Lundi 6 juillet 2009
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15:41
Vous avez sans doute remarqué que lorsqu'on les interviewe, la plupart des artistes
actuels se disent influencé par tel ou tel artiste d'une époque antérieure. C'est normal, mais c'est triste. Car dans bien des cas, cela constitue un appauvrissement artistique. On prend un
ingrédient-clé d'un artiste reconnu, on le mélange à sa propre sauce, et ca fait au final un plat plus fade que l'original, et sans grande créativité.
Pour prendre un exemple populaire: Beyonce Knowles. La diva du R&B est influencée par Aretha Franklin. Bon, j'aime bien Beyonce, mais je trouve que son potentiel est largement inexploité.
Elle pourrait, effectivement, se hisser au niveau d'Aretha. Mais ce n'est pas avec l'ersatz de rhythm'n'blues et de soul qu'on nous sert actuellement que ca va arriver. L'heure est la
simplification des mélodies et des textes, à l'abrutisation des oreilles par des musiques délibérément simplistes. Conséquence de l'industrialisation massive de la musique et des arts en général?
Peut-être. Il est sans doute plus facile pour un producteur de faire du fric avec une lisse et docile Lorie qu'avec un tortueux Dominique A.
Tout comme l'Homme du XIXe siècle est incapable de construire une cathédrale gothique ou une pyramide d'Egypte, il risque de perdre peu à peu les techniques artistiques les plus difficiles à
maîtriser, à force de se complaire dans le nihilisme et la simplification à outrance. Epure, diront certains. Facilité, dis-je.
Si vous voulez mieux comprendre de quoi je parle, nettoyez-vous les oreilles: retournez aux sources du rock et du jazz, écoutez les classiques, aventurez-moi aux musiques du monde, tentez la
musique concrète (plus ardu, ca!)... puis comparez avec la soupe actuelle. A part quelques exceptions, vous verrez, les vieux pots étaient bien meilleurs.
Faites de même avec les autres disciplines artistiques: comparez Racine à Eric-Emmanuel Schmitt (qui n'est pas mauvais du tout, je tiens à préciser!), Christine Angot à Simone de Beauvoir. Allez
successivement au musée d'Orsay et au Palais de Tokyo. Je ne suis pas un chantre du classicisme (j'aime la peinture contemporaine, par exemple), mais je préfère un chef-d'oeuvre basé sur
l'esthétisme pur, la technique, la beauté d'une expression, à une production artistique dont la seule réelle valeur est le concept. Trop intellectuel, trop peu d'émotion. Et c'est toujours
pareil: peintres, plasticiens et sculpteurs actuels se disent inspirés par Untel ou Unetelle. Et qu'ont-ils gardé de ces maîtres du passé? Ils sont allés vers "la simplification". C'est ce que
j'appelle l'appauvrissement culturel. Et ce n'est pas la globalisation qui va améliorer les choses.
Par @tom
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Publié dans : Un peu d'art
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Vendredi 3 juillet 2009
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14:08
Lu le week-end, sur un mur d'Arica, en plein désert d'Atacama:
"Mille machines ne font pas une fleur".
Par @tom
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Publié dans : Pensées du jour
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Samedi 20 juin 2009
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19:39
La lumière viendrait-elle du tunnel? Après des décennies de bisbilles diplomatiques,
le Chili a peut-être trouvé une solution aux revendications de la Bolivie, qui réclame depuis très longtemps un accès à
la mer. L'idée, lancée par trois architectes chiliens, serait de creuser un tunnel de quelque 150 kilomètres, qui partirait du territoire bolivien et déboucherait sur une île artificielle,
spécialement créée pour l'occasion. La Bolivie pourrait y créer des infrastructures portuaires, et la zone maritime, située au large d'Arica (Chili) et Tacna (Pérou) serait tri-nationale.
En plus de satisfaire le gouvernement de La Paz, cela pourrait aussi calmer les ardeurs de celui de Lima: le Pérou, qui a déposé une plainte devant le tribunal pénal international de La Haye pour
un désaccord sur la frontière maritime avec le Chili, y trouverait son compte en récupérant un bout de mer.
L'île artificielle, qui serait créée avec les remblais du tunnel, appartiendrait à la Bolivie et permettrait enfin au pays d'exporter et importer sans devoir payer des millions de dollars de
taxes. La mer qui l'entoure serait baptisée "Mer de la Concorde" et administrée par les trois pays. En plus du trafic routier et ferroviaire, le tunnel permettrait de faire passer oléoduc et
gazoduc sous la frontière.
