Il y a quelques semaines, le nouveau ministre de la Santé a lancé une idée qui est tombée comme un cheveu sur la soupe des Chiliens. Pour lutter contre l'obésité chronique de ses concitoyens, il propose de créer un impôt de 20% sur les fast-foods.
Le sujet a immédiatement suscité débat et controverse. D'abord, parce qu'il serait bien difficile de déterminer quels établissements et quels plats rentrent dans cette catégorie. Ensuite, parce que les fast-foods sont une sources d'alimentation facile et bon marché pour les petites bourses. Typiquement, c'est la frange la plus humble et moins éduquée de la population qui souffre de surpoids. Et c'est cette même frange qui consomme le plus de fast-food, parce que c'est pas cher.
En gros, les détracteurs du projet assurent que, même s'il est bon de lutter contre l'obésité, cette mesure toucherait de plein fouet les plus défavorisés. Soit. Mais réfléchissons un peu. En admettant que l'on ajoute un impôt de 20%, cela va-t-il vraiment affecter le consommateur? Non: simplement, s'il veut continuer de payer le même prix, il va se "restreindre" à commander un menu normal au lieu d'un XL, ce qui est bien suffisant. De ce point de vue, tout le monde est gagnant: L'Etat récolte des taxes juteuses (de graisse), les clients se goinfrent moins et ont moins de problèmes de santé. Il n'y a que les entreprises de fast-food qui risqueraient de voir leurs bénéfices baisser. Mais ca, franchement, ce n'est pas un mal! Par ailleurs, au Chili, aller faire ses courses au marché en plein air reste la meilleure solution pour manger sain et pas cher.
Et la traditionnelle empanada, c'est du fast-food?
Mais au-delà de ce débat, de quel droit l'Etat s'invite-t-il dans mon assiette? Certes, il y a un vrai problème de santé publique, mais si j'ai envie de me faire plaisir en me gavant de viande rouge et de chocolat tous les jours, quitte à peser 150 kilos et mourir d'un infarctus à 35 ans, c'est mon problème, non? Ca ne met en danger la vie d'aucune tierce personne (à la différence de la drogue et de l'abus d'alcool), ca ne cause pas de trouble à l'ordre public, et ca fait travailler les médecins. Si l'Etat veut agir, qu'il éduque les consommateurs, qu'il fasse de la prévention dans les écoles. Qu'il aille voir ailleurs que dans mon assiette. Surtaxer les cigarettes empêche-t-il les gens de fumer? Non. Surtaxer le pétrole empêche-t-il les gens de conduire, polluer, prendre l'avion? Non.
Bref, tout ceci me donne la sensation que le gouvernement se fiche du monde, et cherche n'importe quelle prétexte pour taxer le contribuable (ceci dit, il a besoin de fonds pour financer la reconstruction du pays après le séisme du 27 février). N'importe quel prétexte pour contrôler tout ce qui est contrôlable. Par exemple, depuis la prise de pouvoir de Sebastia Piñera, j'ai l'impression, ou plutôt la certitude, que la présence policière a été renforcée... pour faire des contrôles de vitesse sur l'autoroute, essentiellement. Donc pour faire rentrer de l'argent dans les caisses.
Je m'attends donc à ce que le gouvernement fasse surgir de son chapeau à idées
d'autres propositions du même genre. En voici quelques-unes, de mon cru:
On pourrait taxer les nouveaux habitants des métropoles parce qu'ils contribuent à accenter la pollution.
On pourrait taxer ceux qui habitent à plus de 25 kilomètres de leur lieu de travail,
pour la même raison. Et s'ils déménageaient en centre ville, on les taxerait quand même en vertu du premier point susnommé.
On pourrait ne pas rembourser les opérations de cancer des poumons, parce qu'après tout, le patient, il avait qu'à pas fumer, na!
On pourrait taxer les dirigeants politiques d'andouilles, d'hypocrites ou de profiteurs. Ah zut, ca a déjà été fait, ca...
C'est une bande de jeunes types humbles et solidaires, avec du coeur et des tripes.
Une bande de jeunes qui, avec l'aide d'un sorcier-gourou, contribue à panser les plaies d'une terre meurtrie par le séisme du 27 février. L'équipe de football du Chili fait le bonheur et la
fierté de son pays, et ce n'est pas une surprise. La Roja avait fini deuxième de son groupe de qualifications, devant l'Argentine, avec un jeu séduisant et offensif. Aujourd'hui, le reste du
monde la découvre. Mais en Amérique du Sud, on sait depuis longtemps que le Chili a un gros potentiel. Bref, la Roja mérite pleinement sa qualification au deuxième tour de la Coupe du
monde.
Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas très amateur du ballon rond. Mais
ici, depuis dix jours, c'est de la folie. Et c'est contagieux. Durant chaque matche, le pays s'arrête pendant deux heures. Les écoles, les entreprises, les transports publics, la police, les
délinquants... tous se détournent de leur occupation habituelle. Et les pompiers et hôpitaux prient pour qu'aucune intervention urgente ne soit nécessaire.
Assister à un match de football en Amérique Latine, c'est savoir ce que vibrer veut
vraiment dire. Les latinos ont le foot dans le sang. Chaque victoire est comme une transfusion qui monte au coeur et au cerveau. Durant 90 minutes, la pression artérielle monte, la tension est
telle que beaucoup sont obligés de faire des étirements devant leur télé. Une défaite est vécue comme un drame national. Depuis le début du mondial, après chaque rencontre, les principales places
publiques du pays sont envahies par des milliers de fans pour de longues célébrations. La coupe du monde de foot, c'est l'événement majeur de ces dernières années, au-dessus des élections
présidentielles, au-delà des Jeux Olympiques, seulement surpassée par ce fichu séisme.
