Jeudi 7 janvier 2010
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Un seul hêtre vous manque et tout est des peupliers
Par @tom
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Publié dans : Pensées du jour
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Mardi 5 janvier 2010
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23:45
Comme il est de coutume sur ce blog, pas de voeux de bonne année. C'est pas le genre
de la maison. Tout ca c'est du vent, ou de l'hypocrisie, dans la majorité des cas. Bonne gueule de la bois de la rentrée, ca oui c'est réaliste. Et sincèrement compatissant, aussi.
Les bonnes résolutions aussi, c'est hypocrite. C'est comme les promesses électorales. Ca dure jusqu'au 5 janvier et puis c'est fini. Moi par exemple, j'ai résolu de
reprendre l'aviron (entre autres choses). Bon, on est le 5 janvier, je n'ai pas encore fait l'ombre d'un mouvement pour mettre ma résolution en application.
Concernant ce blog au design inachevé et à la publication de moins en moins fréquente, je n'ai pris aucune résolution. Mais il est bien possible que 2010 soit le
champ du cygne pour cet espace vieux de plus de trois ans. Je pense quitter le Chili à la fin de l'année, et tourner la page de Vusurlemonde par la même occasion. Mais bon, rien n'est encore
arrêté. D'ici là, il me reste encore pas mal de choses à raconter, chroniquer, critiquer, commenter... à bloguer, quoi!
Jeudi 17 décembre 2009
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Je me rends compte que dans mon dernier post sur les élections, je n'ai parlé que d'un
thème anecdotique (l'affichage), laissant totalement de côté le sujet principal. Nous y revoilà donc!
A l'origine, ils étaient quatre. Deux dinosaires de la politique chilienne (Jorge Arrate, vétéran communiste; Eduardo Frei, démocrate-chrétien qui fut déjà président du pays), une version locale
de Berlusconi (Sebastian Pinera, l'un des hommes les plus riches du Chili, actionnaire principal de la compagnie aérienne nationale et d'un canal de télévision, entre autres, candidat de
l'Alianza de droite), et un jeune loup dissident aux dent qui rayent le parquet (Marco Enriquez-Ominami, fils de sénateur socialiste).

J'ai suivi dans l'intégralité un débat télévisé entre les quatre mousquetaires. Et j'ai eu l'occasion, ensuite, d'en discuter avec des amis et certains collègues de Global Inc. Et c'est là que ca
devient intéressant. Car la plupart de mes collègues, comme la grande majorité des classes moyennes-superieures au Chili, roule pour la droite. Or presque tous s'accordaient à dire que durant les
débats, celui qui apparaissait le plus sincère, qui exposait le mieux ses idées, c'était... Arrate, le candidat du PC. "Oui, mais il est communiste!" Sous-entendu, on ne peut pas se fier aux
communistes, c'est la peste.
Et là, je reste circonspect. Je peux comprendre que les générations qui ont connu le régime social-communiste d'Allende en veulent à vie aux communistes. A cause de sa politique, ou bien parce
que c'est le social-communiste qui a abouti à la dictature. Mais que des gens de 25-30 ans, qui pour la plupart connaissent la politique à peu près aussi bien que la physique quantique, fassent
preuve d'un tel rejet envers Arrate juste parce qu'il est rouge, ca me dépasse. S'il paraît le plus sincère, avec des idées intéressantes, pourquoi lui jeter aveuglément la pierre à cause de
préjugés anti-coco vieux de 35 ans?
Décidément, la fracture droite-gauche reste encore très vivace même parmi les jeunes générations, bien qu'entièrement basée sur de l'histoire ancienne. Et avec une telle fermeture d'esprit, il
sera difficile de faire changer les mentalités. D'autant plus que la jeunesse chilienne rejette de plus en plus la politique en général. Un seul chiffre: les 18-30 ans ne représentent que 9,2%
des citoyens ayant défilé aux urnes dimanche, selon les estimations officielles. Or ces mêmes 18-30 ans constituent près de 25% de la population apte à voter.
