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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /2007 21:25
J’ai peur.

Non, ce n’est pas l’élection de Nicolas Sarkozy qui me fait peur. Quoiqu’il y a des raisons d’avoir peur de notre… argh! Je n’arrive pas à écrire «notre nouveau président» sans prendre un temps d’arrêt. J’ai peur de ce que je viens de lire dans Le Monde.

Suite à la tuerie de l’université de Virginia Tech, aux Etats-Unis, des scientifiques tentent de mettre au point des méthodes qui permettraient d’anticiper les pensées en observant l’activité du cerveau. Chaque pensée active des parties distinctes du cerveau selon un schéma propre. Si les chercheurs parviennent à identifier des schémas communs à de nombreux individu et à les interpréter par simple IRM, ils pourront quasiment lire dans les pensées. Le but serait, évidemment, de pouvoir utiliser ce système pour débusquer les terroristes et délinquants potentiels. Mais il y aurait tant de dérives possibles…

Si cela arrive, c’est pire que Big Brother. Pensez donc: avec les techniques modernes, on peut localiser n’importe quel individu à n’importe quel moment, on peut le garder sous surveillance vidéo et analyser ainsi son comportement, on peut entrer dans ses emails, on peut lui faire dire la vérité contre son gré, on peut connaître son patrimoine génétique... Si on le voulait, on pourrait contrôler tous ses faits et gestes. Le seul espace vierge de toute incursion, c’est le cerveau, la pensée. Si l’on arrive un jour à pouvoir traduire la pensée d’un individu, c’est la fin de tout. La fin de la liberté de pensée, la fin de l’identité propre à chacun. On va dire que je suis alarmiste, mais je préfère être alarmiste qu’ouvrir les bras béatement au «progrès». Ce n’est plus de la science-fiction, c’est la réalité de demain.

Je repense aux propos de Nicolas Sarkozy sur l'origine génétique (selon lui) de la pédophilie, et de la délinquance (si vous l'avez raté, revoici l'excellent article du Monde sur le blog de Christophe). La communauté scientifique s’est offusquée, mais la recherche génétique a encore beaucoup à découvrir. Et je crains que ce type de gène, lié à la personnalité, soit un jour découvert.

Vous voyez où je veux en venir? Si Sarkozy avait raison, ce serait la porte ouverte à des politiques inacceptables: prélèvement d’ADN de chaque nouveau-né et de chaque parent d’enfant en bas-âge, ce qui permettrait de mettre en place un contrôle des naissances dans les familles génétiquement «à risque». De là, reconduction à la frontière de tous les immigrants tolérés dont les familles seraient «à risque». Et pire, cela permettrait de faire passer la pilule auprès de l’opinion pour renforcer ces recherches pour apprendre à décrypter la pensée.

Pessimiste, moi? Parano? Non, seulement inquiet face à cette société de plus en plus apeurée que je vois autour de moi. Or une société qui a peur, c’est le terreau de l’instabilité politique, des extrêmes, des erreurs, des atrocités… c’est la porte ouverte à l’autoritarisme, à la répression. Je peux vous donner des exemples.

Et pourtant, j’espère. J’espère qu’on n’en arrivera pas jusque là.

Et j’espère que Sarkozy ouvrira le gouvernement au centre comme il l’a promis. J’espère que l’UMP ne sera pas majoritaire aux élections législatives. J’espère qu’il sera, comme il l’a promis dimanche soir, le président tolérant de tous les Français, et pas l’homme de droite et de poigne que l’on connaît. J’espère qu’il arrêtera de menacer les cadres des grands médias s’ils le critiquent trop, qu’il ne durcira pas l’activité policière (ou tout au moins, sans renforcer la justice en contrepartie).

J’espère.


(Au fait : je ne suis pas fan de Florent Pagny)
Par @tom - Publié dans : La France vue d'ailleurs
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Dimanche 6 mai 2007 7 06 /05 /2007 06:02
Je disais dans mon dernier article que les carnets chiliens s'achèvent ici, mais bien sûr ça n'a rien de définitif! J'ai encore des endroits à vous faire découvrir, notamment Valparaiso dont j'ai déjà parlé mais pas fait le tour (impossible!), Vina del Mar, et plein d'autre choses... Je songe également à publier ici ce que j'avais écrit sur mes voyages en Allemagne, en Belgique et ailleurs... ça date un peu, mais si le principe vous plaît...
Par @tom - Publié dans : Vie du blog (et du blogueur)
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Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /2007 02:09
Comme promis, pour finir en beauté ma série d'articles sur le désert d'Atacama, j'ai mis en ligne une deuxième série de photos (certaines déjà utilisées, mais pas toutes!), à voir ici ou dans la rubrique "Un monde d'images". Pas comme promis dans mon module "A venir", je n'ai pas pris le temps de modifier le design du blog comme je le souhaitais. La semaine prochaine j'espère... En attendant, si le blog s'affiche mal ou s'il y a des choses bizarres ou moches, dites-le moi, je tenterai de réparer.

