Vendredi 21 août 2009
5
21
/08
/Août
/2009
16:07
Le sud du Chili est le nouvel Eldorado des promoteurs immobiliers. Il ne s'agit pas
seulement de développement touristique, mais de stratégie géopolitique. Oui, rien que ca! Bon, c'est sûr, le sud du Chili, ses forêts luxuriantes, ses lacs majestueux et ses volcans enneigés, ont
de quoi attirer les touristes du monde entier. L'infrastructure touristique ne cesse de s'y développer et les offres se multiplient. Mais le boom immobilier qui fait monter le prix des terrains
est dû à tout autre chose.
D'abord, il y a le réchauffement climatique. On nous parle sans cesse de la raréfaction du pétrole, mais ce qui est autrement plus sérieux, c'est la disparition possible de l'eau potable dans
certaines régions du globe, et la hausse probable des prix de l'eau, nouvelle monnaie d'échange à l'échelle planétaire. Or la Patagonie chilienne, outre une pluviosité hors-norme, contient un
précieux trésor: le Campo de Hielo Norte et le Campo de Hielo Sur, deux immenses glaciers (le second mesure 350 kilomètres de long!) qui constituent la troisième réserve d'eau douce de la
planète, après le Groenland et l'Antarctique. Résultat: la Patagonie devient l'objet de nombreuses convoitises, et les investisseurs étrangers se tournent de plus en plus vers ces vastes
territoires.
L'écologiste Douglas Tompkins, milliardaire américain fondateur de la marque de vêtements Esprit, a été l'un des précurseurs. Via sa fondation Patagonia Land Trust, il a acheté depuis les années
80 quelque 460.000 hectares de terrain en Argentine et au Chili. L'une de ses acquisitions les plus polémiques est l'achat d'une bande de terrain qui va du Pacifique jusqu'à la frontière
argentine, qu'il a convertie en réserve nationale. La fondation est également propriétaire d'un large territoire contigu, côté argentin. Par conséquent, le sud du Chili se retrouve littéralement
coupé en deux par cette zone privée, convertie en parc national, qui s'étend de plus sur les deux pays. Ladite zone étant classée comme réserve naturelle, cela devient pratiquement un territoire
indépendant. Voyez la partie du sud du parc, sur la carte ci-dessous, qui s'étend véritablement de l'océan jusqu'à l'Argentine!
Les intentions écologistes de Tompkins sont réelles. Mais que penser des investissement effectuées récemment par de grandes banques états-uniennes dans le sud de la Patagonie, et notamment la
grande île de Terre de feu (avec, là encore, des propriétés qui traversent la frontière chiléno-argentine)? Certes, les banques affirment qu'elles cherchent à développer l'écotourisme et protéger
l'environnement. Mais on peut s'interroger sur leur réel dessein. Ces régions, en plus de posséder des ressources en eau quasi-inépuisables, sont riches en gisements minéraux et sont également
propices au développement de l'élevage. Alors pourquoi laisser cela aux mains des Chiliens et Argentins, ou plutôt, au vide patagonien, quand on peut s'en emparer à un prix très intéressant? Mais
surtout, il faut considérer l'eau comme l'or de demain. La Patagonie, avec ses glaciers, c'est le pays de l'or blanc.
Mais il n'y a pas que les banques, trusts et holdings qui achètent à tour de bras dans le sud du Chili. Les particuliers aussi, qui y voient un refuge sûr pour les années à venir. En prévision du
manque d'eau potable, mais aussi... à cause des Mayas! Les fameuses prédictions basées sur le calendrier maya estiment que le champ magnétique de la Terre pourrait s'inverser en 2012, causant un
cataclysme à l'échelle planétaire. A priori, si cela devait arriver, on ne serait pas mieux protégé en Patagonie qu'en Ouzbekistan ou en Sierra Leone, mais bon... il semblerait que le fait d'être
dans une zone froide, abondamment humide et peu peuplée ait quelque chose de rassurant.
