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Tourism in Chile

You are about to travel to Chile and plan to visit Valparaiso and its region, Vina del Mar or Santiago? I propose guided tours in English, French or Spanish. More information on this page: http://visit-chile.over-blog.com.

Vous venez faire du tourisme au Chili et cherchez un guide pour visiter Valparaiso et sa région, Vina del Mar ou Santiago? Je propose excursions et visites guidées en français. Plus d'infos sur cette page.

Contact: visiter.valparaiso@gmail.com
Dimanche 30 septembre 2007
IMG-3939.JPG
Le pire, c'est que cette photo a été prise à... 18 heures.
Le pire, c'est que c'est un bâtiment public, un hôpital de Vina del Mar.
Le pire, c'est que c'est pas demain qu'ils vont remettre les pendules à l'heure.
Le mieux, c'est d'en rire. Non?
Par @tom - Publié dans : Un autre monde, réel ou fiction
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Vendredi 28 septembre 2007
DANS LE MONDE DE L'INSOLITE

J'imagine que certains d'entre vous connaissent les insolites Yoopi! La plupart du temps, ils donnent une information drôle, mais leur dépêches sont écrites platement, d'une platitude à faire pâlir d'envie un mannequin anorexique ou les soles de mon poissonnier. Oui, parce que les insolites Yoopi! sont un copié-collé des insolites de l'Afeupeu (AFP), qui sont écrites dans un style journalistique strictement neutre et informatique. Comme je ne suis pas toujours un modèle d'humilité, j'ai décidé de prendre au hasard quelques-uns de ces insolites tristement plats, et vous donner ma version à moi. Pardon, ils datent un peu...



A la pêche au liquide

Des petits malins ont inventé une pêche plus lucrative que celle des moules: la pêche aux boîtes à lettres des banques, où les commerçants déposent leur recette. Imaginez la gêne des agents du Crédit Agricole qui ont appelé la police pour expliquer qu"il y a des hameçons dans la boîte": on allait leur rire au nez. Mais les enquêteurs ont mordu à l'hameçon et arrêté les pêcheurs d'enveloppes qui avaient poussé le bouchon trop loin.

***

Le vin, ça conserve!

Barbara Skapa risque de devenir une femme très enviée, voire jalousée. Cette Américaine de 65 ans s'est vu refuser le droit d'acheter du vin au supermarché, ne pouvant pas prouver qu'elle était majeure! La caissière lui a demandé sa carte d'identité, que la dame n'avait pas. Le magasin vérifiant l'âge de toute personne paraissant avoir moins de 45 ans, Barbara peut être flattée. Comme quoi le vin, ça conserve mieux que le Botox.

***

A vous faire tourner chèvre

Question à 1.000 euros: comment répare-t-on deux Boeing en panne à Katmandou? Oubliez "Tintin au TIbet", la réponse ne s'y trouve pas. Rangez votre caisse à outil, ne cherchez pas sur Internet. Face aux nombreux problèmes techniques de ses deux Boeing 757, la compagnie aérienne a décidé de sacrifier une chèvre, espérant ainsi satisfaire les dieux et permettre aux avions de revoler. A la limite, ç'aurait été plus logique de choisir un aigle, non?


PS: si vous me dites que vous préférez de loin les insolites Yoopi!, j'arrête d'écrire, je ferme ce blog et je me coupe la main! C'est couillon en fait, maintenant personne ne va oser dire que l'Afeupeu c'est mieux...
Par @tom - Publié dans : Un autre monde, réel ou fiction
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Mercredi 26 septembre 2007
Vous le savez sans doute, l’ancien dictateur péruvien Alberto Fujimori, qui vivait depuis près de deux ans au Chili, a été extradé au Pérou le week-end dernier pour y être jugé. La presse en a pas mal parlé en France apparemment, mais ne zappez pas! Vu du Chili, les choses sont plus croquignolettes.

Par exemple, parmi les partisans aveugles de Pinochet, on en trouve qui, en revanche, critiquent vertement Fujimori, le traitent de dictateur infâme. Alors que le régime de Fujimori a probablement fait moins de victimes que celui de Pinochet (on en attribue 54 au Péruvien, plus de 2.700 au Chilien). Alors que le parcours des deux hommes se ressemble: tous deux étaient inconnus en politique avant de prendre le pouvoir. Perçus à leurs débuts comme des alternatives au système, à l’ordre établi, les deux hommes ont chacun rapidement mis sur pied une dictature qui s’appuie sur l’armée. Tout comme Pinochet, Fujimori a commis des crimes contre l’Humanité via la répression des opposants politiques, a également détourné des fonds… Wikipedia vous en dira plus que moi.

web-FUJIMORI-PROFUGO.jpg

Fujimori était entré au Chili illégalement, bénéficiant d’un cafouillage de la police internationale à l’aéroport de Santiago. Arrivé du Japon en jet privé, il a eu le temps de passer la douane avant que le chef de la police soit alerté qu’un individu ressemblant à Alberto Fujimori venait de poser le pied au Chili. C’était en novembre 2005. Ca, c’est la version officielle, je ne saurais quel crédit lui accorder, je ne saurais dire s’il est possible qu’on ait simplement fermé les yeux et laissé passer sans rien dire.

