Lundi 25 juin 2007
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Comment le réchauffement climatique
fait disparaître un lac entier
Les Ovnis ont-ils encore fait des leur(re)s? C'est ce que se
demandait l'autre jour un journaliste chilien, qui cherchait vainement à expliquer un phénomène naturel étonnant: un lac glacier de plus d'1 km² a disparu du jour au
lendemain, dans le sud du Chili. Je ne sais pas si on en a parlé jusqu'en France, alors moi je vous en parle. Pour bien se rendre compte du phénomène, deux photos du lac, prises par les
agents forestiers chiliens. La première date de mars 2007, la seconde a été prise moins de trois mois plus tard.
Etonnant non? Même une grosse soucoupe volante aurait difficilement pu faire évaporer autant d'eau en aterrissant. Oublions donc les Ovnis. Que disent les
scientifiques? Eh bien ils sont sceptiques. Les uns estiment que la disparition du lac est liée aux petites séismes répétés qu'a connu le sud du Chili en avril, les secousses ayant pu provoquer
une faille au fond du lac. D'autres pensent que les parois du lac se seraient brisées sous la pression et l'accumulation de l'eau, qui se serait déversée dans la
mer.
C'est ce qu'explique le glaciologue Gino Casassa: pour lui, le coupable pourrair bien être le Glacial Lake Outburst Fold (GLOF), ou explosion du lac glacier, qui se produit en quelques heures si
le niveau des eaux du lac augmente trop vite. "La pression entraîne l'ouverture au fond du lac d'un tunnel de glace par lequel s'écoule l'eau. Or dans cette zone, nous avons observé une
augmentation de la taille des lacs glaciers, à mesure que diminue celle des glaciers." Ce type de phénomène n'a jusqu'à présent été observé que dans l'Himalaya. S'il s'agit effectiement d'un
GLOF, cela voudrait dire que le réchauffement climatique cause déjà des dégâts importants en Patagonie: la disparition-éclair d'un lac pour cause de fonte des
glaciers, ce n'est tout de même pas anodin.
La seule bonne nouvelle, c'est que nous pouvons d'ores et déjà rassurer les Ecossais, ils n'ont pas à craindre qu'un jour le monstre du Loch Ness ne fasse disparaître
le lac.
Un coagulant pour colmater les fuites d'eau
Le lac aurait pu profiter des bienfaits de la nouvelle invention de la société écossaise Brinker Technology. Pour colmater les fuites d'eau potable dues aux
fissures dans les canalisations, cette entreprise à mis au point un procédé qui imite la coagulation du sang. Cette technique consiste à introduire des morceaux de
polymères ou d'élastomères dans le liquide; transportés par le courant, ils s'agglutinent à la brèche et la colmatent de l'intérieur.
Intéressant, quand on sait que haque année, environ 30% de l'eau potable dans le monde se perd dans des fuites. On mesure l'impact de cette invention si elle était
appliquée à grande échelle. Pour l'instant, elle devrait être mise en place sur le réseau d'eau londonien. Au fond du lac, c'est encore un peu compliqué.
Pour l'anecdote, cette idée est venue à Ian McEwan, ingénieur et directeur de Brinker Technology, alors qu'il venait de se couper le doigt. Il s'est soudainement
demandé si la capacité du corps humain à cicatriser ne pouvait pas être appliquée aux tuyaux. Une fois de plus, c'est de petits détails que viennent les grandes idées. Et une fois de plus, en
s'inspirant de Dame Nature... T'as pas vu ma pomme, Newton?
Par @tom
-
Publié dans : Sauver la planète
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Samedi 23 juin 2007
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07:21
Ce n'était pas la Fête de la musique au Chili. Surtout avec la pluie qui tombe sans cesse, cinglante et froide. Tellement froide
qu'hier, il y a eu de la neige à Valparaiso (je rappelle au passage que le Chili n'est pas un pays tropical). Pour compenser un peu la tristesse ambiante, hop! je ressors des photos de
Viña del Mar quand il y avait du soleil. Viña, je n'en ai jamais beaucoup parlé parlé ici , tout simplement parce que c'est une ville sans grand intérêt à mon goût.
C'est un peu le Nice du Chili, mais avec moins de cachet. Ce qui est intéressant, c'est que Viña touche Valparaiso, et que les deux villes, qui font à peu près la
même taille, n'ont vraiment rien à voir. A vous de juger, c'est par là (ou en bas de la colonne de gauche, comme
d'hab).
