Les Chiliens adorent prendre leur temps. J’ai pu le constater à maintes reprises, comme lorsque je suis allé visiter le Palacio Rioja, un petit bijou d’architecture néo-classique inspiré du Petit Trianon de Versailles, à Vina del Mar. Alors que je me promenais tranquillement dans le grand salon et que je n’avais rien demandé à personne, deux employés du monument, l’un après l’autre, sont venus tailler une bavette avec moi.
Faut dire qu'ils s'ennuient à surveiller ce beau monument. Alors en dix minutes, on a parlé de vin, des tacos (rien à voir avec les sandwiches mexicains, ici, les tacos, ce sont les bouchons dans les rues de Santiago), des plages de la région, du festival de la chanson de Vina… Au bout de dix minutes, je savais que la plus jeune des deux sort avec un médecin-légiste qui travaille de nuit, et eux savaient que j’habite Quilpué centre avec ma copine chilienne.
Et c’est partout comme ça! A la poste, les guichetières racontent leurs potins tout haut tout en s’occupant des clients; au supermarché les petites vieilles discutent le bout de gras avec les caissières; les grands magasins regorgent de vendeurs qui s’ennuient et papotent entre eux ou avec les clients… (A ce sujet, j’ai une théorie: les patrons embauchent plein de vendeurs pour ne pas laisser seuls les consommateurs potentiels; résultat, trop nombreux, ils s’emmerdent ferme et finissent par papoter entre eux sans prêter attention aux clients. Du coup, on engage encore plus de vendeurs…)
L’avantage de tout ça, c’est que les Chiliens ne sont pas trop stressés au travail (ceci fera l’objet d’un prochain post) comme en France, et ne surconsomment pas anti-dépresseurs et psys comme nous. Malheureusement pour eux, comme le pays est très libéral et en plein développement, tout ça pourrait bien changer…
ajouter un commentaire commentaires (1) recommander