Le projet est pharaonique, et même si l'idée est acceptée par les trois pays, la question du financement s'annonce épineuse. Mais la Bolivie a tout à y gagner, et même si elle devait assurer
seule le financement, ce serait rentable à moyen terme: selon les économistes John Luke Gallup et Jeffrey Sachs, “un pays sans port perd chaque année entre 0,6 % et 1 % de son PIB”. C'est énorme.
Mais la Bolivie, l'un des pays les plus pauvres du monde, aura-t-elle les moyens de mener à bien un tel projet? L'idée est à creuser...
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Mardi 16 juin 2009
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07:03
Aujourd'hui, Réponsatout répond à une question de Curieuse: "les poussins bâillent-ils?". Je la soupçonne d'avoir tenté de me piéger, car elle m'assure avoir posé la question à plusieurs professeurs de
sciences naturelles, et qu'ils ont séché.
Effectivement, Curieuse, c’était une question difficile, dans la mesure où il n’y a pas de consensus scientifique sur le sujet. Certains estiment que le bâillement (tel qu’on le définit
pour l’être humain) n’existe pas chez les oiseaux. D’autres affirment le contraire.
Commençons donc par définir le bâillement humain: «Il possède une caractéristique musculaire: écartement large des mâchoires, extension et raideur des extrémités et du tronc. Et une
caractéristique respiratoire: inspiration longue suivie d'une expiration lente». Essayez, vous verrez, c’est facilement vérifiable. D’ailleurs, si ça se trouve, rien que la définition a suffi à
vous faire bâiller.
Le bâillement fait partie des mouvement dits «de confort» (étirements, grattage, nettoyage…). Il existe a priori chez tous les vertébrés, notamment les mammifères. Mais chez les oiseaux, c’est
plus discutable. La confusion entre le «vrai» bâillement et de simples mouvements d’ouverture du bec est possible. Certains chercheurs préfèrent d’ailleurs utiliser le terme
«jaw-stretching» (étirement des mâchoires) évitant ainsi l’analogie avec le bâillement humain.
Chez les oiseaux, le jaw-stretching réalise deux fonctions différentes: geste social de quête, ou geste d’oxygénation par étirement (comme le bâillement chez l’être humain). Le bâillement de quête de la nourriture se
déclenche quasi-automatiquement pendant les premiers jours de la vie des oisillons.
Donc, pour en arriver à nos poussins, ils bâillent, oui, mais pour quémander leur pitance. Et ils s’étirent aussi la mâchoire pour effectuer des mouvements d’oxygénation. A toi de voir,
Curieuse, si tu veux appeler cela ou non un bâillement. Personnellement, je dirais que oui.
Si vous voulez en savoir plus, il existe un site très sérieux et complet (mais mal
présenté) qui rassemble les recherches scientifiques sur le bâillement: www.baillement.com Sur ce, Réponsatout va faire une petite séance d’étirements
sous la couette. Tout ceci lui a donné sommeil.
Par @tom
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Publié dans : Réponsatout
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Dimanche 14 juin 2009
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15:04
Au Chili, bidouiller les fils électriques est une sorte de culture locale. Dès qu'il y
a une panne de courant en ville, on peut observer les techniciens passer des heures et des heures à déchiffrer et démailler des quantités invraisemblables de files et de prises, et parfois
réparer au système D. Il suffit de se promener dans les rues de Valparaiso pour se rendre compte de l'inextricable défi qu'ils ont à relever:
Mais il n'y a pas que les professionnels qui s'en mêlent (s'emmêlent?). Au premier de l'An, quand toute la ville coupe l'électricité pendant une demi-heure pour le feu d'artifice sur la baie, il
est courant que de petits malins aillent couper des mètres entiers de câble pour récupérer les fils de cuivre et les vendre au marché noir.
Mais surtout, il est commun de voir des branchements illégaux. Tels le coucou qui pique le nid des autres, beaucoup de Chiliens traficotent les poteaux électriques de leur quartier, voire
l'installation de leur voisin, et se branchent illégalement. Résultat: ils ont l'électricité gratuite, mais leurs bidouillages amateurs ne correspondent évidemment pas aux normes de sécurité, et
on déplore régulièrement incendies, électrocutions et autres accidents.
C'est pourquoi Chilquinta, la compagnie d'électricité de la région de Valparaiso, a mis en place une nouvelle campagne publicitaire qui invite textuellement à dénoncer les auteurs de branchements
illégaux -en échange de quelque bénéfice. Certes, profiter sans payer, c'est dangereux et malhonnête. Mais appeler les usagers à dénoncer, c'est franchement pas beau. Ca sent des relents
nauséabonds d'habitudes dictatoriales. Et ca, c'est pire que les branchements illégaux.
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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