tractations sur la campagne internet du PS, ou sur le duel Villepin-Sarko, maintenant sur le duel attendu Ségo-Sarko? Tout ça c'est de la cuisine politique, ça fait pas avancer le pays pour un sou, et à force ça ennuie quand même pas mal de gens. Le pire, c'est que dans le même temps, ça occulte de vrais sujets intéressants. Mais non, plutôt que de parler de telle nouvelle loi, on préfère s'étendre en conjectures sur les candidats, leurs présupposées chances de réussite, les sondages... et toutes sortes de spéculations stériles.

Dans un autre genre, Raffarin était passé maître dans l'art de détourner l'attention des médias (par exemple sur Di Mattei pendant la canicule de 2004, ou sur Donnedieu de Vabres, RDDV pour les intimes, pendant la crise des intermittents du spectacle) pour faire passer en catimini des lois et réglements bien libéraux qui auraient soulevé la réprobation populaire (bon là j'ai plus d'exemple en tête, mais c'est un fait avéré)

Au fond, ces spéculations, c'est des cancans, c'est pas très différent des discussions de machine à café au bureau, à la pause: ça tourne souvent autour de la probable mutation d'un tel, de la promotion attendue d'un autre... qu'est-ce qu'elles doivent s'emmerder ces pauvres machines à café à entendre toujours les mêmes litanies! La différence c'est que ces discussions-là elles sortent pas de l'entreprise, elles vont s'étaler dans les médias en long, en large, en travers et en profondeur (quoique la profondeur des propos, des fois, faut la chercher?)

Finalement, la façon de parler de la politique aujourd'hui n'est pas très différente de la façon de parler des stars, des people: ce qui compte le plus, ce n'est pas le nouveau film d'Angelina Jolie, c'est son mariage avec Brad Pitt. En politique, ce qui intéresse les gens finalement, c'est de voir comment le couple Hollande-Royal va survivre aux élections et aux pressions. Et pendant ce temps-là la France décline économiquement, les banlieues continuent de s'enflammer et les usines continuent de polluer. Heureusement madame Chirac et ses pièces jaunes nous mettent un peu de baume au coeur, tout va bien!

Tout ça m'ennuie tellement rien que d'y penser que je vais m'arrêter là.
Par thomas hawk - Publié dans : La France vue d'ailleurs
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Mardi 28 novembre 2006 2 28 /11 /2006 23:53
Après avoir vécu cinq mois en Allemagne, où j'ai rencontré des Américains, Belges, Tchèques, Polonais, Russes, Italiens, Néerlandais, Irlandais, Espagnols... et après avoir passé plusieurs mois au Chili, je commence à avoir une vision assez précise du portrait-type du Français vu par un étranger.

Amélie Poulain nous a fait beaucoup de tort. Alors que le cliché du Français au béret et à la baguette de pain sous le bras qui boit du rouge au son de l'accordéon semblait avoir du plomb dans l'aile, cette bécasse s'en est emparée et en a fait la promotion dans les cinés du monde entier. (quand je suis allé aux States, en 97, on m'a demandé entre autres si je savais ce que c'était qu'un micro-ondes, s'il y avait des ordinateurs en France, si j'avais la télé, ou encore si il y avait d'autres voitures que la Deuche!!!) Mais les gens un peu éclairés savent que tout ça c'est des vieux clichés.


En revanche, nous autre Français avons une réputation qui nous colle à la peau comme de la vieille crasse desséchée: on a la réputation d'être sale, et de pas se laver tous les jours. Effectivement on croise des gens sales et qui puent tous les jours, mais pas plus qu'ailleurs. Mais cette réputation est entretenue par deux choses: les crottes de chien dans les rues, et le métro parisien et ses odeurs souvent infectes. Or c'est quand même une vitrine de la France, quasiment la première chose que voient les touristes étrangers, souvent. Alors qu'au Chili par exemple, le métro (français) de Santiago est tout beau tout neuf tout propre, et même bondé, ça sent pas mauvais à l'intérieur...


Je passe sur la réputation de french lover parce que ça colle pas avec le fait qu'on pue. Et puis aussi parce que personnellement je crois pas en être un, et aussi parce que c'est plus difficile d'apprécier si c'est une réputation méritée ou non (après tout je me suis jamais fait séduire par un french lover, moi...). En revanche le fameux french kiss, ça marche du tonnerre!



C'est-y pas une belle image d'Epinal c'te dessin-là un peu, hein? Manque plus que  le gros rouge dans la poche! Alors on dit merci qui?  Merci Amélie Pouliche!