L’ancien dictateur péruvien, en fuite depuis l’an 2000, a ensuite passé six mois sous les verrous, puis a été mis en liberté conditionnelle. Depuis quinze mois, il vivait dans une prison dorée près de Santiago, attendant que la Cour suprême chilienne décide ou non de l’extrader. Et préparant son retour en politique au Pérou. Confiant. Même après avoir appris la décision de la Cour suprême.

Très confiant même: vendredi soir, juste avant de monter dans l’hélicoptère qui venait le chercher pour l’emmener au Pérou, Fujimori a même donné une interview à la télévision chilienne. "Le Chili n’était qu’une étape pour préparer mon retour au pays. Les événements vont un peu plus vite que prévu, mais je suis un président qui affronte les problèmes", affirme-t-il, le sourire froid. "Le but de mon passage au Chili était de faire réduire le nombre de charges contre moi." Et c’est réussi: après vingt mois de procédures, cinq des douze chefs d’accusation, soit 27 de la quarantaine de délits, ont été retirés. Et la Cour suprême chilienne a fini par voter l’extradition de Fujimori.

"El Chino", comme le surnomment les Péruviens à cause de ses origines japonaises, ne sait que trop bien qu’en prenant cette attitude confiante, il montre à ses futurs juges qu’il n’entend pas se laisser ébranler. "Je m’en vais la conscience tranquille", conclut-il, espérant pouvoir se présenter aux prochaines élections présidentielles. C’est un livre à la main que Fujimori est monté dans l’hélico qui l’emmenait au Pérou. Le titre? "Fujimori revient".

fujimori.jpg

Cette extradition est une bonne affaire pour le gouvernement chilien. Depuis longtemps en froid avec le Pérou pour une vieille histoire de frontière dont j’ai déjà parlé, le Chili peut ainsi espérer améliorer les relations démocratiques entre les deux pays. D’autant plus que le gouvernement de Michelle Bachelet a lancé un programme pour venir en aide aux victimes du séisme du 16 août dernier au sud du Pérou.

La presidenta, justement, est en ce moment à New York pour le sommet de l’ONU sur le réchauffement climatique. Et elle a emmené dans ses bagages les chefs des principaux partis chiliens, opposition inclus. But du jeu: montrer que le Chili est un pays uni, afin de donner une image positive de la démocratie chilienne. Le pays brigue en effet un siège à la commission des droits de l’Homme de l’ONU. Et l’extradition de Fujimori tombe à pic pour jouer en faveur du Chili. Etrange coïncidence, non?
 
Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Mardi 25 septembre 2007
Suite et fin de mon hommage à Neruda, avec un extrait de "J'avoue que j'ai vécu" où le poète parle des collines de Valparaiso, ces fameux cerros qui sont comme des villages dans la ville, avec chacun son identité propre:


"Les sommets de Valparaiso décidèrent de laisser glisser leurs hommes et de précipiter les maisons d'en haut pour qu'elles aillent tituber dans les ravins teints en rouge par la glaise, en jaune vif par les dés d'or, en vert ombrageux par la nature sauvage. Mais les maisons et les hommes s'agrippèrent à la hauteur, ils se roulèrent en boule, ils se fichèrent en terre, ils se contorsionnèrent, ils se mirent à la verticale, ils s'accrochèrent avec les dents et avec les ongles à chaque abîme. Le port est un débat entre la mer et la nature évasive des cordillères. Mais dans cette lutte l'homme a gagné. Les coteaux et la plénitude marine ont tracé le plan de la ville et ils l'ont faite uniforme, non comme une caserne mais avec la disparité du printemps, avec le contraste de ses peintures, avec son énergie sonore. Les maisons se firent couleurs: en elles se marièrent l'amarante et le jaune, le cobalt et le carmin, le vert et le pourpre. Ainsi Valparaiso assuma sa mission de port véritable, de navire échoué mais vivant, de bateaux avec leurs pavillons claquant au vent. Le vent du Grand Océan méritait une ville de drapeaux.

J'ai vécu au milieu de ces collines blessées et odorantes. Ce sont des lieux délicieux où la vie vient se heurter à une infinité d'extra-muros, à un colimaçonnisme insondable, à une sinuosité de trompette. Dans la spirale voici un carrousel orangé, un moine qui descend, une fillette aux pieds nus la tête enfouie dans une pastèque, un remous de matelots et de femmes, une vente de ferraille on ne peut plus rouillée, un cirque minuscule dont le chapiteau ne peut guère contenir que les moustaches du dompteur, une échelle qui monte jusqu'aux nuages, un ascenseur qui s'élève avec un chargement d'oignons, sept ânes porteurs d'eau, une voiture de pompiers qui vient d'éteindre un incendie, une devanture où l'on a aligné des bouteilles de vie ou de mort.

