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Sauver la planète

Jeudi 19 avril 2007 4 19 /04 /Avr /2007 22:24
Corruption, pollution et gros sous

Dans l’Uttar Pradesh, l’une des régions les plus pauvres de l’Inde, 400 villages sont pollués par les rejets de déchets industriels. La rivière Hindon est tellement infestée qu’elle n’abrite plus aucune forme de vie, et les habitants, malades, dépensent plus en médicaments qu’en nourriture pour soigner allergies, tuberculoses, cancers... Les industries responsables sont toutes équipées d’une unité de traitement des eaux usées, obligatoire pour pouvoir exploiter, mais elles ne les utilisent jamais et rejettent leurs déchets en toute impunité dans la rivière. Les policiers, les politiques ferment les yeux, et pire, ils empêchent tout réunion d’information entre riverains pour discuter du problème. Corruption quand tu nous tiens...

Et ce n’est bien sûr pas un cas isolé: des centaines de rivières indiennes sont ainsi polluées. Les plus cyniques diront que c’est une manière comme une autre de réguler le boom démographique dans le pays.

Regardez la couleur de cette eau! Et c'est dans ces rivières et nappes phréatiques polluées que des millions d'Indiens puisent chaque jour


Mais il n’y a pas que dans les régions du Tiers-monde que ce genre de problème existe. Exemple:

Des réacteurs nucléaires non contrôlés pendant sept mois, un autre qui a émis pendant plus de trois ans une radioactivité supérieure à ce qu’indiquaient les analyses officielles, des filtres qui fuient, des prélèvements jamais analysés... non, tout ceci ne se passe pas aux fins-fonds de la Sibérie ou dans l'Ukraine tchernobylienne, mais dans l’un des pays les plus sensibilisés à la protection de l’environnement, la Suède. A l’heure où le nucléaire revient sur le devant de la scène comme énergie propre de demain (par rapport au pétrole ou au charbon), il y a de quoi s’inquiéter.

Je trouve un article sur le sujet le site de Libé, et (coïncidence?) deux articles au-dessus, un article sur le G7 qui, pour la première fois de son histoire, a plébiscité unanimement l'énergie nucléaire ce week-end pour assurer la «sécurité énergétique» et «faire face au changement climatique». C’est Thierry Breton, notre ministre des Finances, qui a fait le forcing pour convaincre les six autres pays que le nucléaire est une énergie verte qui peut contribuer à diminuer les gaz à effets de serre, dit-il.

C’est surtout, pour le groupe français Areva, la perspective d’un marché juteux aux Etats-Unis, en Chine et en Inde. Ca laisse augurer de ce que ferait un gouvernement de droite en matière d'écologie.
Alors que l’on pourrait développer l’énergie éolienne, hydraulique, solaire, la géothermie, les biomasses... et vous trouvez que j’exagère quand je dis que l’économie prend le pas sur l’écologie?

Par @tom - Publié dans : Sauver la planète
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Mardi 10 avril 2007 2 10 /04 /Avr /2007 16:26
Ne pas attendre le consensus

A force de naviguer sur les sites et blogues liés à l'écologie (et notamment sur le site de Libération), je me suis rendu compte que le consensus scientifique est remis en question par de nombreux internautes, dont certains apparemment très qualifiés dans le domaine de la climatologie. Selon eux, par exemple, le CO2 ne serait pas le principal responsable du réchauffement climatique, loin de là, et d'autres gaz comme la vapeur d'eau seraient bien plus nocifs concernant l'effet de serre. Selon eux, les modèles utilisés par les météorologues ne seraient pas viables...

Alors admettons. Admettons qu'il y ait manipulation, et que l'on cherche à étouffer les voix contradictrices qui s'élèvent. J'en doute fort, et n'en ai pas la preuve, mais c'est possible. Admettons, donc, qu'on n'ait pas de preuve formelle que le CO2 soit responsable de tous ces maux. Admettons que de toutes façons, même si l'on réduisait fortement les émissions, le gaz resterait plusieurs années dans l'atmosphère, et donc le réchauffement se poursuivrait.

Admettons, donc, qu'il n'y ait RIEN à faire pour empêcher l'inéluctable. Faut-il alors faire comme si de rien n'était et continuer à polluer? Faut-il, au prétexte que l'on ne soit pas sûr à 100% de l'origine de ces maux, ne rien faire et continuer d'attendre (et de polluer) jusqu'à obtenir la preuve irréfutable que l'on avait raison (ou tort)? Faut-il attendre qu'il soit trop tard? Une chose est sûre: même si le CO2 n'était pas le responsable principal du réchauffement clomatique, il est acquis que diminuer les émissions gazeuses ne peut être que bénéfique pour la planète.

