A quelques kilomètres à l’est de San Pedro commence l’Altiplano andin et ses lacs. Pour les touristes, c’est l’occasion d’une longue excursion en plusieurs étapes. Première halte au pied d’un plateau, théâtre d’un projet pharaonique d’installer des téléscopes suffisamment performants pour déceler et analyser les vibrations résiduelles du Big Bang. Un projet mené en commun par les USA et l’Europe, sur le territoire chilien… sans le Chili! Ingrat, non?
Sur la route, on s’arrête au niveau du Tropique du Capricorne, on croise des lamas, et une petite tornade de sable nous coupe le chemin (c'est très commun dans la région). Un peu plus tard, notre guide arrête le bus au pied d’une côte, coupe le moteur, et… le bus monte tout seul! Un phénomène électro-magnétique dans le sous-sol, apparemment. On passe aussi à côté du volcan le plus actif du Chili (enfin… c’est ce qu’ils disent ici. A Pucon, il y a un autre volcan le plus actif du Chili).
On poursuit notre route sur le plateau désertique. Soudain, au milieu de nulle part, au creux d’un canyon bien caché, un oasis de verdure, Toconao (littéralement: «Village enchanté») et le canyon de Jerez.
Un havre de végétation luxuriante au milieu du désert, où poussent pommes, pêches, poires, fruits exotiques… et des légumes à foison. Etonnant et enchanteur. Le plus surprenant? L’oasis produit suffisamment pour toute la région, et même l’exportation! Je découvre à l’occasion que le cactus est un arbre, et pas une simple plante. Le tronc est recouvert par la partie verte du cactus et bardé de trous pour laisser passer les épines.
Ensuite, on monte jusqu’à 4.200 mètres d’altitude pour les lacs Miscanti et Miniques, aux pieds de volcans de 6.000 mètres (ou presque).
Ma tête est un peu lourde à cause de l’altitude, mais ça va. Les guides nous ont fait boire du thé de maté, ça atténue les effets de vertige. Et il ne fait pas trop froid: environ 10°C.
Enfin, cap sur le salar d’Atacama, 30.000 kilomètres carrés pour 500 mètres d’épaisseur de sel. Il a été laissé ici, à 2.400 mètres au-dessus du niveau de la mer, après la formation des Andes, comme je l'expliquais hier. En-dessous, reste un lac d’un kilomètre de profondeur, et des réserves minérales impressionnantes. 40% des réserves mondiales (connues) de lithium, utilisé pour tous les appareils numériques, se trouvent dans le salar.
Les formes que le sel peut prendre sont parfois surréalistes. Je suis émerveillé par ces silhouettes déchiquetées, ces cristaux tourmentés. C’est bien simple: si je pouvais, je ramènerai tout le désert en souvenir! Mais c'est interdit. On voit de pas très loin les flamands roses se nourrir dans les eaux salées du lagon Chaxa, un trou d’eau au milieu du salar, picorant élégamment les micro-organismes qui y barbotent. Au milieu de tout ce blanc, c’est magique.
Ouf! Fin de l'excursion, de la journée, et de cet article. La suite demain! Et plus de photos dans la rubrique "Un monde d'images"
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