Mardi 16 juin 2009
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Aujourd'hui, Réponsatout répond à une question de Curieuse: "les poussins bâillent-ils?". Je la soupçonne d'avoir tenté de me piéger, car elle m'assure avoir posé la question à plusieurs professeurs de
sciences naturelles, et qu'ils ont séché.
Effectivement, Curieuse, c’était une question difficile, dans la mesure où il n’y a pas de consensus scientifique sur le sujet. Certains estiment que le bâillement (tel qu’on le définit
pour l’être humain) n’existe pas chez les oiseaux. D’autres affirment le contraire.
Commençons donc par définir le bâillement humain: «Il possède une caractéristique musculaire: écartement large des mâchoires, extension et raideur des extrémités et du tronc. Et une
caractéristique respiratoire: inspiration longue suivie d'une expiration lente». Essayez, vous verrez, c’est facilement vérifiable. D’ailleurs, si ça se trouve, rien que la définition a suffi à
vous faire bâiller.
Le bâillement fait partie des mouvement dits «de confort» (étirements, grattage, nettoyage…). Il existe a priori chez tous les vertébrés, notamment les mammifères. Mais chez les oiseaux, c’est
plus discutable. La confusion entre le «vrai» bâillement et de simples mouvements d’ouverture du bec est possible. Certains chercheurs préfèrent d’ailleurs utiliser le terme
«jaw-stretching» (étirement des mâchoires) évitant ainsi l’analogie avec le bâillement humain.
Chez les oiseaux, le jaw-stretching réalise deux fonctions différentes: geste social de quête, ou geste d’oxygénation par étirement (comme le bâillement chez l’être humain). Le bâillement de quête de la nourriture se
déclenche quasi-automatiquement pendant les premiers jours de la vie des oisillons.
Donc, pour en arriver à nos poussins, ils bâillent, oui, mais pour quémander leur pitance. Et ils s’étirent aussi la mâchoire pour effectuer des mouvements d’oxygénation. A toi de voir,
Curieuse, si tu veux appeler cela ou non un bâillement. Personnellement, je dirais que oui.
Si vous voulez en savoir plus, il existe un site très sérieux et complet (mais mal
présenté) qui rassemble les recherches scientifiques sur le bâillement: www.baillement.com Sur ce, Réponsatout va faire une petite séance d’étirements
sous la couette. Tout ceci lui a donné sommeil.
Par @tom
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Publié dans : Réponsatout
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Dimanche 14 juin 2009
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15:04
Au Chili, bidouiller les fils électriques est une sorte de culture locale. Dès qu'il y
a une panne de courant en ville, on peut observer les techniciens passer des heures et des heures à déchiffrer et démailler des quantités invraisemblables de files et de prises, et parfois
réparer au système D. Il suffit de se promener dans les rues de Valparaiso pour se rendre compte de l'inextricable défi qu'ils ont à relever:
Mais il n'y a pas que les professionnels qui s'en mêlent (s'emmêlent?). Au premier de l'An, quand toute la ville coupe l'électricité pendant une demi-heure pour le feu d'artifice sur la baie, il
est courant que de petits malins aillent couper des mètres entiers de câble pour récupérer les fils de cuivre et les vendre au marché noir.
Mais surtout, il est commun de voir des branchements illégaux. Tels le coucou qui pique le nid des autres, beaucoup de Chiliens traficotent les poteaux électriques de leur quartier, voire
l'installation de leur voisin, et se branchent illégalement. Résultat: ils ont l'électricité gratuite, mais leurs bidouillages amateurs ne correspondent évidemment pas aux normes de sécurité, et
on déplore régulièrement incendies, électrocutions et autres accidents.
C'est pourquoi Chilquinta, la compagnie d'électricité de la région de Valparaiso, a mis en place une nouvelle campagne publicitaire qui invite textuellement à dénoncer les auteurs de branchements
illégaux -en échange de quelque bénéfice. Certes, profiter sans payer, c'est dangereux et malhonnête. Mais appeler les usagers à dénoncer, c'est franchement pas beau. Ca sent des relents
nauséabonds d'habitudes dictatoriales. Et ca, c'est pire que les branchements illégaux.