Alors je dis: profitons de la mouvance actuelle, de cette prise de conscience mondiale qu'il faut protéger l'environnement. Ne laissons pas des voix discordantes apporter de l'eau au moulin des écolo-spectiques, et faire faire machine arrière aux décideurs. La théorie dominante n'a peut-être pas raison lorsqu'elle dit qu'il faut limiter les émissions de CO2, et donc la consommation d'énergies fossiles, pour limiter le réchauffement climatique. Mais pour le bien de la planète en général, cette théorie est la bonne. Alors faisons fi des contradicteurs metteurs de bâtons dans les roues, et continuons les efforts pour l'environnement.
Par @tom - Publié dans : Sauver la planète
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Lundi 9 avril 2007 1 09 /04 /Avr /2007 15:02
Avancées écologiques
et douches froides

Lundi 9 avril, deuxième jour de pluie de l'année à Quilpué. L'automne devrait donc arriver, pourtant hier encore il faisait 30 degrés à Santiago. Pour la pluie, j'étais content. Pour les températures, c'était plutôt
la douche froide!

Et pourtant vendredi j'étais tout content, je venais d'apprendre que le rapport du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) venait d'être publié. Cela voulait dire que tous ces experts de l'ONU, mandatés par leurs gouvernements, étaient tombés d'accord. Enfin! En plus, lundi dernier aux Etats-Unis, la Court suprême a enfin officiellement admis que le dioxyde de carbone est un gaz polluant pour l'atmosphère. Il en aura fallu du temps! Ca me fait penser au Vatican qui a admis il y a cinq ans seulement que la Terre est bien ronde!

Mais en réalité, douche froide: les experts du Giec ont dû faire pas mal de concessions. Par exemple, les Etats-Unis ont fait supprimer du texte final un paragraphe disant en gros que le changement climatique risquait d'avoir d'importantes conséquences sur l'économie et le mode de vie nord-américains. Déjà, pour valider le premier volet du rapport déposé devant l'Unesco en février, il avait fallu batailler ferme face à l'aveuglement des grand pollueurs.

L'Union européenne, elle, a voté le mois dernier une série de mesures visant notamment à augmenter la part des énergies renouvelables, et à réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 (par rapport à 1990). Content moi! Cela dit, c'est bien joli tout ça, mais entre les belles résolution type protocole de Kyoto et les actions, il y a un fossé large comme le trou dans la couche d'ozone. Donc si pas d'action, nouvelle douche froide.



Le méthane de Damoclès

La semaine dernière, j'étais content d'apprendre que le Japon vient de découvrir un vaste gisement d'hydrate de méthane dans une fosse marine de l'océan Pacifique. Tellement vaste qu’il pourrait produire l'équivalent de 14 ans de consommation énergétique du pays. Ca tombe bien: le Japon manque de ressources, et l’hydrate de méthane peut se substituer au pétrole, notamment.

Mais aïe! douche froide: l'exploitation d'hydrate de méthane pourrait poser de sérieux problèmes en matière d'effet de serre. D’une part, sa combustion émet du CO2. D’autre part, si l’on exploitait ce gisement, de grandes quantités de méthane remonteraient dans l'atmosphère, or le méthane est un gaz à effet de serre bien plus nocif que le CO2.

On pourrait se dire qu’encore une fois, les fins économiques prennent le pas sur l’écologie, puisque le Japon compte commencer ses essais d'exploitation d'hydrate de méthane en 2009 et espère pouvoir utiliser cette exploitation commercialement en 2017. Mais c’est plus complexe que ça: avec le réchauffement climatique, la température des fonds marins a commencé à s’élever. Or cela pourrait faire fondre une partie des hydrates de méthane, c’est-à-dire le transformer en gaz. Ce qui relâcherait d’énormes quantités de méthane dans l’atmosphère. Il semblerait donc, que l’on exploite ou non ce gisement, qu’il représente un danger réel pour la planète. Alors autant l’exploiter, c’est logique.

Ce qui m’effraie, c’est qu’il existe très probablement dans les fonds marins d’autres gisements comme celui-là, et que ce seraient autant d’épées de Damoclès qui nous pendraient au nez. On sait déjà qu’en Alaska ou en Sibérie, le permafrost (les terres éternellement gelées) commence à fondre, libérant de grandes quantités de méthane. Si les océans s’y mettent aussi… ce sera une grande douche froide!

Le seul point positif, c'est que la douche froide, ça économise de l'énergie.

Par @tom - Publié dans : Sauver la planète
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Mardi 3 avril 2007 2 03 /04 /Avr /2007 22:59
Au Canada, le réchauffement
climatique menace les phoques

Une photo trouvée sur Internet. Un jeune phoque blanc mort, entre deux rochers, et les charognards qui tournent autour. Et une question enfantine, sourcils soucieux, grands yeux étonnés et tristes:

