Lundi 23 avril 2007
1
23
/04
/Avr
/2007
20:10
Dimanche matin, alors que la France votait, la terre a tremblé au Chili. 6,2 sur l'échelle de Richter dans la région d'Aysen, au sud du pays. 6,2 ça veut dire, concrètement, des fissures de plusieurs centimètres dans les rues, les maisons les plus vétustes effondrées, et huit disparus. Ici à Quilpué, on a senti une réplique vers 6 heures du matin. Degré 5. Ca a grondé et tremblé pendant 6-7 secondes, faisant tanguer les meubles et grincer les portes. Je me suis réveillé, et je suis resté calé au fond de mon lit. Degré 5, c'est suffisant pour faire (stu)peur.
Pas de tremblements ni de stupeur en revanche en France. Depuis le Chili, j'ai quand même pu voir en direct les réactions des quatre principaux candidats après les résultats. Avec un oeil distancié, plus sans doute que tous les chroniqueurs politiques passionnés.
J'ai vu un Sarkozy satisfait, mais qui à mon avis faisait des efforts pour masquer son excitation. Et qui a parlé une demi-heure avant l’heure prévue, et avant les autres candidats. Toujours pressé, ce garçon, toujours envie d’arriver le premier. Ca risque de lui faire du tort durant la dernière ligne droite avant le 6 mai, je serais pas étonné qu’un jour il pète un plomb et dérape.
Le Pen m’a surpris par son discours très court. Comme d’habitude il a joué la victime de la «manipulation médiatique», mais j’ai le sentiment qu’il n’y croyait plus. C’était sans doute le dernier baroud d’honneur du vieux, et il le sait.
J’ai vu un Bayrou content et combattif, il a de quoi l’être après avoir pratiquement triplé son score de 2002, et apparemment serein alors qu’il se trouve dans une position très délicate: de quel côté va-t-il pencher? Il est à la fois l’homme fort de la situation, puisque de son ralliement peut dépendre le résultat final, mais il est aussi en position de faiblesse: choisir l’un ou l’autre camp, c’est se priver d’une bonne partie de ses électeurs pour les futures échéances. Mais l’homme est intelligent et saura louvoyer sans perdre trop de plumes, je pense.
Et puis Ségolène, pour ne rien faire comme tout le monde, s’adresse à la France depuis son pays mellois. C’est un message, ça. Montrer que la France, ce n’est pas que Paris. Et puis une Ségolène très calme, posée, sans grand enthousiasme qui lit visiblement son texte et parle lentement. On pourrait penser qu’elle fait un discours très ennuyeux, sans aucun charisme. Je crois qu’elle a très bien joué le coup. D’une part, elle est deuxième, pas de quoi sabrer le champagne. D’autre part, n’oublions pas que c’est une ancienne disciple de Mitterrand, la force tranquille. Face à l’agitation sarkozyenne, je crois que Ségolène a voulu montrer son calme, sa tranquillité, un visage rassurant et confiant.
Je crois que Ségolène a raison de vouloir se démarquer par sa personnalité, car maintenant, les deux candidats vont «centriser» leur discours pour récupérer les voix de Bayrou, et c’est donc plus sur le plan de la personnalité, je crois, que va se jouer cette élection. A propos, vous avez remarqué? Jean-Marie Le Pen, tout le monde l’appelle Le Pen. François Bayrou, tout le monde l’appelle Bayrou. Nicolas Sarkozy, tout le monde l’appelle Sarkozy, ou Sarko. Et Ségolène Royal, tout le monde l’appelle par son prénom. Parce que c’est une femme? Je crois plutôt que c’est à cause de son patronyme: Royal, ça sonne pas très républicain, ni démocrate. Et puis ça doit tenir à sa personnalité, aussi. Ce ne sera donc pas un duel Sarkozy-Royal, mais bien un "Ségo-Sarko". Ca sonne bien, pas vrai?
ils en ont pas parlé chez nous je crois :(:( enfin dans les bureaux de vote
c'était pas trop grave ?
Tout de même huit disparus :((((((((((( pffffffff
C'est dingue ça, pas un mot sur ce tremblement de terre alors que les radios avaient pas arrêté de parler de cet incendie d'un bâteau féroien au large du Chili...
Juste une petite réaction sur le côté politique du post... Pour Sarko, je doute qu'il dérape avant le 6 mai, il est trop sûr de lui (après, que le pouvoir éventuel lui monte à la tête, pourquoi pas).
Quant au discours de Ségo, même si c'était stratégique, c'était surtout super long et chiant (avis perso et de tous les échos que j'en ai eu). Bref, ça n'a malheureusement pas joué en sa faveur.
Quant à Ségolène, il reste treize jours, c'est suffisant pour faire pencher la balance de son côté... j'espère que Bayrou va s'allier avec elle, sinon j'ai peur qu'elle soit cuite
Je dois être d'une myopie à couper le souffle. Je fais partie des rares qui ont aimé le discours de Ségolène Royal à Melle, et je reconnais en avoir entendu, des ricanement à son sujet et au sujet de sa nullité.
Je trouve au contraire bien choisi le lieu du discours, l'heure (tardive) du discours, et le texte du discours, où elle ne lâche rien, contrairement à ses accusateurs de centrisme rampant.
Bon, le côté oratrice est perfectible, c'est vrai. Ben oui, et ce détail n'en est pas un. Face à Môssieur Sarkozy, il peut être fatal.
La terre a tremblé, quand même.