Mercredi 10 février 2010
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Les actionnaires au gouvernement. La droite libérale en rêve partout dans le monde,
Sebastian Piñera l'a fait. Le nouveau président chilien a divulgué hier la composition de son cabinet: on dirait le comité de direction d'une multinationale. Sur 22 ministres, on trouve pas moins
de 7 entrepreneurs et 11 économistes ou spécialistes de la finance. Voici quelques-unes des figures principales:
Rodrigo Hinzpeter, ministre de l'Intérieur, numéro 2 du gouvernement:
Spécialiste du droit des affaires, issu d'une famille de gauche (Hinzpeter père était
intime d'Allende), il a progressivement dérivé à droite et est devenu le bras droit de Piñera. C'est peut-être cela que le nouveau président appelle "l'esprit d'ouverture".
Alfredo Moreno Charme, ministre des Relations
Extérieures, numéro 3: Spécialiste de la finance et des fusions d'entreprises, il est directeur ou vice-président de plusieurs grandes companies nationales. et internationales. A l'image de
Piñera qui a finalement vendu ses actions de Lan Chile, il devrait renoncer à la plupart de ces fonctions.
Jaime Ravinet, ministre de la Défense, numéro 4:
Membre de la Démocratie Chrétienne qui faisait partie de la coalition gouvernementale de centre-gauche, dont il a été ministre. Figure de la politique chilienne, c'est le premier "traître" à
retourner sa veste (quand il a appris sa nomination, il a quitté la DC après 49 ans de militantisme). Voilà qui va faire mal à la future opposition, et peut-être amener le centre à défaire son
alliance avec les socialistes et se rapprocher de la droite piñeriste.
Cristian Larroulet, secrétaire général de la
Présidence, numéro 6: Un autre économiste qui a fait ses classes auprès de l'école ultra-libérale de Chicago, tout comme Alfredo Moreno. Piñera avait dit que son gouvernement ne compterait
aucun ancien ministre de Pinochet. Peut-être, mais Larroulet fut directeur de cabinet de l'emblématique ministre des Finances de Pinochet, Hernan Buchi.
Et que dire de Joaquin Lavin, assesseur de la
planification nationale de Pinochet, éminence de l'Opus Dei, nommé ministre de l'Education? On peut comprendre que Piñera se devait d'accorder un portefeuille à Lavin, qui fut son adversaire
présidentiel il y a quatre ans et s'est depuis converti en précieux allié. Mais l'éducation? Autant la confier aux jésuites!
Parmi les autres cadres du gouvernement, on compte également l'un des architectes de l'indépendance de la banque centrale (clairement, il a fait en sorte que l'Etat se mêle le moins possible des
marchés financiers et du business local), six femmes (mais aucune en charge d'un ministère stratégique), et des vrais professionnels pour des domaines aussi spécifiques que la santé ou
l'agriculture (ca, c'est plutôt bien). Et pour le côté people, on a mis un acteur de télé (qui possède aussi une compagnie de théâtre e est assesseur culturel, il est vrai). Là, sans
commentaire.
Bref, moi qui espérais un gouvernement ouvert, comme Piñera lui-même l'avait annoncé, j'ai été bien optimiste et naïf. Certes, à première vue, il y a beaucoup d'indépendants (la moitié des
ministres ne sont affiliés à aucun parti) et un ex-pilier du centre-gauche. Mais tous ces indépendants sont bien évidemment sympathisants du nouveau président. Et au final, c'est surtout un
cabinet d'économistes et de financiers. Qui, j'en ai bien peur, risquent de gouverner un pays comme ils géreraient une fabrique de pots de yaourts. L'avenir le dira...
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Jeudi 4 février 2010
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23:46
Cela fait maintenant presque trois semaines que le Chili a élu son nouveau président,
Sebastian Piñera. Et je n'ai pas écrit une ligne à ce sujet. Pourquoi? Parce que ledit président n'entrera en fonction qu'en mars, donc il y a le temps pour en parler. Et puis sitôt l'élection
terminée, tout le monde est parti en vacances, et moi-même je vaquais à d'autres occupations. Mais passons, j'ai décidé qu'il était temps de sortir de mon mutisme.
Sebastian Piñera est souvent comparé à Silvio Berlusconi. Tous deux hommes de droite, ils ont amassé une grande fortune dans les affaires (Piñera est actionnaire principal de la compagnie
aérienne Lan, du plus grand club de foot chilien et d'une chaîne de télé). Tous deux ont vu en la politique une sorte d'ultime challenge, et l'on pourrait dire que les deux y ont cherché une
sorte de consécration.