Toutes ces collines portent des noms profonds. Voyager à travers eux c'est entreprendre un voyage sans fin car l'exploration de Valparaiso ne s'achève ni sur la terre ni dans la toponymie. Coteau Allègre, Coteau Papillon, Coteau de l'Hôpital, de la Tablette, de l'Encoignure, de la Louverie, des Cordages, des Femmes-Potiers, du Moulin, des Hiboux, des Troglodytes, de la Jonchère, du Pénitencier, des Renards, de Saint-Etienne, de l'Emeraude, de l'Amandier, de l'Artillerie, des Laitiers, de la Conception, du Cimetière, de la Chardonnière, de l'Arbre-Touffu, de l'Hôpital-Anglais, de la Palme, de la Reine Victoria, de Saint-Jean-de-Dieu, de la Crique, de la Chèvrerie, de Biscaye, du Cap, des Roseaux, de la Vigie, de l'Arcadie, du Coing, du Boeuf, de la Floride.

Je ne peux fréquenter autant d'endroits. Valparaiso a besoin d'un nouveau monstre marin, d'un octopode qui réussira à en faire le tour. Moi je profite de son immensité -de son immensité intime- mais je suis incapable de saisir en entier, à droite, ses couleurs multiples, à gauche, sa germination, et de l'observer intégralement dans sa hauteur ou ses abîmes.

Je me contente de la suivre dans ses cloches, dans ses ondulations et dans ses noms.

Dans ses noms surtout, car ils possèdent racine et radicule, air et huile, histoire et action: ils ont du sang dans leurs syllabes."


Ici s'arrête cette mini-série. A l'origine je voulais ajouter un autre extrait, mais un bug d'Over-Blog m'a fait disparaître l'extrait sur les escaliers de Valparaiso. C'est dommage, c'était mon préféré, et je n'ai pas le livre avec moi pour le retrouver (il est en France). J'espère que Neruda vous a séduit comme moi. Je n'ai pas voulu mettre d'images pour illustrer ses textes, mais vous pouvez aller dans les albums photos pour cela...
Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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Lundi 24 septembre 2007
Suite de l'hommage que je rends à Pablo Neruda, disparu le 23 septembre 1973. Aujourd'hui, un extrait où il décrit les terribles séismes qui ont secoué Valparaiso.


"Valparaiso parfois se secoue comme une baleine blessée. Il titube en suspens, il agonise, il meurt et ressuscite.

Ici, chaque habitant porte en lui un souvenir de tremblement de terre. C'est un pétale d'effroi qui vit collé au coeur de la ville. Chacun ici est un héros avant de naître. Car dans la mémoire du port il y a ce désastre, ce frémissement de la terre dans un bruit rauque qui arrive de la profondeur, comme si une cité sous-marine et souterraine faisait sonner le glas à ses clochers enfouis pour dire à l'homme que c'est la fin du monde.

Parfois, alors que les murs et les toits ont déjà roulé dans la poussière et dans les flammes, parmi les cris et les silences, oui, alors que tout semblait définitivement tranquille dans la mort, on voit sortir, comme une dernière épouvante, la mer, la lame énorme, l'immense main verte qui, haute et menaçante, monte telle une tour de vengeance balayer la vie qui restait à sa portée.

Tout commence quelquefois par un vague mouvement et ceux qui dormaient se réveillent. L'âme, en son demi-sommeil, communique avec de lointaines racines, avec sa profondeur terrestre. Elle avait toujours voulu savoir et maintenant elle sait. Puis, dans le grand ébranlement, il n'y a plus rien à quoi se raccrocher car les dieux s'en sont allés et les églises vaniteuses se sont changées en mottes triturées.

La frayeur qui naît alors n'est pas celle que provoque le taureau furieux, ou le poignard qui menace ou l'eau qu'on avale. C'est une frayeur cosmique, une insécurité instantanée, l'univers qui s'effondre et se décompose. Et pendant ce temps la terre tonne sourdement, avec une voix que personne ne lui connaissait.

La poussière que les maisons avaient soulevée en s'écroulant se dissipe peu à peu. Et nous restons seuls avec nos morts et avec tous les morts, sans savoir pourquoi nous sommes vivants."


Je n'ai pas vécu, heureusement, de tremblement de terre de cette violence. Mais je sais que ça peut arriver. N'importe quand. Car un séisme est imprévisible. Et les mots de Neruda me font vibrer. C'est pourquoi je vous propose un nouvel extrait demain.
Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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