Jeudi 21 juin 2007
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19:40
A la demande d'El Nino et d'Aelor, un nouvel article sur le
Transantiago. J'ai déjà expliqué que le nouveau système de transports public de Santiago, s'il était nécessaire et bienvenu pour désengorger le trafic et réduire la pollution, est un échec cuisant pour le gouvernement. J'ai déjà dit qu'il a causé de nombreux dégâts pour les travailleurs de la rue. Depuis près de cinq mois que le Transantiago a été mis en place, les dysfonctionnements se multiplient, entraînant
manifestations des usagers mécontents et faisant chuter la cote de popularité du gouvernement.
La grande erreur du Transantiago est d'avoir été mis en place sans concertation des usagers (pour un gouvernement qui s'appelle la Concertacion, c'est
un comble!) Des usagers qui n'ont rien compris au soudain changement de système, malgré la campagne d'information confiée en janvier à l'ex-star du foot et héros national Ivan Zamorano (depuis,
il est devenu tellement impopulaire qu'il parle de s'expatrier...) Au bout de cinq mois, ils s'y sont finalement habitués, mais tous les matins c'est la même galère: il n'y a pas assez de bus, les gens s'entassent et rentrent sans payer, et sont souvent contraints d'attendre longtemps, très longtemps avant de pouvoir se rendre à leur
travail.
Résultat: le métro, alternative au bus, est engorgé. Tellement, que parfois les carabineros ferment les grilles des stations pour laisser s'écouler le
flot de passagers, avant de laisser passer les usagers qui piaffent d'impatience derrière les grilles. Sitôt ouvertes, une pression monstre vous
pousse vers l'avant, vous voilà emporté par la foule qui vous trrrraîne qui vous entrrrraîne... mais moins joyeusement que dans la chanson. Il ne fait pas bon être un enfant, une femme enceinte
ou un handicapé pour prendre le métro le matin!
Les problèmes du Transantiago ont grandement occulté le reste de l'actualité chilienne. Depuis 5 mois, on ne parle que de ça, ou presque (ce qui
empêche d'évoquer les autres problèmes). Et comme la majorité des médias sont hostiles au gouvernement, ils en remettent un couche dès qu'ils peuvent. Alors que tout n'est pas si noir, puisque
la pollution a baissé (un peu), puisque certains trajets sont bien plus rapides qu'avant, puisque l'on peut désormais voyager en métro et en bus avec
la même carte d'abonnement...
Mais pourquoi, au bout de cinq mois, n'a-t-on pas augmenté le nombre de bus? L'idée du Transantiago était de faire baisser la pollution, donc de
diminuer le nombre de véhicules en circulation. Ca a été fait, mais trop. Le gouvernement a donc demandé à ce que l'on rajoute des bus. Sans succès. Car si le métro est public, ce sont des
entreprises privées qui couvrent le réseau de bus. Et la plupart d'entre elles ont réduit le nombre de bus en circulation pour faire des économies,
malgré les remontrances du gouvernement. Oui, parce que chaque entreprise s'est vue confier un secteur de Santiago, donc il n'y a plus de concurrence entre elles. Donc, même si elle fait circuler
moins de bus, pas de risque pour l'entreprise de se faire "piquer" ses client. Alors pourquoi dépenser plus en carburant et en salaires de chauffeurs, si c'est pour obtenir pratiquement les mêmes
revenus?
De plus, se sachant "couvertes" par le gouvernement, ces entreprises se défaussent de toute responsabilité en cas de problèmes. Leur attitude montre
bien que la coopération public-privé, de manière générale, ne fonctionne pas (je pense notamment aux cliniques avec obligation de service public dans
les zones rurales françaises...) Au Chili, tout le monde en a ras la casquette. Et la colère des usagers est parfois très violente.
"Transantiago, toujours la même merde", dit ainsi ce manifestant prêt à casser la vitre du bus à coup de projectile.
Résultat, les conducteurs des bus laissent parfois monter les usagers sans payer (30% des voyageurs
frauderaient, chiffre en hausse). C'est compréhensible: en plus de devoir contenir les mécontents, les chauffeurs sont déçus par le Transantiago, notamment parce qu'ils n'ont pas obtenu les
avantages qu'ils espéraient (meilleurs salaires, horaires de travail moins exténuants) et parce que certains de leurs collègues ont perdu leur emploi. De plus, leur salaire ne dépend pas de ce
que paient les usagers, et ils considèrent qu'ils sont là pour conduire, pas pour faire la police.