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Samedi 13 juin 2009
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14:28
Marco Enriquez-Ominami est un drôle d'animal. Fils d'un cadre du parti socialiste
chilien, il vient de déchirer sa carte après vingt ans de militantisme et vise la présidence de la République en tant que candidat indépendant. Avant de commettre ce crime de lèse-majesté envers
Papa, Ominami Jr navigait déjà entre différents courants politiques. Fermement opposé aux projets de barrages électriques en Patagonie (tous comme les écologistes), Ominami compte parmi ses plus
influents conseillers un économiste ultra-libéral à la Alain Madelin. Il se revendique d'une gauche sociale mais prône la liberté des marchés financiers. Une sorte de grand écart politique à lui
tout seul!
Entre une coalition de centre-gauche émoussée par vingt ans au pouvoir et Sebastian Pinera, sorte de Berlusconi local poussé par la droite (c'est un magnat de l'aviation et des médias), Ominami
Jr grappille un peu à tous les rateliers. Exemple cette semaine: l'actuel président du Parti Socialiste l'accuse d’avoir récolté des signatures pour sa candidature en tant qu’indépendant alors
qu'il est toujours inscrit au parti. Réaction quasi-immédiate d'Ominami: il déchire sa carte.
Mais au final, ce candidat un peu inattendu fait son trou dans les sondages d'opinion. Ominami, c'est la figure de la jeunesse et du renouvellement (alors qu'il est député et a déjà vingt ans de
militantisme derrière lui, contrairement à Piñera). Il a les dents qui rayent le parquet, mais il passe bien dans les médias par rapport au vieux de l'avant-veille.
Même si cet Ominami ne s'est jamais dit proche de Sarkozy, je lui trouve pas mal d'affinités: relativement jeune, enclin à la rupture, prêt à picorer des alliés de tous horizons, quelque part
entre le centre et ses extrêmes, doué pour l'exposition médiatique... C'est peut-être cela, la politique du futur: l'affaiblissement du système de partis, tout dans la com et la personnalité (du
moins, la partie qu'on laisse voir publiquement!). Ca ne nous prédit pas de beaux lendemains...
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Vendredi 12 juin 2009
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07:00
"Si tu tiens un spaghetti cru aux deux extrémités et que tu exerces une pression
pour le casser en deux, pourquoi la plupart du temps le spaghetti se casse en trois?", me demande Zazou. C'est une question sur laquelle se sont
heurtés de nombreux scientifiques (dont deux prix Nobel de physique, excusez du peu!). Elle n'a finalement été résolue qu'en août 2006 par deux Français (et non, pas des Italiens!) Basile Audoly
et Sébastien Neukirch. Ils ont été récompensés par le prix IgNobel de physique, l'alter ego comique (mais officiel!) du
Nobel.
C'est vrai que c'est curieux: prenez un morceau de bois, un coton-tige ou un tube de plastique; faites-le plier en appuyant sur les extrémités, tous se casseront en deux, en leur milieu. Pas le
spaghetti. Il se brise toujours en trois parties minimum, et pas des morceaux égaux. Quand il est cru, bien entendu (je précise pour les élèves du fond près du radiateur qui jouent au
morpion et qui n'ont rien suivi).
Revenons à nos spaghettis. Il faut savoir que lorsqu'on la plie, la tige de pâte alimentaire se brise d'abord en son milieu, à l'endroit où la torsion est la plus forte. Bien, rien de différent
par rapport à notre bout de bois ou notre coton-tige. Donc ça n'explique pas pourquoi le spaghetti se casse en trois, quatre, cinq morceaux ou plus. En fait, au moment de la cassure, une onde
élastique parcourt notre nouille filiforme, amplifiant localement la torsion du spaghetti. Du coup, à ces endroits (qui peuvent se situer un peu n'importe où), ça casse aussi. Ca n'a l'air
de rien à expliquer, mais je vous assure qu'il ne fallait pas être nouille pour trouver la solution!