Si après tout ca, vous n'avez pas envie (contrairement à moi) d'investir en Patagonie, pensez que c'est l'une des dernières grandes régions sauvages de la planète (pour combien de temps?), aux
paysages superbes, et qu'elle mérite une visite.
Par @tom
-
Publié dans : Sauver la planète
-
1
Vendredi 7 août 2009
5
07
/08
/Août
/2009
00:00
Un groupe international d’astronomes, appuyé notamment par l'Union Atronomique
Internationale, a proposé devant l'Unesco que le ciel de l'Atacama, des Iles Canaries et de Hawai soit déclaré au Patrimoine de l’Humanité. La raison est simple: ces trois zones, grâce à des
conditions atmosphériques et météorologiques particulières, sont les meilleures régions du monde pour observer le ciel. Ce n'est pas pour rien que les plus grands téléscopes du monde se trouvent
dans le nord du Chili.
L'idée est originale. Mais si l'on y songe, ce n'est pas seulement un bout de ciel qu'il faudrait classer, sinon le firmament complet. L'air bouge, et une particule du ciel d'Atacama peut très
bien se retrouver quelques temps après à Los Angeles, Bora-Bora ou Tripette-Les-Oies. Plus sérieusement, même si j'apprécie le travail de l'Unesco, je le considère caduc, dans la mesure où c'est
la planète entière, patrimoine commun à l'Humanité, qu'il faut protéger. Terre, air, océans, la totale. Mais bon, il y a encore du boulot pour faire accepter cette idée. Que l'Unesco continue son
travail, si ca peut y contribuer...
Par @tom
-
Publié dans : Sauver la planète
-
1
Samedi 25 juillet 2009
6
25
/07
/Juil
/2009
13:29
Le rallye Dakar va de nouveau passer par le Chili et l'Argentine l'an prochain, c'est
une quasi-certitude. Et ce, malgré la publication d'une étude remise au gouvernement de Michelle Bachelet, qui conclut que six zones archéologiques situées dans le nord du Chili ont été
endommagés par le passage des concurrents. Quelle est donc la bonne nouvelle? Le Chili a demandé aux organisateurs du rallye de publier le tracé de l'édition 2010 plusieurs mois à l'avance. Cela
permettrait aux autorités chiliennes de s'assurer que le passage du rally ne comporterait pas de risque pour le patrimoine archéologique et naturel.
Ce que je trouve stupéfiant, c'est que durant les 25 éditions précédentes, on ait laissé les organisateurs publier le tracé au dernier moment, sans se préoccuper des potentielles conséquences sur
l'environnement. Mais j'imagine que c'était le dernier des soucis des Etats africains traversés par le rallye.
Par @tom
-
Publié dans : Sauver la planète
-
1
Lundi 11 mai 2009
1
11
/05
/Mai
/2009
12:47
269 milliards de dollars. Non, ce n'est pas le montant du nouveau stimulus financier
des Etats-Unis pour venir en aide à son économie sinistrée. C'est le cout total des catastrophes naturelles et humaines pour l'économie mondiale en 2008. Une compagnie d'assurance suisse a
répertorié pour l'an passé 137 calamités naturelles et 174 désastres causés par l'homme. Le cout total du seul tremblement en Chine en mai 2008 est estimé à 124 milliards.
Deux faits attirent mon attention. Le premier, c'est que l'Homme soit responsable de plus de catastrophes que Dame Nature à l'échelle de la planète. Je savais déjà que l'Humanité est un parasite
global, mais pas au point d'être une calamité. Pas déjà.
