Jeudi 11 décembre 2008
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Un nouveau slogan résonne depuis peu dans les oreilles des usagers du métro de
Valparaiso. Une campagne de sensibilisation incite les usagers à ne pas salir ni détériorier les trains. Quel est l'intérêt de raconter ce genre de choses banales sur ce blog? Le slogan qu'ils
ont pondu: "Un métro propre est une preuve de culture". Mouais. Mettre les déchets dans la poubelle, ne pas taguer, c'est sans doute une preuve d'éducation,
de civisme, de respect si l'on veut; mais de culture?
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Vendredi 31 octobre 2008
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Noël: fête commerciale. Pâques: fête du chocolat. Toussaint: fête des fleuristes et
des marchands de citrouilles (pour Halloween). 15 août: fête des feux d'artifice... Pas la peine de vous faire un dessin: les fêtes religieuses se sont depuis longtemps paganisées (de l'adjectif
"païen", pour ceux qui ne connaissent pas le mot) et commercialisées, pour le meilleur et pour le pire. Au Chili, c'est peut-être un peu moins vrai qu'en
France, encore que c'est pas sûr.
Dans ce contexte, c'est avec une certaine surprise mêlée de circonspection que j'ai appris la création d'un nouveau jour férié, le 31 octobre, veille de la Toussaint. Non pas parce qu'il s'agit
d'un jour important pour les chrétiens, mais parce que le nouveau jour férié s'appelle le "Jour des Eglises évangéliques et protestantes". On peut y
voir une marque d'ouverture d'esprit et de tolérance du Chili, pays de tradition catholique. On peut y voir au contraire une mesure conservatrice de la part du gouvernement, a priori laïc. A
moins que ce soit tout simplement pour faire plaisir aux marchands d'oripeaux pour Halloween...
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Lundi 27 octobre 2008
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21:23
Avez-vous déjà entendu parler de la Ley Seca (littéralement, la "loi sèche")? Elle
existe au Chili, mais également dans d'autres pays d'Amérique Latine. C'est une loi qui interdit la vente d'alcool les jours et veilles d'élections, que ce
soit dans les bars, supermarchés, restaurants... Manière de responsabiliser les électeurs? Personnellement, je trouve ca assez douteux. Il faut vraiment avoir beaucoup bu pour être capable de se
tromper de bulletin avant de le glisser dans l'urne. Et qu'on ne me fasse pas croire que c'est pour que les électeurs aient l'esprit clair: normalement, ils savent déjà pour qui ils vont voter
avant d'aller dans l'isoloir.
Je crois plutôt que c'est avant tout une mesure de sécurité. D'abord, pour faciliter le travail des policiers chargés de faire respecter l'ordre dans les bureaux de
vote. Ensuite, pour éviter les débordements dans les rues une fois le scrutin dévoilé. Enfin, ca donne un peu de solennité à l'acte de voter, ca enveloppe d'une aura de respectabilité la
chose politique (qui en bien besoin dans ces pays latinos).
Quoiqu'il en soit, c'est une mesure à la con, puisque rien n'empêche de s'ouvrir une bouteille a la casa, ni de faire des provisions en prévision les jours
précédents. D'ailleurs, hier, jour des municipales, on a bien bu. Alors m'sieur le maire, à vot' sant'hic!
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Lundi 20 octobre 2008
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08:47
Pour commencer, en préambule et avant d'aller plus loin, une question:
connaissez-vous le nandou? Non? Le nandou est le cousin sud-américain de l'autruche, un peu plus petit. On le trouve sur l'Altiplano des Andes, au Chili, en Argentine et en Bolivie. Fin du
préambule.
Il y a dix ans exactement, Augusto Pinochet (rien à voir avec le nandou) était arrêté à Londres. Ce jour-là, une moitié du Chili a célébré l'événement autant
que le jour où l'ancien dictateur s'est retiré du pouvoir. Ce jour-là, l'autre moitié du Chili s'est indignée face au traitement que l'on faisait subir au vieux général malade. Ce jour-là, le
président centriste Eduardo Frei, bien embêté, l'a joué diplomate en déclarant simplement que le Chili n'acceptait pas que Pinochet soit jugé en sol étranger. Facon d'approuver la condamnation,
mais aussi d'apaiser les pro-Pinochet qui réclamaient son extradition au Chili (espérant ainsi qu'il ne serait jamais jugé). Et pendant plus de 500 jours, ce fut la crise diplomatique entre
Santiago et Londres. Jusqu'à ce que le vieux général, en 2000, remette enfin les pieds et la canne au Chili.