La comparaison est un peu hasardeuse, mais cette onde élastique me fait penser aux tremblements de terre: le milieu du spaghetti qui se brise, ce serait l'épicentre du séisme. Les autres
cassures, ce seraient les répliques du tremblement. Mais bon, il faudrait pouvoir filmer l'éclatement du spaghetti au centième de seconde pour se rendre bien compte à l'oeil de cette onde
élastique.
Si cette découverte scientifique récente paraît ridicule (qui s'amuse à casser des spaghettis?), elle est en réalité utile car cette loi physique concerne toutes les longues tiges en
plastique fin, et pourrait permettre d'optimiser la fabrication des fibres optiques ou des barres de Téflon. Il paraît d'ailleurs que d'autres chercheurs bossent actuellement sur la brisure
de la pâte feuilletée...
Sur ce, Réponsatout va se faire une carbonara tout en lisant le bouquin Les Prix Ignobels (c'est peut-être pas une bonne idée ça, de faire les deux en même temps... je vais rater ma sauce!).
Bon appétit tout le monde!
Par @tom
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Publié dans : Réponsatout
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Dimanche 7 juin 2009
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18:33
Chaque année, aux Etats-Unis, des milliers d'écoliers reproduisent benoitement une
version édulcorée du repas de Pocahontas avec les explorateurs blancs, autour du fameux dindon (la dinde de Thanksgiving). Edulcorée, parce que dans la version enseignée aux écoliers, tout le
monde il est beau tout le monde il est gentil. En réalité, l'Histoire nous dit que les Indiens sont les dindons de la farce. Encore aujourd´hui: ils sont récupérés à des fins poliiques et
électorales, mais au final on ne fait pas grand-chose pour eux.
C'est vrai aux Etats-Unis, ca l'est aussi au Chili. Lors des préparatifs de sa visite en France et au Pays-Bas, il y a une semaine, Michelle Bachelet affirmait lors d'une interview à la radio
hollandaise qu'il n'y a pas de prisonniers politiques Mapuches au Chili. Hum... Selon diverses ONG, il y a actuellement une cinquantaine de Mapuches dans les geôles chiliennes, condamnés par une
loi injuste héritée de la dictature de Pinochet. Cette loi permet notamment de condamner d'actes terroristes des délits qui seraient qualifiés de mineurs pour tout non-indigène. Elle permet
également d'emprisonner les Mapuches qui revendiquent avec un peu trop de véhémence les terres de leurs ancestres.
Pourtant, alors qu'elle n'était que candidate à la présidence, Michelle Bachelet s'était émue de la situation de ces prisonniers. On pensait qu'elle allait tordre le cou à cette foutue loi et
libérer les Indiens qui moisissent depuis dix ans en prison. Que nenni. En réalité, certaines ONG affirment qu'aujourd'hui, les injustices et maltraitances envers les Mapuches se sont renforcées.
Mais ca, on n'en parle pas (ou presque) dans les médias chiliens. En revanche, à chaque revendication des Indiens, on a droit à un compte-rendu des violences envers les policiers au JT.
Il y a tout de même des signes de changement. D'abord, les scientifiques chiliens commencent à prendre en compte les connaissance et croyances indigènes. C'est notamment vrai pour la recherche
sur les mouvements sismiques: certaine cultures anciennes ont développé des méthodes qui leur permettraient de prévoir un tremblement de terre ou une éruption volcanique.
Ensuite, une convention internationale signée par le Chili en 2007, baptisée ici la nouvelle "norme indigène", attribuerait plus de 9 millions d’hectares dans tout le pays aux descendants des
peuples originels. Une loi devrait être présentée au Parlement pour renforcer cette nouvelle donne. Mais évidemment, le lobby des entrepreneurs fait barrage: cette nouvelle norme entrerait en
conflit avec les lois chiliennes de l’eau, du minerai et plus largement de l’administration territoriale. Je ne serais donc pas surpris que ces bonnes intentions, dévoilées publiquement,
finissent par en rester au stade d'intentions, écrasées par les contre-pouvoirs. Et ca, ce ne serait pas répété par les médias. Mais c'est pas grave, grâce à la simple annonce de ces mesures, on
rallie l'opinion publique, peu importe ce qui se passe ensuite. Les dindons de la farce, je vous dis.
Par @tom
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Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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