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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 22:28
Vu de France, on a un peu de mal à se rendre compte ce que signifient les répliques du séisme du 27 février. Pour comprendre un peu mieux, voici une animation réalisée il y a deux semaine par le journal La Tercera.

animation terremoto

En 16 heures, la zone centre-sud du Chili a enregistré un séisme et 70 répliques de diverses magnitudes. Chaque cercle jaune représente un épicentre. Ceci est juste une photo, voici le lien vers l'animation: http://www.latercera.com/contenido/687_19720_4.shtml

Voici un autre site, sur lequel les Chiliens ont les yeux rivés dès qu'une nouvelle secousse se fait ressentir: il recense sur une carte toutes les secousses ressenties lors des sept derniers jours, avec leur magnitude. Le site est actualisé toutes les quinze minutes.
http://earthquake.usgs.gov/earthquakes/recenteqsww/Maps/10/290_-35.php. On peut clairement voir que l'activité sismique continue et se concentre sur la zone Santiago-Concepcion.

Et pour ceux qui sont intéressés par une information plus technique et scientifique (mais néanmoins abordable pour le grand public), voici un excellent article explicatif publié par le CNRS:
http://www.insu.cnrs.fr/a3428,seisme-concepcion-chili-27-fevrier-2010.html


Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur - Communauté : Expatrie(e)s
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Mardi 16 mars 2010 2 16 /03 /Mars /2010 22:59
« Le tremblement de terre n’était pas prévu au programme ». Sebastian Piñera en est fort marri : lui qui espérait insuffler le changement après vingt ans de gouvernance de centre-gauche, le voilà transformé en futur président d’un pays en état d’urgence. Son programme, ce sera désormais « remettre le pays sur pied ». Le nouveau chef d’Etat l’a dit, la priorité sera reconstruire des hôpitaux et des écoles, réaménager les infrastructures portuaires et routières, construire de nouveaux logements. Les réformes économiques et sociales attendront.

Comme un malheur ne vient jamais seul, la bourse de Santiago a vu rouge après le séisme. La réplique des marchés secoue à son tour le Chili, et l’on espère que les conséquences ne sauront pas dramatiques. Le gouvernement a d'ores et déjà prévu de verser des subsides aux entreprises pour éviter les licenciements. Voilà une véritable double peine, totalement injuste, qui me fait dire une fois de plus que l’économie de marché et le capitalisme ne sont pas des solutions viables, durables et soutenables pour l’Humanité. Heureusement pour le pays, les cours du cuivre, dont il est premier producteur mondial, ont monté en flèche. Des fois que le Chili cesserait d’exporter, sait-on jamais, les acheteurs se bousculent pour acheter le métal brut.

A l'image du peuple chilien, l'économie vacille mais ne devrait pas flancher. La principale raffinerie du pays est actuellement hors-service, faisant craindre pour l'approvisionnement en carburant. L'industrie viticole a perdu près de 250 millions de litres. L'agriculture est également touchée. Pas les plantations elles-mêmes, mais le système d'irrigation des cultures, qui fonctionne à l'électricité. Dans les régions agricoles du sud de Santiago, où le courant n'est pas encore rétabli, on craint de fortes pertes.

Malgré tout, Piñera maintient son objectif de croissance annuelle de 6% pour le Chili. Et c’est possible: il y a tant à reconstruire qu’il y a de quoi donner du travail à de nombreuses entreprises. Mais plus que jamais, les chiffres ne seront pas représentatifs du nouveau de vie des habitants du pays. Car comme souvent, ce sont les plus pauvres qui ont le plus perdu.

Comment le gouvernement de Piñera va-t-il faire pour surmonter les 30 milliards de dollars de dégâts causés par le séisme (une estimation qui, de plus, pourrait être revue à la hausse)? Il va d'abord piocher dans la cagnotte de 11 milliards que lui a rapporté l'industrie du cuivre. Ensuite, le Chili va emprunter massivement à l'étranger. Autrement dit, le nouveau président tente de ne pas modifier outre-mesure son budget prévisionnel et ses projets.

Une hypothèse autrement plus polémique a été avancée: faire passer le coût de la reconstruction au contribuable chilien, et au consommateur. Le gouvernement envisage de surtaxer certains produits comme les cigarettes, les carburants, les vignettes automobiles, etc. Mais surtout, il est question d'augmenter les impôts. Et ca, ca passe plutôt mal auprès d'une population déjà durement affectée. Au lieu de cela, il paraîtrait plus judicieux de rogner un peu sur le budget de l'armée chilienne, la plus riche d'Amérique Latine, qui recoit par décret 10% des bénéfices de l'industrie du cuivre. Mais pour que cela se passe, il faudrait sans doute un autre tremblement de terre. Politique, celui-là.

Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur - Communauté : Libre pensée politique
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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 15:00
- Chérie, on fait l'amour?
- Hmm... non, j'ai la flemme!

Encore meilleur que le mal de tête!
Par @tom - Publié dans : Pensées du jour
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 15:02
Après trois saisons à travailler à mon compte comme guide touristique, j'ai décidé de raccrocher. D'abord, parce que j'ai un emploi à temps plein qui ne me permet pas de me consacrer pleinement à cette activité. Ensuite, parce que l'envie n'est plus là. Et j'estime qu'un guide qui n'a pas, qui n'a plus la passion de partager ses connaissances et ses anecdotes n'est pas un bon guide.

Rien à voir avec le tremblement de terre, donc. Comme je l'ai déjà écrit, les zones les plus touristiques (les volcans et lacs, la Patagonie, le désert d'Atacama, l'île de Pâques) n'ont pas été touchées. Et les centres de Santiago, Valparaiso et Viña del Mar offrent toujours les mêmes points de vue, plages et musées aux visiteurs.

L'an passé, j'ai sérieusement songer à investir et monter une véritable petite agence de tourisme indépendante. Si je n'avais pas eu cet emploi stable en parallèle, peut-être l'aurais-je fait. Le potentiel est là, et il existe plein de manières de développer le tourisme dans ce pays. La qualité des tours organisés par les opérateurs chiliens dans la région de Valparaiso et à Santiago laisse souvent à désirer (on vous emmène en bus d'un point à un autre, avec des guides pas toujours bavards ni enthousiastes, et les visites sont très superficielles).

Modestie mise à part, je faisais beaucoup mieux, et j'ai souvent bien plus de connaissances que les guides locaux. Mais c'est fini tout ca. J'ai envie de consacrer mon temps libre à autre chose, et ne m'occuperai désormais d'organiser des visites guidées que pour les amis et la famille, quand ils viendront par ici. A bon entendeur...
Par @tom - Publié dans : Vie du blog (et du blogueur) - Communauté : Voyages
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 19:48
On n’a jamais vu plus tristes humoristes que les amuseurs publics chiliens. Invités dans divers programmes de télé dédiés à mobiliser les Chiliens et à leur remonter leur moral, ils n’ont pas le cœur à la plaisanterie. Désarmés qu’ils sont, comme leurs compatriotes. 2010 devait être une année de célébrations, les 200 ans du pays. La fête a tourné court. Toute manifestation culturelle a été interdite cette semaine. Le festival international de la chanson de Viña del Mar, l’un des plus importants du continent, a été amputé de sa dernière journée, samedi dernier. La venue du roi d’Espagne pour le salon de la langue espagnole a été annulée. Les places de concert pour les prochains jours sont remboursées –qui, de toute facon, a l’âme à sortir et faire la fête ?

La culture risque bien d’être une victime collatérale de ce cataclysme. Qui va dépenser l’argent public dans l’art et les spectacles ? Il n’y aura que les gros producteurs de concert et la télévision pour promouvoir un semblant de culture et de divertissement. Qu’est-il arrivé aux maisons-musées de Pablo Neruda ? Leurs nombreuses collections de coquillages, verres et bouteilles, en autres, doivent être sans dessus dessous. Et quid de l’exposition exceptionnelle de l’armée en terre cuite de l’empereur de Chine ? Les sculptures de soldats grandeur nature, actuellement exposées dans les sous-sols du palais présidentiel à Santiago, auront-elles résisté à cet ennemi que nulle hallebarde ne saurait menacer ?

De tout cela, on n’en parle pas dans les médias. Pas encore, en tout cas. En revanche, au titre de « divertissement », on invite les participants de « Peloton », un reality-show sur le mode « Septième compagnie », à découvrir les images du séisme en direct. Enfermés dans leur bulle, ils n’avaient aucune idée de l’ampleur des dégâts, quatre jours après la secousse. Après que le public ait pu apprécier, avec un brin de voyeurisme, leur réaction incrédule et choquée face aux images, les candidats sont retournés à leur casemate avec une nouvelle mission : faire de leur mieux pour divertir les téléspectateurs et ramener les sourires dans les foyers. Ca me fait rire jaune, mais passons.

La télévision chilienne s’est unie pour organiser un Téléthon spécial pour récolter des fonds en faveur des victimes du séisme, ce week-end. On espère que les humoristes auront retrouvé, au moins un peu, le sourire.
Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur - Communauté : Expatrie(e)s
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