Mardi 25 décembre 2007
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Curieusement, alors que le Chili reste un pays très catholique, ses habitants confondent Noël et Pâques.
Ici, on appelle indifféremment Noël "Navidad" ou "Pascua". Ici, le gros homme barbu en habit rouge s’appelle El Viejo pascuero, littéralement le Vieux de Pâques! Et certains chants de Noël
traditionnels utilisent aussi le mot "Pascua". Par ailleurs, le mot "Navidad" n’est même pas correct, puisqu’il semblerait que ce soit une déformation de "Natividad", la
nativité.
En revanche, pour Pâques, on dit bien "Pascua", Charles. Et jamais "Navidad". Et les Chiliens ne font pas la
confusion pour les cadeaux: le Viejo pascuero n’apporte jamais d’œufs en chocolat. Mais des chocolats tout court, si, bien sûr!
Quant à l’île de Pâques, qui appartient au Chili, elle a été nommée ainsi parce qu’elle a bel et bien été découverte le jour de Pâques
(enfin... par les Européens. Cela faisait bien longtemps qu'elle était habitée, l'île de Rapa Nui). Ceci dit, les marins qui l’ont abordée ont eu une belle surprise: elle est tellement isolée du
reste du monde qu’ils ont cru au Père Noël!
Sur ce, joyeuses fêtes à tous!
Par @tom
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Lundi 17 décembre 2007
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18:23
Cinq fois, en l'espace de 40 heures, la terre a tremblé autour de Valparaiso. Première secousse: samedi, 15h30. Un vrai tremblement de terre:
6,1 degrés sur l'échelle de Richter à l'épicentre, 5 à Valparaiso. Nouvelle secousse quelques minutes plus tard, et une troisième, très courte, dans
la soirée. Lundi, 3 heures du matin: nouvelle secousse, pas très forte, mais suffisante pour nous réveiller. 6h30 du matin: nouveau séisme de degré 5 à Santiago, également ressenti à
Valparaiso.
Jusqu'ici, ces tremblements de terre ne m'avaient jamais fait peur. Mais celui de samedi après-midi était plus fort que toutes les
secousses que j'avais connues. Et puis quand ça a de nouveau tremblé dans la nuit de dimanche à lundi, j'ai un peu paniqué. D'abord parce que la nuit, c'est plus impressionnant; et puis aussi
parce que généralement, on ressent ici en moyenne une secousse par mois, très rarement plusieurs à la suite. Mais rassurez-vous: je me suis
renseigné, ces tremblements répétés n'ont rien d'anormal, ça arrive parfois, et ce n'est pas un signe annonciateur d'un séisme de forte magnitude. Ouf! {MàJ 20 décembre: heureusement parce
que ça a retremblé à plusieurs reprises il y a quelques minutes! Mais moins fort}
Comme il
est un peu difficile de s'imaginer quel effet ça fait, un séisme de magnitude 5 sur l'échelle de Richter, je vous mets ci-dessous un petit tableau pas mal fait que j'ai trouvé sur Internet. C'est
écrit petit, mais je pense que ça reste visible.
Pour le séisme de samedi, on était clairement à 5 sur l'échelle de Mercalli, pas loin de 6. Donc ça concorde bien
avec les 5 de magnitude sur l'échelle de Richter.
Voilà, j'espère ne pas connaître de séismes plus forts que celui de samedi. Ca peut arriver, mais ne vous inquiétez pas pour moi: là où je
vis, on est normalement à peu près tranquilles jusqu'à 7 sur l'échelle de Richter. Et les séismes d'une magnitude supérieure à 7 sont
rarissimes...
Par @tom
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Dimanche 9 décembre 2007
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11:37
L'intolérance, le conservatisme et l'obscurantisme religieux ont encore frappé à Santiago. Ca s'est passé dans un établissement scolaire privé, Matter
Dei (mère de Dieu). Petit prologue utile pour la compréhension de la suite: Au Chili, à la fin des études secondaires, on fait comme aux Etats-Unis: chaque lycée organise une fête de graduation avec remise de diplômes enrubannés de rouge, uniformes noirs et toques sur la tête, discours devant les parents, et tout le tralala. Pour tous
les lycéens chiliens, c'est un moment important, solennel, avant le passage à l'université ou au monde du travail.
Quel est le rapport avec l'intolérance, le conservatisme et l'obscurantisme? J'y viens: une élève du lycée Matter Dei s'est vue interdire la cérémone de graduation par la direction, au motif qu'elle était... enceinte! Vous comprenez, laisser une élève avec un ventre rond comme un ballon se montrer devant tous les parents, quelle honte pour
cette sainte institution scolaire! Des mineures enceinte dans l'enceinte de Mère de Dieu, grands dieux! Mais tout va à vau-l'eau, même ici il n'y a plus de morale!...
Mais basta les sornettes! Il y a pire: trois autres élèves ont accouché en cours d'année scolaire. Mais elles n'ont pas été interdites de graduation:
comme ce n'était plus "visible", cela posait moins de problèmes, il suffisait qu'elles ne se montrent pas avec leurs bébés. Si c'est pas hypocrite ça!