- Pourquoi il est mort Bibifoc?
- Parce que cette année il n'y a pas eu de banquise dans le golfe du Saint-Laurent, et sans la banquise, c'est difficile pour les mamans phoques d'aller pêcher et nourrir leurs petits. Alors Bibifoc il est mort de faim. Désolé mon petit.
- Et tous les autres y sont morts?
- Non, ne sois pas triste! Simplement ils ont dû rester plus au nord, là où il y avait de la glace. Normalement il y en a des milliers chaque année dans le golfe, mais cet hiver la mer a très peu gelé, alors il y avait très peu de phoques.
- Alors les phoques ils reviendront plus nous voir au Canada? Je veux voir des Bibifoc moi!
- Si ça continue comme ça, il y a peu de chances que tu puisses les voir, mon garçon.
- Mais pourquoi? Et pourquoi y'avait pas de banquise d'abord?
- Parce que cette année l'hiver a été plus chaud que d'habitude.
- Mais c'est bien, ça, non?
- Pas pour les phoques, pas pour les ours polaires, pas pour les pingouins...
- Ah... mais si l'hiver prochain il fait plus froid, il reviendront alors!
- Je veux pas t'attrister mon bonhomme, mais ça risque d'être pire chaque année. Tu sais, la Terre entière se réchauffe, depuis quelques années...
- Mais pourquoi? On se rapproche du soleil?
- Non, c'est en grande partie la faute des humains. Ce serait trop compliqué pour toi de t'expliquer dans les détails. Je peux simplement te dire qu'on dépense tant d'énergie et on pollue tellement que ça réchauffe la planète. Et c'est dangereux.
- Mais il faut arrêter ça!
- Ca va se faire, petit, ça va se faire... ne t'inquiète pas. Maintenant retourne jouer, le reste c'est pour les plus grands.
- Dessine-moi un phoque!
- Après, petit prince. Promis!

***

Voilà, le petit est parti. Je voulais pas faire pleurer un gamin de 7 ans...

Ce qui se passe: les experts d’IFAW (Fonds international pour la protection des animaux) estiment que des milliers de jeunes phoques sont morts ou vont mourir cette année à cause de l'absence de banquise. En 2002, 75% des phoques nés dans le Golfe sont morts en raison du manque de glace avant même que la chasse n'ait commencé. Cette année, l’état de la glace semble être encore plus mauvais qu'en 2002, et les scientifiques s'attendent à près de 100% de décès prématurés...

"Il serait irresponsable de la part du gouvernement d’autoriser cette année la chasse," estiment-ils. "Nous ne sommes pas capables de sauver ces phoques des effets du réchauffement climatique mais le gouvernement canadien peut sauver les survivants. Je veux seulement espérer qu'il prendra la juste décision et annulera la chasse."

Le gouvernement canadien a autorisé l’abattage de presque un million de phoques dans les trois dernières années. L'an passé, le quota était de 335 000 têtes (selon les experts, ce chiffre ne devrait pas dépasser 250 000 afin de ne pas menacer l'espèce). Au final, 354 000 ont été tués. 98% avaient moins de trois mois. Bibifoc avait 347 000 frères...
Par @tom - Publié dans : Sauver la planète
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Lundi 19 mars 2007 1 19 /03 /Mars /2007 17:25
La vie d'une vallée
entière menacée

Des dizaines de milliers de Chiliens ont la gorge sèche. Le rio Copiapo, dans le nord du pays, est à sec. Il alimente toute une vallée, un oasis au sud du désert d'Atacama, dont la ville de Copiapo et ses 130.000 habitants. Une vallée très agricole, puisqu'
elle exporte à l'étranger différents fruits exotiques, des citrons, des raisins, des avocats... Sans l'eau du rio, toute la vie est menacée.

Le Chili étant l'un des pays qui dispose le plus d'eau potable (grâce aux glaciers et aux lacs de Patagonie), il peut se permettre d'acheminer de l'eau par camions vers ses régions désertiques du nord. Mais pour combien de temps? Déjà, il est question de tuer tous les animaux d'élevage de la région ou de les vendre pour économiser de l'eau.

La vallée de Copiapo, un oasis au sud du désert d'Atacama... pour combien de temps?

Le Chili a encore beaucoup à faire en matière de protection de l'environnement. Le gouvernement a certes mis en place des restrictions de circulation et amélioré le réseau de bus de Santiago pour limiter la pollution (avec des dommages collatéraux), fait certes office de précurseur dans la récupération des eaux de pluie avec ses filets géants installés dans les montagnes embrumées pour capturer la vapeur d'eau, vient certes de créer un ministère de l'environnement. Mais dans le même temps, un projet de centrale nucléaire est à l'étude, et il y a quelques mois, le gouvernement chilien a donné le feu vert à l'exploitation de la mine de Pascua Lama, située dans la même région que Copiapo, qui risque là aussi de priver d'eau potable toute une vallée.

Mais ce qui se passe dans la vallée de Copiapo n'est pas la faute du gouvernement chilien. Ni même de l'agriculture locale qui dépense beaucoup d'eau: comme c'est une denrée rare dans le désert, les systèmes d'irrigation sont faits pour l'économiser au maximum. Ce serait, semble-t-il, la conséquence des changements climatiques, qui font qu'il a moins plus sur les Andes l'hiver dernier. Moins de pluie, des températures plus élevées, donc des glaciers qui rétrécissent, et fournissent moins d'eau au rio Copiapo. Et il en est de même pour bien d'autres rivières du pays.

Alors le jour où se tariront les rios de la région de Santiago et de Valparaiso (où les niveaux des cours d'eau sont déjà bien bas), que se passera-t-il?
Par @tom - Publié dans : Sauver la planète
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