Demain, je croise les doigts en espérant que Ségolène passe. Je ne suis pas un fanatique de madame Royal, mais Sarkozy me fait peur. Je passerai l'après-midi à Valparaiso avec des Français pro-Royal. J'espère qu'on ouvrira le champagne... Et lundi soir je dois faire le bilan des élections à la télé chilienne. Ce sera dur d'être calme et objectif, même un jour après le verdict. Mais je ferai avant dans la journée un texte plus personnel sur ce blog (et oui, on n'y coupera pas!)

D'ici là, bon week-end, et votez bien!
Par @tom - Publié dans : Vie du blog (et du blogueur)
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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /2007 23:41
J’ai tardé avant de publier ces textes sur l’Atacama, car j’y suis allé deux fois, à plus d’un an d’intervalle. J’hésitais: devais-je parler de mon premier voyage, mon deuxième, les deux? Finalement j’ai décidé de faire un mix. Aujourd'hui, dernière partie.


Désert est pour moi un mot magique. Je ne saurais pas bien dire pourquoi. Ce mot-là exerce sur moi une fascination. Fascination pour la vie qui s’accroche dans ces terres hostiles. Fascination pour ces étendues arides et vides, immenses. Fascination pour cette sensation que le temps, ici, est plus lent qu’ailleurs… Mais il est temps de revenir à la «civilisation» (comme si les gens du désert étaient des arriérés! Bien au contraire, je crois que l’on aurait beaucoup à apprendre de leur mode de vie).

En rentrant de San Pedro de Atacama, on passe par Calama, grosse ville minière au milieu du désert. A 10 kilomètres de là, le gigantesque site d’extraction de cuivre de Chuquicamata, la plus grande mine à ciel ouvert du monde et poumon économique de la région. Même de loin, c’est impressionnant: on dirait deux montagnes perforées de bas en haut. Il n’y a qu’à croiser un des camions de la mine pour avoir une idée de ses proportions surdimensionnées: les roues des camions mesurent près de 3 mètres de diamètre chacune et pèsent plusieurs centaines de kilos! (malheureusement je n’ai pas de photos, désolé! à la place, une autre de la Cordillera del Sal pour la route!)

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L’extraction du cuivre est la principale ressource économique du Chili, qui en est le premier producteur mondial. Les cours du cuivre sont en constante augmentation depuis quelques années, ce qui assure au pays une croissance confortable. Mais elle ne profite malheureusement qu’au gouvernement (propriétaire des mines) et aux dirigeants. Surtout, alors que le pays est suffisamment développé pour transformer lui-même cette abondante matière première, il vend tout le cuivre brut à l’étranger, à la Chine notamment. Or il serait bien plus judicieux et juteux, économiquement, de faire plus que la simple extraction, et vendre à l’exportation des produits semi-finis comme des fils de cuivre… Je vais proposer l’idée au ministère de l’Economie chilien, tiens!

Après Calama se poursuit le long retour en bus, taxi, avion, bus et re-bus jusqu’à Quilpué. On fait juste un arrêt à Antofagasta pour aller voir la Portada, une grande roche percée qui s’avance dans le Pacifique, l’équivalent de notre Etretat. Jolie carte postale.

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En arrivant enfin chez Caro, je suis surpris par le flot des toilettes. Je m’étais habitué au strict minimum de San Pedro, j’ai cru qu’il y avait une inondation! Pour eux, ce serait un gaspillage impensable! Dans l’Atacama, j’ai appris qu’on peut se doucher avec deux litres d’eau. J’ai compris ce qu’est l’or liquide, au pays du sable, du sel et du cuivre.


