Vendredi 27 avril 2007
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J’ai tardé avant de publier ces textes sur l’Atacama, car j’y suis allé deux fois, à plus d’un an d’intervalle. J’hésitais: devais-je parler de mon
premier voyage, mon deuxième, les deux? Finalement j’ai décidé de faire un mix. Première partie aujourd'hui.
Une longue route en ligne droite sur une étendue plate encadrée de lointaines montagnes. Rien d’autre. La pampa. De temps en temps,
un nuage de poussière au loin: un pick-up qui roule sur une piste chaotique. On se croirait dans «Easy rider», sur la route 66. Bienvenue dans le
désert d’Atacama, le plus aride du monde, où il pleut moins d’1 mm d’eau par an (c’est-à-dire qu’il ne pleut pas tous les ans).
Nous venons juste de quitter Antofagasta, la seconde ville du pays, coincée entre l’océan et les montagnes arides. Tout de suite
derrière elles commence l’Atacama, avec ses paysages lunaires. Il nous faudra traverser 3 heures de désert désolé avant d’atteindre la cordillera del Sal, une chaîne de montagnes de sel à plus de
3.000 mètres d’altitude, aux paysages encore plus lunaires. Et soudain, au pied de ces monuments de sel et de sable, un oasis: San Pedro d’Atacama et
ses maisons en torchis, aux murs marrons et blancs. On pense aux villages des îles grecques, mais en plus rugueux, plus secs; ou aux pueblos reculés des régions pauvres d’Espagne. Mais l’Atacama,
c’est un autre monde: derrière San Pedro commence le salar, le désert de sel, surveillé par les hauts volcans des Andes…
San Pedro a connu une évolution très rapide. Depuis
toujours village d’agriculteurs, il ne comptait en 1981 qu’une seule épicerie-auberge. En 1987, on dénombrait trois auberges-hôtelleries. Mais le virage vers le tourisme ne s’est véritablement
amorcé qu’en 1991, peu après la chute de Pinochet. Depuis, les rues de San Pedro ne sont qu’hôtelleries, restaurants, épiceries, agences de voyage, boutiques d’artisanat et cybercafés. Mais
malgré tout, son style architectural lui permet de garder un visage pittoresque.
Dans le désert d’Atacama, l’eau est précieuse, évidemment. Ici, la bouteille d’eau minérale coûte deux fois plus cher qu’à
Valparaiso; la douche dure 3 minutes maximum, et on a beau ouvrir le robinet à fond, c’est souvent un mince filet d’eau, froid la plupart du temps, qui sort. Et des
fois, rien du tout. Idem pour les toilettes: la chasse utilise un minimum d’eau. Mais c'est vivable! Idéalement, on devrait tous économiser ainsi ce liquide si
précieux.
Ici, il y a plus d’étrangers que de Chiliens ici. Américains, Français, Allemands, Hollandais, Brésiliens, Argentins, Espagnols… Et
pas que des touristes, certains vivent là à l’année! Je me demande comment on peut décider d’habiter ici, où la vie est quand même austère. Où l’on finit la journée couvert d’une fine pellicule de sel, notamment quand le vent souffle. Mais le climat n’est pas trop rude, plutôt tempéré. Il fait juste froid la nuit.
C'est justement la nuit que se termine l’excursion la plus courue des touristes, à travers la Cordillera del Sal (montagnes de sel, littéralement).
On commence par la valle de la Muerte (ci-dessous), avec la descente d’une dune très pentue en bare-foot, cool! Autour de nous, pas un insecte qui vive, quelques coriaces herbacées seulement.
Cela pourrait expliquer ce nom de vallée de la Mort. En réalité, il y a plusieurs légendes à ce sujet, difficile de connaître la vérité. Certains disent qu’elle s’appelle ainsi parce que de
nombreux ânes chargés comme des mules sont tombés dans le précipice, d’autres assurent que les population locales jetaient leur déchets et leurs cadavres au fond de la vallée, un gigantesque
cul-de-sac qui aurait fait office de décharge…
A propos, d'où viennent ces dunes de sable fin, à près de 3.000 mètres d'altitude? Héhé, patience! Je vous explique ça un peu plus bas. Depuis les
dunes, on aperçoit une petite tornade de loin, c’est très fréquent dans le désert. Ensuite on visite une petite grotte de sel, aux concrétions tourmentées de cristaux de sel, parfois ronds comme
des choux, parfois tranchants comme des couteaux. Si on fait silence, on entend les rochers craquer, c’est impressionant.
On finit avec le coucher de soleil sur la valle de la Luna, et sa dune plantée entre deux montagnes comme un décor de cinéma. Une dune parfaite, qui
forme un véritable col. Magique. A tel point qu’on se demande si elle est naturelle.
En réalité, tout ce sable (ainsi que le sel) se trouvait au fond de l'océan. Mais après la formation
des Andes, une nouvelle chaîne s'est élevée de l’océan, dont l'eau s’est retrouvée coincée entre les nouvelles montagnes. En s'évaporant, elle a
laissé des tonnes de sable et de sel dans cette cuvette qu'est la région de San Pedro d'Atacama. Quand on voit
les paysages que la mer a laissé en se retirant, on se dit qu’il est très possible qu’il y ait eu de l’eau sur la Lune et Mars, tant ces étendues rocheuses leur ressemblent.
La suite demain! Et plus de photos dans la rubrique "Un monde d'images"
salut
Un passage sur ce blog sympa
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