Heureusement, par solidarité, des élèves ont boycotté la graduation. Et il a fallu que le ministère de l'Education intervienne, et organise une
cérémonie en dehors du lycée pour que les jeunes femmes puissent recevoir leur diplôme comme il se doit, l'une sans cacher son ventre, les autres sans cacher leurs bébés. Décidément, il y a
encore beaucoup à faire pour la liberté des femmes, notamment la liberté à disposer de leur corps.
Et pendant ce temps-là, 500.000 pélerins se rendent ce week-end à la chapelle de Lo Vasquez pour prier la Vierge. Les plus pieux font plusieurs centaines de
kilomètres à pied, sous le soleil, et terminent les derniers hectomètres en rampant. D'autres se parent de couronne d'épine et d'une croix de bois grandeur nature. Et chaque
année, la Croix-Rouge doit secourir malades et blessés.
L'église catholique, bien embêtée face à ces fanatiques, se sent obligée de dire qu'elle n'approuve pas ces pratiques, puisque Sainte-Marie, en tant
que mère des Hommes (et des femmes), n'approuverait que ces enfants ruinent leur santé pour elle. "Mais ce sont des gens qui ont une très grande foi. On ne sait pas ce qu'ils ressentent dans leur
coeur, et s'ils sentent qu'ils doivent faire cela, on ne va pas les en empêcher".
Et Marie, elle aurait fait quoi avec les jeunes mères lycéennes? Approuvé ou pas?
Par @tom
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Samedi 8 décembre 2007
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13:47
En l’espace de quatre semaines, Björk, les Chemical Brothers, Toto, Beck et Police sont venus au Chili. Ce n’est pas souvent que le pays accueille
autant d’artistes internationaux aussi connus en si peu de temps. Mais les prix des entrées sont parfois exhorbitants: jusqu’à 300 euros la place
pour être aux premières loges. C’est presque le salaire moyen d’un Chilien.
Mais ces places partent quand même comme des petits pains. D’une part parce que les classes supérieures peuvent se le permettre. D’autre part parce
que le paraître est important, et que pour montrer qu’on a les moyens, on est prêt à s’endetter pour payer les places les plus chères et faire le
beau juste devant la scène.
Avant, tout ça n’était pas possible, car il fallait payer l’entrée cash. Mais maintenant, grâce aux cartes de crédit des grands magasins qui vendent
les tickets, beaucoup de gens peuvent se le permettre. En réalité, la place à 300 euros, vous la paierez 450, mais en douze fois. Du coup, c’est une aubaine pour
tout le monde: le fan qui peut se payer la place grâce à sa carte de crédit, le grand magasin qui se régale en intérêts, les organisateurs de concert qui peuvent ainsi faire
monter le prix des entrées.
Y’a que les artistes qui râlent (enfin... pas tous), parce que bien souvent ils sont favorables à la démocratisation de la culture, et que ce diktat
du prix d’entrée va à l’encontre de leur idéal. Et puis, bien sûr, tous ceux qui, faute de moyens, se contentent d’écouter les concerts depuis l’extérieur du
stade. C'est mieux que rien...
Par @tom
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Mercredi 5 décembre 2007
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21:37
Vous vous demandez quelle opinion peuvent avoir les enfants d'un dictateur sur leur père? Voici un élément de réponse: la famille de Pinochet veut
ouvrir sa tombe à la visite, pour en faire un lieu de pélerinage. Jusqu'ici, l'endroit était tenu secret, même les médias n'avaient pas eu le droit
de connaître l'emplacement. Mais, un an après la mort du général, ses enfants estiment que ses admirateurs ont le droit de venir se recueillir sur sa sépulture, d'honorer sa mémoire, comme le
fait déjà sa famille.
Le reportage de la télé chilienne était dérangeant, car même si le ton était délibérément neutre, montrer la famille se recueillant avec émotion sur la tombe donnait une humanité nouvelle au
défunt général. Curieusement, il n'était nullement question d'assurer la sécurité du site. Il faut dire qu'ici, ils ne connaissent pas les profanations de cimetière comme en France, ni la tombe de Jim Morrison au Père-Lachaise! Et ce n'est pas Michelle Bachelet, dont le père a été torturé sous Pinochet, qui va leur garantir une présence
policière pour protéger la sépulture!
Et pendant ce temps-là, le président colombien rejette la proposition de Hugo Chavez de négocier avec les Farc pour libérer Ingrid Betancourt. A la place, il sollicite Nicolas Sarkozy. Ca semble
logique, puisque Ingrid Betancourt est moitié-française, puisque, lors de sa campagne, notre Iznogoud avait déclaré que sa libération est une priorité. Mais je crois que c'est une grave erreur d'évincer Chavez. D'abord parce qu'il a du sang indien dans le veines, ce qui n'est pas pour déplaire aux Farc. Ensuite, et surtout, parce
que son discours idéologique me semble beaucoup plus susecptible de séduire les ravisseurs d'Ingrid Betancourt que celui de Sarkozy. Et puis qu'est-ce qu'il ferait notre Iznogoud? Une opération
du GIGN en pleine forêt amazonienne?
A part ça, c'est le dernier jour pour jouer à la devinette. La réponse a déjà été trouvée, mais je ne dirai pas par qui. Il faudra
attendre demain!
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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