Ce qui me paraît amusant c'est de confronter les points de vue: pour les Espagnols, les Italiens et les Sud-Américains, nous sommes plutôt froids et distants; pour les Tchèques, Russes et Polonais (en tout cas ceux que j'ai rencontrés), nous somme trop décomplexés; les Allemands trouvent qu'on cherche trop à être brillant et qu'on emberlificote les choses alors qu'il serait plus simple d'être clair et d'aller droit au but; les Hollandais trouvent qu'on est nuls en langues étrangères; et pour les Belges, nous sommes trop... français!Plus généralement, beaucoup nous trouvent très prétentieux.


Avec le recul, en essayant d'être objectif, je dirais que nous ne sommes pas trop froids, mais qu'on sait mettre de la distance, souvent pour de mauvaises raisons, comme montrer qu'on est supérieur. C'est vrai qu'on aime briller, qu'on est prétentieux: vous comprenez, la France, pays des Lumières, des Droits de l'Homme, de l'exception culturelle... Je crois que ça vient de ce temps-là, de l'époque des Lumières, ce XVIIIe siècle où Paris était fameux pour ses salons littéraires et philosophiques. Depuis, les Français n'ont pas cessé de se la péter. D'où la réputation de sentir mauvais.

C'est aussi pour ça qu'on est nul en langues. Le Français moyen est fier de sa langue, de la Francophonie (le français est langue officielle des JO, faut pas oublier!) et puis il aime pas trop les Ricains ni les Anglais ni les Allemands. Na! Et comme dit mon copain Hervé de Bruxelles, le Français moyen « ne parle que français et croit parler d'autres langues mais en fait il n'en connait qu'une: Il ne suffit pas de mettre des "o" à la fin des mot français pour parler italien et des "os" pour parler espagnol ».

Je laisse le dernier mot à Hervé:
« Les Français prennent les Belges pour leurs petits voisins du nord, alors que nous on les prend pour les grands couillons du sud! » Et vive la Belgique!
Par thomas hawk - Publié dans : La France vue d'ailleurs
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Dimanche 12 novembre 2006 7 12 /11 /2006 22:31

C’était hier le 11 novembre. La France compte ses Poilus. Leur doyen a disparu il y a quelques jours, ça nous fait une belle jambe (sans poils). Ca nous fait une belle jambe parce que les anciens combattants, y’a pas grand monde qui s’en soucie. On a beau nous ressasser qu’on a le devoir de mémoire, qu’on n’a pas le droit d’oublier, afin d’éviter que les horreurs de la guerre se répètent, la majorité des Français de moins de 70 ans s’en foutent (moi y compris). Pourquoi? Parce que c’est du passé, et que le passé ne nous atteint que si l’on est directement concerné. La preuve: ici, au Chili, les médias n’ont pas parlé du 11 novembre à ma connaissance. C’est vrai après tout: c’est peut-être censé concerné l’Humanité entière, mais le Chili en particulier, qu’est-ce qu’il a à y voir avec la Première Guerre mondiale, hmmm?

Donc le 11 novembre, les Français s’en foutraient royalement si ce n’était pas un jour férié. A l'exception notable des habitants du nord
et du nord-est de la France, là où l’Occupation allemande s’est faite le plus sentir, là où ont eu lieu les plus grandes batailles des deux guerres mondiales. En tant que journaliste j’ai assisté à plusieurs cérémonies militaires, la plupart dans ma région des Charentes. En général ça ne déplace pas les foules et ça a souvent un air de réunion solennelle et lugubre du club 3° âge.

En 2004, j’ai travaillé deux mois dans l’Oise, et en si peu de temps j’ai assisté à quatre ou cinq commémorations. Il faut dire que le département a été le théâtre de nombreuses batailles durant les deux guerres, notamment la Bataille de l’Atlantique, le plus vaste assaut aérien de la Seconde Guerre. C’est surtout dans l’Oise qu’a été signée l’Armistice de la Première Guerre (rappelez-vous les cours d’Histoire, le 11/11 à 11h à Rethondes). Et en 1944-45, presque tous les villages du département ont connu leur lot d’exécutions sommaires et arbitraires, «cadeau d’adieu» des Allemands en déroute. Et de temps à autres on retrouve encore des restes d’avion ou d’obus.



Bref, l’Oise a un vécu que n’a pas la Charente, et ici, les commémorations prennent une toute autre valeur. Dans certains villages tout le monde participe, toutes les générations se réunissent et chantent ensemble la Marseillaise. Moi qui ne suis ni amateur de l’armée ni spécialement patriote, je me suis surpris à fredonner la Marseillaise moi aussi, et à ne plus voir ces cérémonies avec le cynisme que j’affichais habituellement. J’imagine que quand on vit dans cet endroit où l’Histoire, le passé est aussi présent, on peut difficilement être anti-militariste. On souhaite la guerre sans doute encore moins que les autres, mais on souhaite aussi une armée forte pour éviter que l’Histoire se répète.