Il faut dire à leur décharge qu'une loi stupide oblige les citoyens, une fois inscrits sur les listes électorales, à aller voter à chaque élection, sous peine d'amendes. Cette loi, censée faire
augmenter le taux de participation, a l'effet inverse: de plus en plus de jeunes en âge de voter ne sont tout simplement pas inscrits. Personnellement, j'estime que dans une démocratie, on
devrait avoir le droit de choisir si l'on veut ou non voter. Ca me semble... démocratique!
Bon... au final, je suis encore passé à côté du sujet principal. Zut! En même temps, je ne suis pas sûr d'avoir envie de m'étendre (et encore moins que mes quelques fidèles aient envie que je
m'étende) sur le programme de chaque candidat. Donc je vais m'en passer. Je vais juste vous dire qu'il reste deux finalistes pour le deuxième tour: Frei pour le centre-gauche, Pinera pour la
droite. Verdict début janvier.
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Dimanche 13 décembre 2009
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12:36
Il me faut d'urgence un médecin. Je fais une overdose... d'affiches politiques.
Aujourd'hui, dimanche 13 décembre, le Chili est appelé aux urnes pour choisir son prochain président, ainsi que ses députés et sénateurs, tout à la fois. Ici, on ne recoit pas dans sa boîte à
lettres la propagande électorale contenant les grandes lignes des programmes des candidats. La campagne se fait essentiellement par les médias, et par voie d'affichage. Et si l'élection est
démocratique, l'affichage est très anarchique. Ce serait presque dangereux pour la circulation. Jugez plutôt:
Avec le peu d'information délivrée au grand public (qui prend vraiment la peine d'aller sur le site Internet des candidats et se plonger dans leur programme?), l'élection se joue surtout à la
tête du client, à l'image que les électeurs se font des partis. Donc on a droit à des slogans basiques à faire retourner dans leur tombe les publicitaires francais des années 30, à des chansons
promotionnelles niveau Club Dorothée (j'exagère à peine! mais au moins c'est plus modeste que le nouveau clip des jeunes UMP!), à des affiches photoshopées où l'on a ajouté, derrière le portrait
du candidat au Parlement, la tête souriante du présidentiable qui le soutient... Personnellement, je ne vois pas en quoi apposer dix affiches du même candidat l'une à côté de l'autre inciterait
plus à voter pour lui. Mais bon, je suis sans doute insensible au charme de ces glorieux politiciens.
Ce qui est très amusant, c'est que dans certains cas, le même candidat présidentiel soutient deux membres de sa coalition, mais qui se présentent l'un contre l'autre au Sénat. Imaginez par
exemple Laurent Fabius postulant pour être député face à Arnaud Montebourg, et les deux s'affichant au côté de Ségolène Royal. C'est monnaie courante au Chili. Ce qui produit une curieuse
situation où deux supposés amis politiques se font entre-déchirer leurs affiches par les partisans de l'un et de l'autre.
Prenons un cas intéressant: Joaquin Lavin, ex-maire de Santiago et ex-candidat à la présidence. Aujourd'hui candidat au Sénat, il est soutenu par le présidentiable Sebastian Piñera... contre
lequel il concurrait il y a quatre ans.
Comme tous les candidats officiels de la coalition de droite, Lavin utilise sur ses affiches les même logos que Piñera, les mêmes couleurs, les mêmes slogans ("Pur Futur", en voilà un slogan
qu'il est bon!). Tous ces candidats affichent "gran senador" ou "gran diputado". Sauf Lavin. Lui, sans vergogne, se dit "tremendo senador", c'est-à-dire "immense sénateur". Serait-ce un
traitement de faveur en tant qu'ancien candidat à la présidence, qui ne peut pas se représenter pour cause d'alliance avec son ex-concurrent? Notez également la photo. Quelle image pense-t-il
refléter, avec ce gros plan de la veste à la main par-dessus l'épaule et cet air évangélique, tête vers le ciel? Lavin, sauveur décontracté? Quand on sait que le bonhomme fut collaborateur de
Pinochet et est membre de l'Opus Dei, ca frôle le ridicule.