Et aujourd'hui, alors que la moitié du Chili s'indigne encore qu'on ait trainé le vieil homme malade devant les tribunaux, s'offusque qu'un programme de télé
nationale ait élu Allende comme le plus grand Chilien de l'Histoire, les moins de 30 ans évoquent encore le sujet avec une certaine passion, se souvenant des débats sans doute enflammés et
des opinions affirmées de leurs parents. Mais comme ici, on n'aime pas se fâcher pour la politique, il arrive bien souvent que l'on évite prudemment le thème, et les coups de bec qui vont avec.
C'est ce que j'appelle la politique du nandou.
D'ailleurs, beaucoup de Chiliens se désintéressent de la politique. Ou plutôt: des politiciens. Même si le Chili est le pays le moins corrompu d'Amérique latine, les professionnels de la
politique n'ont pas la cote. D'ailleurs, seuls 25 à 30% des Chiliens votent. C'est également dû au fait qu'une fois que vous êtes inscrit sur les listes électorales, il est obligatoire d'aller voter, sous peine de sanctions. Ca n'incite pas les gens à s'inscrire! Mais ici, beaucoup pensent que si le vote n'était pas une obligation, personne
n'irait voter...
Et pour vous dire à quel point les politiciens et les partis sont mal aimés ici, il est fréquent que les candidats aux élections municipales n'apposent pas le logo
de leur parti sur les affiches électorales! On préfère jouer sur la personne que sur les idées.
Ca donne des affiches avec des slogans très années 60, du genre "dans le coeur des gens", "Candidat Machintruc, Viña a besoin de lui". Un candidat a même repris une
version de "We are the champions" de Queen, avec des paroles en espagnol relatant un bout de son programme. Pas de chance pour lui, la maison de disques a engagé des poursuites pour
plagiat! Mais il y a encore pire: j'ai vu des affiches de candidat où le nom n'apparait même pas, d'autres avec des photos où le candidat a l'air tellement déprimé et peu sûr de lui qu'on se
demande s'il aurait pas mieux fait de se cacher la tête. La politique du nandou, je vous dis!
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Dimanche 12 octobre 2008
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16:38
"Il plut quarante jours et quarante nuits." Ca vous dit quelque chose? C'est ce qui
était écrit sur un tract qu'on m'a tendu dans la rue, l'autre jour. A côté, "la Bible, le plus grand livre d'aventures". C'est pas faux, effectivement, on peut tout à fait lire la bible comme un
roman d'aventures mystico-fantastique. Mais je m'égare.
Pourquoi je vous parle de cela? Parce que ce prospectus m'a été distribué par la très officielle Société biblique chilienne, à l'occasion du mois de la bible. Moi je ne savais pas que c'était le
mois de la bible, mais ca n'a rien d'étonnant, dans un pays où la deuxième chaîne de télé donne quotidiennement des sermons de gentils prêtres en soutane, à des
heures de grande écoute; où la pilule du lendemain a été interdite parce qu'elle aurait peut-être éventuellement des effets abortifs; où l'Opus Dei est puissante; où les nouvelles églises
advantistes fleurissent comme des paquerettes; où les divers groupuscules chrétiens plus ou moins sectaires paradent régulièrement en chantant dans les rues... Je continue?
Même si les jeunes sont moins croyants que leurs parents et aïeux, la religion catholique (et ses dérivés) est toujours vivace au Chili. Et dans bien des aspects, elle me parait mieux intégrée à
la société qu'en France. Par exemple, la Société biblique susdite a mis en place un service téléphonique "Alo Jesus". En direct avec le Seigneur en PCV, un
vrai miracle! Il y a aussi un site internet, www.alojesus.cl. Aujourd'hui, faut plus s'étonner si un illuminé vous dit qu'il entend des voix!
Plus sérieusement, au Chili, les prêtres vont aux matches de foot, font (parfois) la fête avec les familles de fidèles. Mais surtout, l'Eglise s'est mise à la technologie, et il n'est pas rare
que les jeunes curés (pas seulement les jeunes, d'ailleurs) chattent sur Internet avec leurs fidèles, voire créent des communautés sur Fesse-Bouc. C'est
l'Eglise version 2.0. ctrl+"Amen"
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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