Samedi 15 août 2009
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Mon petit frère, connu blogosphériquement sous le nom de Chako, a réalisé un travail de géographie sur Santiago du Chili. Le document est assez intéressant et représentatif, même s'il contient quelques erreurs.
C'est écrit de manière ludique (pas du tout le style universitaire rébarbatif) et est illustré de nombreuses photos (la plupart prises par moi-même). Comme la monographie complète fait une
trentaine de pages, je ne vais pas la publier en tant qu'article, mais voici le lien pour y
accéder. Bonne lecture!
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Mardi 11 août 2009
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2 copies de la clé de la maison + 10 cachets d'aspirine + 1 crème pour les lèvres +
une coupe de cheveux + 1 remplacement d'une vis de montre + 1 kilo d'avocats du marché = 9 euros.
Des fois, j'aime ce pays.
1 carte de recharge téléphonique pour parler environ 20 minutes = 7 euros.
Parfois, je ne comprends pas la logique de ce pays.
Par @tom
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Publié dans : Pensées du jour
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Vendredi 7 août 2009
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Un groupe international d’astronomes, appuyé notamment par l'Union Atronomique
Internationale, a proposé devant l'Unesco que le ciel de l'Atacama, des Iles Canaries et de Hawai soit déclaré au Patrimoine de l’Humanité. La raison est simple: ces trois zones, grâce à des
conditions atmosphériques et météorologiques particulières, sont les meilleures régions du monde pour observer le ciel. Ce n'est pas pour rien que les plus grands téléscopes du monde se trouvent
dans le nord du Chili.
L'idée est originale. Mais si l'on y songe, ce n'est pas seulement un bout de ciel qu'il faudrait classer, sinon le firmament complet. L'air bouge, et une particule du ciel d'Atacama peut très
bien se retrouver quelques temps après à Los Angeles, Bora-Bora ou Tripette-Les-Oies. Plus sérieusement, même si j'apprécie le travail de l'Unesco, je le considère caduc, dans la mesure où c'est
la planète entière, patrimoine commun à l'Humanité, qu'il faut protéger. Terre, air, océans, la totale. Mais bon, il y a encore du boulot pour faire accepter cette idée. Que l'Unesco continue son
travail, si ca peut y contribuer...
Par @tom
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Publié dans : Sauver la planète
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Jeudi 30 juillet 2009
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...C'est la cata, tout simplement! La semaine dernière, des bruines persistantes ont
fait tomber un demi-millimètre d'eau sur la ville d'Iquique, au nord du Chili. Un demi-millimètre, c'est rien du tout, même pas une giboulée de mars. Oui mais voilà, un demi-millimètre, c'est la
quantité totale annuelle de précipitations pour Iquique! Des précipitations composées uniquement des brumes matinales venues de l'océan. Alors imaginez, des bruines, pour cette zone où il pleut
mille fois moins qu'à Paris, c'est comme le déluge!
A Iquique comme à Arica et le reste du désert d'Atacama, les toits des maisons sont quasi inexistants, et beaucoup
d'entre eux n'ont pas résisté à cette humidité inhabituelle. Les routes de terre se sont transformés en boue, provoquant des petites mouvements de terrain qui ont fait tomber habitations et
poteaux électriques.
Au final, c'est quelques gouttes d'eau ont causé des dommages conséquents à environ 5.000 habitations, faisant du tort à près de 20.000 habitants d'Iquique. On pourrait croire que la pluie
est une bénédiction dans ces zones tant arides. En fait, non, le désert est mieux au sec.
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Lundi 27 juillet 2009
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06:23
L'hiver dans les zones arides de l'Altiplano a quelque chose de fascinant. Alors que
c'est l'hiver, il fait régulièrement 15 degrés à 3.500 mètres d'altitude. Alors que c'est l'hiver, il n'y a pas de neige jusqu'à 5.000 mètres. C'est tout simple: on est sous les Tropiques, le
soleil tape fort, et il ne pleut pas. Ne cherchez pas plus loin pourquoi les Boliviens, Péruviens et autres habitants de l'Altiplano ont très vite la peau basanée et profondément ridée: c'est le
climat qui veut ca.
Si les jours sont cléments, les nuits peuvent être polaires: -5 à -10 degrés en moyenne à Putre. Et les gens d'ici, habitués à peu consommer (l'eau, notamment), n'ont pas pour coutume de chauffer
les habitations. On se couvre, on se pelotonne dans les couvertures, on saute la toilette du matin si le fond de l'air est trop frais. Et on attend les rayons salvateurs pour se réchauffer.
Passer deux jours dans ces contrées permet de comprendre plus facilement pourquoi les Incas vouaient un culte au soleil.
Après une nuit difficile (froid + maux de tête dû à l'altitude = levé du pied gauche, Einstein n'aurait pas dit mieux), le soleil qui rayonne sur la place de Putre aide les corps à reprendre vie.
Sur les montagnes derrière l'église, on nous souhaite la bienvenue à la mode géoglyphique.
Mais Putre n'est qu'un lieu d'escale, pour les touristes comme pour les camionneurs qui font la navette entre le Pacifique et la Bolivie. En route, donc.