Le second, c'est le montant faramineux du séisme en Chine. Certes, les catastrophes naturelles ont toujours eu un cout pour l'économie. Mais ce qui m'interpelle, c'est qu'en 2008, avec toute la
technologie et les moyens disponibles, les gouvernements ne fassent rien pour prévenir ce genre de tragédie. Certes, on me dira que la Chine est en voie de développement et très peuplée. Oui,
mais rappelez-vous ce qui s'est passé à La Nouvelle Orléans, dont on savait que les digues s'effondreraient facilement. Scientifiques, météorologues, ingénieurs l'avaient prédit. Qu'on ne me dise
pas que les Etats-Unis n'avait pas les moyens financiers et logistiques d'éviter cela. Au final, faire construire des digues neuves aurait coûté beaucoup moins cher à la Louisiane (et je ne parle
pas du bilan humanitaire!)
C'est cela que j'ai du mal à accepter. Je peux comprendre que nos gouvernants soient réticents à dépenser de très fortes sommes pour prévenir inondations, tremblements de terre et autres
calamités. Mais ils savent pertinemment qu'en cas de sinistre, les conséquences financières, humaines et parfois politiques sont bien plus lourdes.
Voici, selon moi (et beaucoup de gens sensés) comment les choses devraient fonctioner:
1) Les citoyens et les entreprises paient des impôts.
2) Le gouvernement investit, notamment dans l'infrastructure immobilière, la voirie, etc...
3) Avec ces nouvelles infrastructures, on fait gagner de l'argent aux entreprises, on évite une partie des désastres et une tragédie humanitaire.
C'est un peu schématique et raccourci, mais vous voyez bien le processus. Au final, tout le monde y gagne. Alors pourquoi, en Louisiane, en Chine ou ailleurs, ca ne fonctionne pas comme cela? Nos
dirigeants ont-ils le QI d'une vache folle? Non, évidemment non (quoique...). Alors la vraie question, la voici: à qui cela profite-t-il de ne pas améliorer les infrastructures, mais aussi le
système de santé, l'éducation, les salaires, l'accès à la culture, etc. de centaines de millions (de milliards?) de personnes? Et je ne parle pas de profit personnel facon régime bananier à la
Mobutu.
Posez-vous la question; commentaires bienvenus!
Par @tom
-
Publié dans : Sauver la planète
-
4
Dimanche 15 mars 2009
7
15
/03
/Mars
/2009
23:56
La nouvelle est tombée il y a une dizaine de jours, vous le savez donc sans doute: le
Dakar 2010 aura de nouveau lieu au Chili et en Argentine. Inutile de vous dire que la nouvelle ne m'a pas fait sourire. Surtout que cette fois, on parle de faire passer le rallye par San Pedro de
Atacama. Pour moi, c'est un peu comme faire traverser un troupeau d'éléphants dans un magasin de porcelaine.
La zone de San Pedro d'Atacama est l'un des joyaux du Chili. Une région où l'on trouve
désert de sel, dunes, geysers, flamants rose, oasis... constituant un écosystème fragile. C'est une région aujourd'hui très touristique, mais où l'on respecte l'environnement. Aucune agence de
tourisme, par exemple, ne vous proposera d'aller faire du quad ou du 4X4 dans ces dunes.
Mais nos nouveaux conquistadores du désert, eux, ne semblent pas avoir ce genre de
scrupules. Chevaucher les dunes, c'est la marque du Dakar. Et si l'on avait le droit de piloter sur la dune du Pilat, je suis sûr qu'ils ne se feraient pas prier! Amaury Sport Organisation a
promis de renforcer les mesures de sécurité, mais pour ce qui est de la protection de l'environnement, quoi qu'en disent les organisateurs et les autorités locales, je reste très
sceptique.
Quant aux retombées pour les deux pays, je ne doute pas qu'elles soient positives pour le tourisme. Mais à long terme, le Chili, qui base sa communication sur les beautés naturelles et vierges
pour attirer les touristes, se tire peut-être une balle dans le pied en accueillant à bras ouverts les sports mécaniques.
Par @tom
-
Publié dans : Sauver la planète
-
10