Mais c'est un cercle vicieux, puisque les chauffeurs incitent ainsi leurs employeurs à réduire encore la voilure: il
semblerait que le Transantiago ne soit pas rentable, et que la plupart des entreprises de bus soient déficitaires. Donc rien ne les pousse à faire des efforts, à moins que le
gouvernement ne mette la main à la poche. Ce qu'il fait, non sans mal.
Bref, tout va mal, si bien que l'ex-président centriste Eduardo Frei, devenu sénateur, propose de nationaliser le Transantiago. Si son idée était
acceptée, ce serait une petite révolution. Le Chili n'a sans doute pas connu de mesure autant "de gauche" dans sa politique économique depuis
Allende. Et pourtant, Frei n'est pas un gauchiste, il aurait plutôt tendance à favoriser le privé. Alors pour qu'il en arrive à dire ça, pour qu'une partie de l'opposition de droite accepte de
voter une augmentation des crédits publics pour le Transantiago, c'est bien la preuve qu'il y a un vrai problème.
Par @tom
-
Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Mercredi 20 juin 2007
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20:59
Je somnolais tranquillement dans le bus, quand soudain, un coup de frein, des bruits de voix m’ont tiré de ma torpeur: notre bus a dû s’arrêter au
milieu de la route et faire demi-tour: un camion a roulé dans le fossé et pris feu. Evidemment, on est tous curieux dans ces cas-là, donc tous les
passagers du bus se tortillent le cou pour apercevoir la colonne de fumée au loin. Normal. Mais quelques-uns dégainent leur appareil photo pour immortaliser le sinistre événement, c’est-à-dire un
nuage de fumée dans le lointain.
Quel intérêt? Quel instinct morbide les pousse à prendre ce genre de photo (dont la qualité oscillera d’ailleurs entre mauvaise et nulle)? Moi ça me met en rogne. Peut-être avaient-ils
l’intention de filmer l’incendie et mettre les images sur YouTioube, c’est très tendance.
Il y a quelques semaines, deux imbéciles ont ainsi mis en ligne une vidéo les montrant à bord d’une auto, fonçant à 280 à l'heure sur une autoroute
de Santiago. Evidemment, la police les recherche. Un jour, j’en suis persuadé, on ira jusqu’à filmer un meurtre juste pour diffuser la vidéo sur YouTioube. Sur Internet, la connerie n’a pas de
limites.
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Mardi 19 juin 2007
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21:03
- Moi je te le dis Gérard: Sarkozy, c'est un bon! il va baisser les impôts!
- Ouais, mais il va augmenter la TVA!
- Ouais, mais il va baisser les impôts!
- Ho Roger, depuis quand t'es riche toi?
- De quoi? riche, moi?
- Ben alors t'es pas concerné par cette baisse d'impôts!
- Ouais, moi non, mais n'empêche que c'est fort de faire baisser les impôts.
- Mais toi ça te concerne pas, c'est que pour les riches que ça baisse, et toi au contraire tu vas payer plus de TVA!
- Ouais, n'empêche qu'il va baisser les impôts! Tu m'emmerdes Gérard!
- Pardon! Je te paie une bière?
- Un demi, c'est jamais de refus!
- Garçon, elle est à combien la TVA sur la bière? Ca va monter le prix du demi, c'est ça? Oui?... Tu vois Roger, à cause de Sarko, ton demi il va coûter plus cher...
- Hein? Quel enculé ce Sarko!
- Oui, mais il va baisser les impôts...
- Ta gueule!
- En plus, maintenant que le ministre des Finances c'est la Lagarde, tu vas te faire enculer par une femme!
Le dialogue s'achève ici, Roger, à bout de patience, ayant assomé Gérard avec sa bouteille de Gros-n'en-bourre. Le patron a aussitôt
appelé la police, et Roger a été emmené illico au poste, où il a été placé en cellule de dégrisement. Il devra comparaître pour coups et blessures, et trouble de l'ordre public. Gérard n'a pas
porté plainte contre son ami Roger, mais contre Nicolas Sarkozy, responsable selon lui de cette altercation. L'affaire a été classée sans suite.
Par @tom
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Publié dans : La France vue d'ailleurs
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