La route monte rapidement à 4.400 mètres, jusqu'à l'entrée du Parc national Lauca. Mais la nuit passée à Putre a permis de s'acclimater à l'altitude, aucun souci donc. Comme la veille, le ciel
est d'un bleu immaculé. Comme l'avant-veille, le lendemain, le surlendemain, etc. Soudain, au détour d'un virage, se découvre pour la première fois à nos yeux le cône parfait du majestueux volcan Parinacota.
Du haut de ses 6.300 mètres, c'est l'un des plus hauts volcans du monde. Le lago Chungara, dans lequel il se reflète, en fait un site exceptionnel. Mais le volcan est encore à près de 40
kilomètres (sur la photo, il a l'air nettement plus près, n'est-ce pas?). Avant, il faut traverser le bofedal de Parinacota, une sorte de marécage d'altitude, contenant également de petites
étendues de sel, où grouillent lamas, alpagas et vigognes.
Petit cours de sciences naturelles: comment différencier lamas, alpagas, vigognes et guanacos? Ce n'est pas si compliqué. Les deux premiers sont domestiques, tandis que vigognes et guanacos sont
sauvages. Donc, si vous voyez un animal avec un collier ou des fanfreluches de couleur sur le poil, ce sera forcément un lama ou un alpaga. Le lama est nettement plus grand, tandis que l'alpaga
est nettement plus laineux. Voici par exemple un jeune alpaga:
Le guanaco, comme je l'expliquais dans l'article précédent, est plus grand, au poil moins abondant et plus rèche.
Il ressemble beaucoup au lama, considéré comme son cousin domestique. Le vigogne, le plus petit des quatre, est considéré comme le cousin sauvage de l'alpaga, au pelage plus fin mais beaucoup
moins épais. Sa laine se vend à prix d'or à de grands couturiers (alors que moi, j'ai acheté un pull artisanal en laine d'alpaga pour 10 euros!). En voici un:
En résumé: deux grands, lama et guanaco; deux petits, vigogne et alpaga. Deux sauvages, vigogne et guanaco; deux domestiques, lama et alpaga, qui sont les plus laineux. Les vigognes sont les plus
faciles à reconnaître pour leur taille et leur pelage fin. Mais poursuivons notre route: après la pause camel (haha!), nous arrivons aux lagunes de Cotacotani.
Difficile de dire si les berges blanches sont faites de glace ou de sel. Probablement la seconde option. Mais nous ne faisons que passer, le but est proche. Plus qu'un raidillon à franchir, et
nous voici au lac Chungara. Le paysage est à couper le souffle, jugez plutôt:
Une chose me frappe: les étendues planes à de telles altitudes. Sans les volcans, ce serait un vaste haute plateau balayé par le vent. Il suffit de regarder à l'autre bout du lac, côté bolivien,
pour s'en convaincre. Seul le volcan Sajama, du haut de ses 6.500 mètres, émerge de ces territoires presque plats.
La berge sud du lac est bordée par la route internationale Arica-La Paz, empruntée chaque jour par des milliers de poids-lourds, mais ca n'enlève rien à la magie du lieu. Une magie qui a pourtant
bien failli disaparaître de la main de l'Homme. Un canal d'irrigation a en effet été construit pour pomper l'eau du Chungara jusqu'aux cultures de la vallée d'Azapa, aux portes d'Arica.
Finalement, le projet n'a jamais été concrétisé, et c'est heureux! Car sans les eaux du lac, c'est tout un écosystème qui serait détruit.
Outre les camélidés, la zone est habitée par les condors, difficiles à observer, mais aussi par des échassiers dont les flamands roses, des mouettes, des mésanges, et quelques rongeurs comme le
placide vizcacha, gros comme un lapin, qui passe des heures assis sur une pierre à se chauffer au soleil.
On peut également apercevoir des nandous, cousin de l'autruche, courir tel le bip-bip fuyant le coyote. Mais c'est plus rare. D'une manière générale, la plupart de ces animaux sont invisibles le
matin: ils attendent que le soleil dégèle plantes et points d'eau pour aller se nourrir. Et pour les hommes, c'est pareil. Ici, la vie est rythmée par l'astre de feu. Passez au village de
Parinacota en plein après-midi, vous y verrez les quelques habitants assis sur un banc, sur la place, prendre le soleil tels les vizcachas, seulememt troublés par quelques voyageurs.
Le village, à 4.300 mètres d'altitude, semble désert. Avec son église traditionnelle en adobe et toit de chaume, c'est l'un des hameaux typiques les mieux conservés de l'Altiplano chilien, mais
en danger de décrépitude, faute d'activité humaine. Au pied du volcan, au bord des marécages où se nourrissent les animaux, l'endroit est lunaire, presque irréel. Il est difficile de s'imaginer
vivre ici, même si le site est ensorcelant.
Après ca, tout ce silence, ces paysages magnifiques qui appellent à l'humilité et à la méditation, pas envie de redescendre à la "civilisation". Mais c'est pourtant tout ce qu'il nous reste à
faire. Jusqu'à la prochaine escapade...