Ici s’achèvent ces carnets chiliens, notes prises au cours de mon premier voyage au Chili en 2005, et d’une semaine passée dans l’Atacama en mars dernier. Ces endroits, je les avais donc déjà vu, mais j’étais heureux d’y retourner. Découvrir un lieu est un plaisir, un émerveillement parfois. Le redécouvrir est un autre plaisir, qui permet de remarquer des détails qui nous avaient échappé la première fois, de se remémorer, d’approfondir... (d’ailleurs il est amusant de noter que sur certains sujets, les guides ont différentes explications). Comme dirait Bertrand, redécouvrir, c’est une chance. Je crois que j’en ai bien profité. Et vous aussi j’espère.
Par @tom - Publié dans : Notes de voyage, Chili et ailleurs
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Jeudi 3 mai 2007 4 03 /05 /2007 16:50
J’ai tardé avant de publier ces textes sur l’Atacama, car j’y suis allé deux fois, à plus d’un an d’intervalle. J’hésitais: devais-je parler de mon premier voyage, mon deuxième, les deux? Finalement j’ai décidé de faire un mix. Aujourd'hui, quatrième et avant-dernière partie.


Levés 3h30 du mat’ pour aller voir le soleil se lever sur les geysers del Tatio, à 4.300 mètres d’altitude (ce sont les plus élevés au monde). A l’aurore, par grand froid (quelque chose en-dessous de 0), encore ankylosé d’avoir dormi dans le bus, ces cheminées de vapeur me font tout d’abord assez peu d’effet.

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Et puis on s’approche, on écoute le gargouillement qui s’échappe en même temps que l’eau, on se réchauffe dans la vapeur, on admire la hauteur des colonnes de fumée, on fait chauffer le lait du p’tit déj’ dans des tout petits geysers qui bouillonnent comme des marmites… Et quand le soleil apparaît, à travers la vapeur, c’est dantesque. On finit par prendre un bain par grand froid dans une piscine naturelle, au pied d’un geyser. Ravigorant!

geysers-del-tatio-5.jpg
Ensuite on s’arrête pour observer une plante bizarre, extrêmement dure, qui recouvre un rocher, la yareta. On dirait de la mousse, mais dure comme une carapace, et qui s’étale sur 2 ou 3 mètres. Une plante coriace et rare qui s'est adaptée aux dures conditions climatiques. Etonnant.

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Puis sur la route, on croise vicunas, lamas, alpagas et guanacos (à vous de deviner de quelle espèce il s'agit sur la photo ci-dessous). Tous ces animaux sont utilisés pour produire de la laine, mais certains sont plus rares que d’autres, et les vicunas (vigognes en fraçais) sont sauvages, contrairement aux lamas. Enfin pas tant que ça: face aux minibus, ils se laissent approcher d’assez près. Après les vicunas, on croise même des espèces de lapins des montagnes, dont j’ai oublié le nom, en train de se dorer au soleil.

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Là encore, on traverse des kilomètres de désert sans trace de vie, si ce n’est un caddie Fisher Price rempli de caillous au bord de la piste. On monte jusqu’à 5.200 mètres d’altitude, et j’aperçois de loin un nandou, les autriches sud-américaines, en pleine course. Vu le paysage, ça m’a fait penser à Bip-Bip et Coyote. Et soudain, encore plus surprenant qu’à Toconao, on plonge dans un canyon creusé par une rivière: c’est Caspana, vieux pueblo plein de charme. Un endroit où je rêverais d’habiter… si ce n’était un trou perdu au milieu de nulle part.

oasis-de-caspana-3.jpg
Un peu plus loin, on croise des pétroglyphes, les «panneaux indicateurs» des Incas. Ici, des lamas gravés sur la roche destinés à guider les voyageurs. Ca donne envie d’aller plus au nord, voir les restes des civilisations mayas, nazcas, aztèques… Une autre fois peut-être…

On repart de plus belle pour Chiu Chiu et sa petite église coloniale, sans doute la plus belle de tous les villages d’Atacama. C’est aussi l’une des rares, avec celle de San Pedro, qui n’ait pas reçu l’influence des cultures locales: ici, le clocher n’est pas séparé de l’église (voir l'article d'hier). C'est aussi la seule église à deux cloches de la région, ce qui signifie que c'était la plus importante de la région.

eglise-de-chiu-chiu.jpg
On passe ensuite par Lasana, un village dans un canyon surmonté par un pukara, une forteresse inca en ruine datant du XV° siècle. La stratégie de défense des Incas était très différente la stratégie européenne de la même époque: alors que nous édifiions des châteaux-forts imposants et voyants pour montrer sa force à l’adversaire, les Incas préféraient des labyrinthes de murets assez bas, construits ainsi pour se confondre avec la roche. Discrétion avant tout.

pukara-de-lasana-_forteresse-inca_.jpg


Suite et fin demain, si vous le voulez bien! Et plus de photos dans la rubrique "Un monde d'images". Je mettrai en ligne samedi (je pense) un nouvel album de photos de l'Atacama, prises lors de mon second voyage en mars dernier.
Par @tom - Publié dans : Notes de voyage, Chili et ailleurs
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