Mais la comparaison s'arrête là. Berlusconi s'est allié à l'extrême-droite et a fait passer des lois aventageuses pour ses négoces. Piñera, lui, a promis qu'aucun ancien ministre de la dictature
de Pinochet ferait partie de son gouvernement, et il s'est engagé à vendre toutes ses actions. Bon, il y a de fortes chances que ca reste en famille, mais au moins il fait preuve d'intégrité.
J'ai aussi l'impression que pour Berlusconi, la consécration consistait à arriver au sommet. Piñera a vraiment le désir de changer et de "faire les choses bien", sans quoi il ne considérera pas
avoir atteint cette fameuse consécration. Ceci dit, il a déjà la satisfaction de mettre fin à vingt ans de règne de la coalition de centre-gauche qui gouverne le Chili depuis la chute de
Pinochet.

Comment Piñera agira-t-il une fois au pouvoir? Je ne me livrerai à aucun pronostic. Mais j'ai peur qu'il oublie un peu vite son programme social et fasse des ponts d'or à ses copains
capitalistes. Comme un certain Nicolas. Oui, selon moi, Piñera s'apparente plus à Sarkozy. Comme lui, il risque d'avoir une politique très capitaliste, et souhaite renforcer la lutte contre la
délinquance (au prix de quelles entraves à la liberté individuelle? c'est bien cela qui inquiète ses détracteurs). Comme lui, il a annoncé qu'il souhaiterait intégrer des personnalités de gauche
et du centre dans son gouvernement. Et ca, c'est très intéressant, dans un pays où le clivage droite-gauche est très marqué (en gros, il divise les ex-pinochétistes à droite et les opposants à la
dictature de l'autre côté).
En France, Nicolas Sarkozy a non seulement réussi à intégrer des personnalités de gauche dans son gouvernement et faire en sorte que cela fonctionne, mais il a aussi durablement affaibli
l'opposition, désemparée face à cette "trahison" de quelques membres historiques et qui ne sait plus trop sur quel pied danser. Très vicelard, comme stratégie. Plus que l'esprit d'ouverture, je
soupconne que c'est cette possibilité de faire vaciller l'opposition qui a motivé Piñera à imiter Sarkozy. Mais laissons-lui pour l'instant le bénéfice du doute.
Si Sebastian Piñera réussit à ouvrir son gouvernement à gauche, ce sera de toute facon une grande victoire pour lui. Soit une victoire de la démocratie et de l'ouverture, signifiant que la droite
a définitivement tiré un trait sur la sombre époque de la dictature; soit une victoire de la droite face à l'opposition, qui se retrouverait profondément démobilisée si certains cadres
acceptaient l'offre du nouveau président. J'espère profondément que la première option l'emportera. Sans trop y croire...
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Dimanche 10 janvier 2010
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19:06
Il est important d'être toujours rassasié. Ainsi, impossible de vous faire avaler des
couleuvres.
Par @tom
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Publié dans : Pensées du jour
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Jeudi 7 janvier 2010
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/2010
13:07
Un seul hêtre vous manque et tout est des peupliers
Par @tom
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Publié dans : Pensées du jour
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Mardi 5 janvier 2010
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23:45
Comme il est de coutume sur ce blog, pas de voeux de bonne année. C'est pas le genre
de la maison. Tout ca c'est du vent, ou de l'hypocrisie, dans la majorité des cas. Bonne gueule de la bois de la rentrée, ca oui c'est réaliste. Et sincèrement compatissant, aussi.
Les bonnes résolutions aussi, c'est hypocrite. C'est comme les promesses électorales. Ca dure jusqu'au 5 janvier et puis c'est fini. Moi par exemple, j'ai résolu de
reprendre l'aviron (entre autres choses). Bon, on est le 5 janvier, je n'ai pas encore fait l'ombre d'un mouvement pour mettre ma résolution en application.
Concernant ce blog au design inachevé et à la publication de moins en moins fréquente, je n'ai pris aucune résolution. Mais il est bien possible que 2010 soit le
champ du cygne pour cet espace vieux de plus de trois ans. Je pense quitter le Chili à la fin de l'année, et tourner la page de Vusurlemonde par la même occasion. Mais bon, rien n'est encore
arrêté. D'ici là, il me reste encore pas mal de choses à raconter, chroniquer, critiquer, commenter... à bloguer, quoi!