Je ne suis pas fan de foot, mais j'ai un faible pour cette équipe du Chili. A la différence des Francais gâtés et capricieux, les joueurs chiliens font preuve d'envie et d'esprit de groupe. Ils savent qu'ils ont un pays entier derrière eux, tandis que l'équipe de France a essuyé une pluie de critiques depuis de très longs mois. C'est pour cela que les Chiliens y mettent leur coeur et leurs tripes. Pour rendre la pareille à tout un pays. Pour rendre le sourire aux centaines de milliers de compatriotes qui ont vécu des moments difficiles depuis le 27 février. Et si la Roja l'emporte face au Brésil lundi, ce sera un autre tremblement de terre. Affaire à suivre...
Et si la manière facon de militer, c'était d'acheter des actions en Bourse? Voilà une action bien différente de ce que font habituellement les ONG et groupes militants. People for the Ethical Treatment of Animals (PETA), une association nord-américaine qui lutte pour le respect des animaux, a ainsi acheté des parts dans diverses compagnies, comme les chaînes de restaurations Ruby Tuesday et même l'emblématique MacDaube. Leur idée: avoir leur mot à dire auprès des autres actionnaires et pouvoir ainsi faire pression sur les conseils d'administrations de ces multinationales.
Et apparemment, ca marche: Ruby Tuesday a ainsi accepté de n'acheter sa viande qu'auprès de compagnies qui traitent les animaux "humainement". Par exemple, les oeufs et la viande de porc proviennent uniquement d'animaux qui ne passent par leur existence enfermés dans des cages. PETA, connue pour ses militants faisant des strip-teases pour dénoncer le commerce des fourrures, a ainsi trouvé un moyen politiquement correct et diplomatique d'être pris au sérieux et d'obtenir des résultats.
Maintenant, imaginez le potentiel de la chose: si des associations telles que Greenpeace ou Médecins sans frontières parvenaient aux conseils d'administrations des multinationales pétrolières, minières ou du commerce maritime, cela pourrait aboutir à une prise de conscience générale suivie d'actions concrètes pour réduire les contaminations en tout genre. Donc mon conseil, si vous êtes boursicoteur et militant, investissez dans les compagnies que vous critiquez et abhorrez le plus: ca vous permettra de faire entendre votre voix.
Bon, je sais, c'est un peu facile et pas très gentil de se moquer des noms et prénoms.
Mais quand j'ai vu celui-ci, je n'ai pas pu résister: Le président de Shell en Thailande s'appelle Pissawan Achanapornkul. C'est un nom à se faire censurer, ca!
Dans le petit monde de Global Inc, il m'arrive parfois d'avoir des rencontres avec les
clients. Le client, le graal qui nous donne du travail et fait tourner notre petite entreprise qui ne connaît pas la crise. Le client, il faut le choyer. Montrer patte blanche et costard-cravate,
lui présenter nos "bonnes pratiques", notre sérieux et notre savoir-faire, notre enthousiasme, et... l'emmener dans les bons restaurants. Sérieux mais souriant. Professionel mais convivial. Avec
un verre de vin, c'est encore mieux.
Mais ce qui compte vraiment, ce sont les afters. Quand vous emmenez le client au resto le soir, et plus si affinités. Lui, il a fini sa journée, il est content, et il compte bien profiter de sa soirée. Toi, tu te dois de garder la tête froide. C'est un client, il faut bien se comporter en toutes circonstances. Donc éviter de boire, par exemple. Et c'est là que ca devient intéressant. Parce qu'à ce moment-là, le client est détendu. Il se laisser aller à prendre quelques verres. Soudain ce n'est plus un client, il redevient un être humain. Il n'est plus cet être important sur son piédestal, qu'il faut choyer et courtiser. Le client, c'est une personne comme tout le monde. Quelqu'un qui fait caca comme vous et moi. Tout pareil. Il n'y a pas de quoi être impressionné. Pas de quoi stresser au point de faire la peau à une bonne couche de stick large Mennen 24h en à peine deux heures.
Donc, on se retrouve soudain dans la situation inverse. Durant la journée, c'est le
client qui domine, dicte ce qu'il veut obtenir. Mais le soir, il se laisse aller et dépend entièrement de toi (surtout s'il ne parle pas la langue du pays où il se trouve!). Renversement des
rôles, c'est toi qui contrôle la situation. Si tu te débrouilles bien, après trois verres, c'est ton meilleur pote. Et c'est à ce moment-là qu'il faut négocier, et obtenir ce que tu souhaites. Le
client, il est heureux, il a bien mangé et bien bu, il est prêt à t'accorder ce que tu lui demande. Ou presque. Je vous passe les détails...
Mais le plus difficile, c'est de rappeler au client, le lendemain, tout ce qu'il t'a promis lorsqu'il avait 3 grammes d'alcool dans le sang. Pour ca, je n'ai pas encore la recette miracle. Et très honnêtement, le jour où je l'aurai, je ne sais pas si je la rendrai publique. C'est une recette bien trop précieuse. Comme l'omelette aux truffes. Faut pas d...onner, non plus!
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