A la télé chilienne, on entend parfois des publicités en français. A chaque fois, des réclames pour des
parfums, qui se terminent par un slogan esthético-ésotérique dit par une voix sensuelle. Evidemment, l’immense majorité des téléspectateurs n’y comprend goutte, mais reconnaît probablement que
c’est du français.
Je trouve particulièrement arrogant de vendre un produit de cette façon, sans même prendre la peine de mettre un sous-titre en espagnol. Mais le français est associé au luxe, à la mode, donc au
parfum. Alors peu importe la traduction, la publicité esthétiquement bien léchée se suffit à elle-même. Et dans les grands magasins, les griffes
françaises comme Lacocoste ou L’eau-Réal sont en bonne place. On trouve même des marques qui se revendiquent de Paris, mais que je n’ai jamais vu dans l’Hexagone. Usurpateurs? Possible, je n’en
sais rien.
A propos de parfum, le métro de Santiago ne sent pas mauvais, à l’inverse de celui de Paris. C’est que les Chiliens sont très propres, peut-être plus
que nous. Même dans les classes ouvrières les plus pauvres où l’on touche des revenus dérisoires, on se lave tous les jours, on se met de l’eau de cologne bon marché, on se gomine les
cheveux…
Car si les Chiliens font attention à l’hygiène, ils ont des habitudes capillicoles particulières: beaucoup d’hommes font un usage surabondant de
gel pour les cheveux et de gomina. Tous âges et classes sociales confondus. On gomine pour faire une raie parfaite à la Thierry Ardisson d’autrefois; on gomine pour obtenir des
boucles (trop) reluisantes; on gomine pour se faire une coupe à la gothique émo; on gomine pour avoir un effet gras-mouillé au goût douteux… A croire que quand on gomine, ça donne bonne mine!
Intéressant cet article n’est-ce pas? Bon, on ne peut pas être pertinent et captivant tous les jours. Ca ira mieux
demain!
Comment le réchauffement climatique
fait disparaître un lac entier
Les Ovnis ont-ils encore fait des leur(re)s? C'est ce que se
demandait l'autre jour un journaliste chilien, qui cherchait vainement à expliquer un phénomène naturel étonnant: un lac glacier de plus d'1 km² a disparu du jour au
lendemain, dans le sud du Chili. Je ne sais pas si on en a parlé jusqu'en France, alors moi je vous en parle. Pour bien se rendre compte du phénomène, deux photos du lac, prises par les
agents forestiers chiliens. La première date de mars 2007, la seconde a été prise moins de trois mois plus tard.
Etonnant non? Même une grosse soucoupe volante aurait difficilement pu faire évaporer autant d'eau en aterrissant. Oublions donc les Ovnis. Que disent les
scientifiques? Eh bien ils sont sceptiques. Les uns estiment que la disparition du lac est liée aux petites séismes répétés qu'a connu le sud du Chili en avril, les secousses ayant pu provoquer
une faille au fond du lac. D'autres pensent que les parois du lac se seraient brisées sous la pression et l'accumulation de l'eau, qui se serait déversée dans la
mer.
C'est ce qu'explique le glaciologue Gino Casassa: pour lui, le coupable pourrair bien être le Glacial Lake Outburst Fold (GLOF), ou explosion du lac glacier, qui se produit en quelques heures si
le niveau des eaux du lac augmente trop vite. "La pression entraîne l'ouverture au fond du lac d'un tunnel de glace par lequel s'écoule l'eau. Or dans cette zone, nous avons observé une
augmentation de la taille des lacs glaciers, à mesure que diminue celle des glaciers." Ce type de phénomène n'a jusqu'à présent été observé que dans l'Himalaya. S'il s'agit effectiement d'un
GLOF, cela voudrait dire que le réchauffement climatique cause déjà des dégâts importants en Patagonie: la disparition-éclair d'un lac pour cause de fonte des
glaciers, ce n'est tout de même pas anodin.
La seule bonne nouvelle, c'est que nous pouvons d'ores et déjà rassurer les Ecossais, ils n'ont pas à craindre qu'un jour le monstre du Loch Ness ne fasse disparaître
le lac.
Un coagulant pour colmater les fuites d'eau
Le lac aurait pu profiter des bienfaits de la nouvelle invention de la société écossaise Brinker Technology. Pour colmater les fuites d'eau potable dues aux
fissures dans les canalisations, cette entreprise à mis au point un procédé qui imite la coagulation du sang. Cette technique consiste à introduire des morceaux de
polymères ou d'élastomères dans le liquide; transportés par le courant, ils s'agglutinent à la brèche et la colmatent de l'intérieur.
Intéressant, quand on sait que haque année, environ 30% de l'eau potable dans le monde se perd dans des fuites. On mesure l'impact de cette invention si elle était
appliquée à grande échelle. Pour l'instant, elle devrait être mise en place sur le réseau d'eau londonien. Au fond du lac, c'est encore un peu compliqué.
Pour l'anecdote, cette idée est venue à Ian McEwan, ingénieur et directeur de Brinker Technology, alors qu'il venait de se couper le doigt. Il s'est soudainement
demandé si la capacité du corps humain à cicatriser ne pouvait pas être appliquée aux tuyaux. Une fois de plus, c'est de petits détails que viennent les grandes idées. Et une fois de plus, en
s'inspirant de Dame Nature... T'as pas vu ma pomme, Newton?
Par @tom
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Publié dans : Sauver la planète
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