Alors en ce 11 novembre, j’ai pensé aux oubliés: les enfants d’immigrés, auxquels on enseigne la Première Guerre mondiale sans dire un mot de la légion étrangère (plus généralement auxquels on enseigne l’Histoire de France sans jamais parler des anciennes colonies – rappelez-vous la polémique sur le soi-disant «rôle positif» de la colonisation); je pense aux harkis aussi, ardents serviteurs non reconnus d’une Nation qui n’était même pas la leur. Et je pense à mon grand-père, ancien combattant et déporté, avec qui je n’ai jamais pris la peine de parler de ces épreuves. Aujourd’hui c’est trop tard, et je le regrette. C’était mon devoir de mémoire à moi. Je ne l’ai pas respecté. Heureusement qu’on ne fusille plus pour insubordination!

Par thomas hawk - Publié dans : La France vue d'ailleurs
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Mardi 7 novembre 2006 2 07 /11 /2006 18:12

L’art appartient à tous, l’art appartient à la rue. Enfermer l’art dans des théâtres, le réserver de facto à une élite, c’est lui couper les ailes, restreindre son public, et surtout lui ôter l’une de ses fonctions principales: la faculté de rassembler les foules, de provoquer la conscience, de révolter. Les élites ont peur de ce pouvoir-là, c’est pourquoi elles font tout pour institutionnaliser lart, le cloisonner, lui faire perdre de sa verve, de son fermet de rébellion.

Depuis la préhistoire l’art vient du peuple. Ca a toujours été l’expression du peuple, de tous. Il doit redevenir une expression populaire, un cinquième pouvoir. Pour cela il doit être accessible à tous, donc gratuit pour tous. L’art doit sortir des musées et des théâtres. En organisant des spectacles dans la rue, concert ou autres (comme ça se fait en Espagne, par exemple), on attire un public de tous horizons, notamment des gens pour qui la culture se limite à ce qu’ils voient à la télé. Il faut exposer dans la rue, jouer dans la rue, dans les établissements scolaires…

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Par exemple, ce spectacle de danse d'une compagnie espagnole a été joué gratuitement sur la place principale de Cognac, lors du festival Coup de chauffe, en 2005. Une manière idéale d'attirer un nouveau public vers la danse contemporaine, trop élitiste et confidentielle aujourd'hui en France.

Il faut donc que le ministère de la culture arrête de subventionner à tous de bras des manifestations élitistes et clinquantes, cesse de construire des espaces muséographiques hautains et froids. Il faut repenser tout le système de financement de la culture en France. Il faut aider les festivals d’arts de la rue, il faut aider les artistes qui s’adressent à tous et non à quelques connaisseurs avisés, sans les discriminer pour raisons politiques. On pourrait faire tellement plus en utilisant mieux l’argent public!

Par thomas hawk - Publié dans : La France vue d'ailleurs
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Lundi 6 novembre 2006 1 06 /11 /2006 23:32

Il ne faut pas critiquer les gens qui font semblant de travailler 35 heures par semaine. Même ceux qui embauchent à 9h15 au lieu de 9h et partent à 16h53 au lieu de 17h. Même ceux qui font attendre les clients au guichet pour cause de commérage ultra-important. Même les grévistes récurrents qui cessent le travail pour n’importe quelle prétexte. Même les arrêtés maladie chroniques spécialistes du faux certificat médical et de la flemmingite. Vaut mieux les payer à glander derrière un bureau que leur verser des aides sociales tandis qu’ils se vautrent dans le sofa devant la télé, une bière à la main.

Je sais, c’est pas juste envers les petits jeunes motivés et efficaces qui trouvent pas de boulot, il vaudrait mieux virer tous ces boulets pour leur donner la place. Mais les motivés et compétents finiront bien par trouver, et d’autre part, quand on vire quelqu’un, surtout un boulet, on ne le remplace pas forcément. Donc ce serait pas bon pour les chiffres du chômage, surtout qu’un boulet est difficile à recycler.


A lire: ce bouquin de Corinne Maier, employée d'EDF, qui donne toutes les ficelles pour glander au bureau sans se faire attraper. Amusant. Et pour certaines personnes qui croulent sous le boulot, un ouvrage de salut public!


Il faut donc être patient avec tous ces gens qui travaillent les doigts de pied en éventail et les laisser tranquilles. Je dirais même plus: Il est nécessaire que les fonctionnaires glandent dans le dos de leurs chefs et fassent attendre les gens aux guichets. Comme ça ils peuvent prétendre facilement ne pas être assez nombreux pour faire le boulot, et avec un peu de chance, les effectifs seront revus à la hausse, au pire, ils resteront stables.

En résumé, dans certains cas, pour éviter de faire grimper les chiffres du chômage, mieux vaut glander.

Par thomas hawk - Publié dans : La France vue d'ailleurs
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