En 1968, Charles De Gaulle, sûr de lui, organise
un référendum pour demander aux Francais s'ils veulent toujours de lui à la tête de l'Etat. Déroute du général. Il abandonne le pouvoir l'année suivante.
En 1988, Augusto Pinochet, sûr de lui, organise un référendum pour demander aux Chiliens s'ils veulent toujours de lui à la tête de l'Etat. Déroute du
général. Il abandonne le pouvoir l'année suivante.
Je ne comparerai pas De Gaulle à Pinochet. C'est sans doute l'un de leurs seuls points communs. Toujours est-il que le 5 octobre, on célébrait les vingt ans du non à Pinochet. Et que j'aurais dû
en parler dans l'article précédent, en vous disant que la démocratie chilienne était arrivée à majorité, mais pas encore à maturité. Mais je n'y ai point
pensé. Et comme je n'ai pas envie de parler politique maintenant, je vous livre mon pronostic pour 2008:
En 2008, notre Iznogoud, sûr de lui, organise un référendum pour demander aux Francais s'ils approuvent le dernier disque de Carla Bruni. Déroute de la maison
du disque. Le PDG se fait virer et remplacer par Brice Hortefeux, qui va en profiter pour mettre un peu d'ordre et mettre fin aux contrats de tous ces voyous de rappeurs.
Bon, plus sérieusement, je me demande si dans 17 ans, on célébrera le non à la Constitution européenne...
L'ère des excès politiques me semble bel et bien révolu au Chili. Après les dérives
communistes d'Allende (parce qu'il y en a eu, Allende n'était pas parfait!), après la dictature, après l'ouverture du pays au capitalisme ultra-libéral, j'ai le sentiment qu'on est arrivé au stade de la modération. La modération, ce sont les 18 ans de démocratie stable que connait le pays, c'est la proposition d'une nouvelle constitution pour
en finir pour de bon avec l'héritage de Pinochet, c'est, encore, le tout récent projet de loi pour la nationalisation de l'eau chilienne...
C'est justement la constitution de 1980, faite par et pour Pinochet, qui est ici en cause. Le dictateur avait privatisé à tours de bras, et créé une Loi des eaux qui laissait le précieux liquide
aux mains des multinationales. Aujourd'hui encore, 80% de la distribution d'eau au Chili dépend d'une entreprise étrangère, Endesa.
A l'heure où l'eau devient un bien de plus en plus précieux, où l'on parle de plus en plus de possibles guerres de l'eau, nationaliser les ressources serait une mesure pleine de bon sens, surtout
dans un pays qui possède d'abondantes richesses en eau potable, en Patagonie et en Antarctique.
Enfin une bonne nouvelle pour les Indiens du Chili. L’Organisation Internationale du
Travail (OIT) a accepté la ratification par le Chili de l’accord n° 169, qui permettra aux peuples indigènes d’accéder à un certains nombre de droits.
Les peuples indigènes, ce sont les Indiens Mapuches, Aymaras et autres, qui ont toujours vécu sur ces terres et que les conquistadores ont vite privé de leurs droits. Et si la ségrégation
n'existe officiellement plus au Chili, elle est encore bien réelle.
Savez-vous par exemple qu'il arrive fréquemment que des jeunes délinquants indigènes purgent des peines disproportionnées par rapport à leurs méfaits? Tout ca parce qu'il existe une loi qui
permet d'assimiler les délits commis par les Mapuches à du terrorisme politique. Et dont on abuse un peu, aux dires des Mapuches et diverses organisations
humanitaires.
Mais grace à cette signature, les minorités indiennes gagneront, notamment, le droit d'être représentées par quota au congrès. Un sous-secrétariat aux
affaires indigènes va également être créé. Ca n'empêchera pas le racisme au quotidien (ici, quand quelqu'un se met soudainement en colère, on a l'habitude de dire "te salio el Indio", tu as faire
sortir l'Indien), mais c'est déjà mieux que rien.
A propos, vous savez comment on appelle les Indiens au Chili? los Indios. Normalement, il faudrait dire Indigenes. Et vous savez comment on appelle les Indiens d'Inde au Chili? los Hindus.
Normalement, il faudrait dire Indios. Oui mais Indios, c'est ce qu'on utilise pour Indigenes. Bref, il y a de quoi s'y perdre. Un conseil, enfin: si vous rencontrez des Chiliens, ne leur dites pas qu'ils sont typés indiens, ils risqueraient de mal le prendre.
...si je continue, je vais finir par rentrer dans cette
catégorie, au grand étonnement de certains. Je commence en effet à cumuler les activités, parallèlement à mes 45 heures par semaine. Comme j'ai gardé mon site
de guide touristique et que l'été approche dans l'hémisphère sud, je commence à recevoir de nouveau des emails pour des visites guidées. Et si je ne peux pas répondre à toutes, je n'ai pas
l'intention d'arrêter. Je chercherais plutôt un partenaire de confiance, en fait, pour développer l'activité.
En plus de cela, je viens de m'impliquer dans un business sur Internet, type HerbaLife mais en beaucoup plus intéressant financièrement et moins contraignant
en temps. Et là aussi, je cherche des partenaires. Et puis j'essaie de garder un oeil sur le rallye Dakar -bon OK, ca c'est pas vraiment du travail.
Cela fait-il de moi un accro au boulot? Je ne sais pas, à vous de me dire... Notez quand même qu'il me reste du temps pour moi, et pour Caro aussi, bien sûr. Pour le blog, un peu
moins...