A propos d'influence religieuse, il est intéressant de voir qu'au Chili du XXIe siècle, la religion se mêle encore de la politique. Par exemple, l'église évangélique a officiellement apporté son
soutien au centre-gauche. Par ailleurs, les chefs de l'armée et de la police, bien que supposés neutres, soutiennent presque ouvertement la droite conservatrice. Des restes de Pinochet...
Mais je m'égare. Pour finir, ces affiches invasives et ridicules me tapent sur les nerfs. Et malheureusement, si les "commandos" formés par les candidats font preuve de beaucoup de zèle pour
accrocher leur propagande pratiquement n'importe où (et pour bousiller celle des concurrents), ils sont beaucoup moins motivés pour ensuite enlever toute cette poubelle électorale des rues,
arbres, abribus, etc. Je risque donc de devoir supporter cette propagande périmée pendant encore un bon bout de temps... Docteur, et pour cette overdose?
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Vendredi 27 novembre 2009
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14:13
Il y a encore quelques mois, je lisais que 40% des grues du monde se trouvaient
actuellement à Dubaï. C'est énorme. Aujourd'hui, je lis que l'entreprise Dubaï World, promoteur des tous les gigantesques projets immobiliers et touristiques du petit émirat, ne peut rembourser
ses 59 milliars de dollars de dettes, menacant l'émirat de banqueroute. Et faisant du même coup baisser les cours des bourses sur toute la planète. Pourquoi un tel impact, et surtout, pourquoi
maintenant?
Ce qui m'interpelle, c'est la date d'annonce. Pourquoi ce jeudi, férié aux Etats-Unis pour cause de Thanksgiving? Pourquoi ce jeudi, veille d'un long week-end à Dubaï (férié vendredi et lundi)?
On ne me fera pas croire que les dirigeants n'étaient pas au courant il y a quelque temps déjà de cette situation critique.
Quand on connaît un peu le fonctionnement des marchés financiers, et le vent de panique qui souffle parmi les traders et investisseurs du monde entier à l'annonce de ce type de mauvaise nouvelle,
on pourrait se demander si Dubaï ne l'a pas fait exprès. Choisir ce jeudi, c'est plonger les marchés financiers mondiaux dans l'incertitude pendant quatre jours. Et s'il y a bien une chose que
les traders ont en horreur, c'est l'incertitude et le manque d'information. Et quatre jours, pour un trader, c'est très long.
Pour faire simple, c'est un peu comme si votre client, patron ou associé vous donnait un coup de fil disant: "Salut Tom, on est endetté jusqu'au cou, on peut pas rembourser et y'a personne pour
nous aider. On en reparle dans une semaine". Et vous, pendant une semaine, vous vous rongez les sangs et échaufaudez tous les scénarios possibles, imaginables et inimaginables.
Bref, Dubaï qui coule, c'est panique à bord. A l'échelle de l'économie mondiale, pourtant, cest encore un confetti. Mais un confetti qui rassemble sur son sol 40% des grues mondiales pour de
gigantesques projets immobiliers ne peut pas être pris à la légère. Voyez plutôt cette vue aérienne de la ville et tous ces projets d'îles artificielles:
Donc j'aurais tendance à penser que, perdu pour perdu, Dubaï a choisi cette date exprès pour plomber les marchés mondiaux, en espérant les conséquences suivantes:
- faire baisser encore un peu plus le cours du dollar.
- faire monter les prix du pétrole, espérant que les investisseurs inquiets de la stabilité financière des Emirats Arabes Unis se mettent à acheter du brut plus que de raison. Cela ne
renflouerait pas Dubaï, qui produit très peu de pétrole, mais apporterait des liquidités aux émirats voisins.
- sauver ainsi les meubles en renforcant la position très importante des pays arabes producteurs de pétrole sur l´échiquier mondial.
Il est possible que je sois totalement à côté de la plaque. Mais j'aime échafauder mes propres théories géopolitico-économiques quand j'en ai l'occasion.
Par @tom
-
Publié dans : Chroniques de Global Inc.
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