Jeudi 3 mai 2007
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16:50
J’ai tardé avant de publier ces textes sur l’Atacama, car j’y suis allé deux fois, à plus d’un an d’intervalle. J’hésitais: devais-je parler de mon
premier voyage, mon deuxième, les deux? Finalement j’ai décidé de faire un mix. Aujourd'hui, quatrième et avant-dernière partie.
Levés 3h30 du mat’ pour aller voir le soleil se lever sur les geysers del Tatio, à 4.300 mètres d’altitude (ce sont les plus élevés au monde). A
l’aurore, par grand froid (quelque chose en-dessous de 0), encore ankylosé d’avoir dormi dans le bus, ces cheminées de vapeur me font tout d’abord assez peu d’effet.
Et puis on s’approche, on écoute le gargouillement qui s’échappe en même temps que l’eau, on se réchauffe dans la vapeur, on admire la hauteur des colonnes de fumée, on fait chauffer le lait du p’tit déj’ dans des tout petits geysers qui bouillonnent comme des marmites… Et quand le soleil apparaît, à travers la vapeur, c’est
dantesque. On finit par prendre un bain par grand froid dans une piscine naturelle, au pied d’un geyser. Ravigorant!
Ensuite on s’arrête pour observer une plante bizarre, extrêmement dure, qui recouvre un rocher, la yareta. On dirait de la mousse, mais dure comme
une carapace, et qui s’étale sur 2 ou 3 mètres. Une plante coriace et rare qui s'est adaptée aux dures conditions climatiques. Etonnant.
Puis sur la route, on croise vicunas, lamas, alpagas et guanacos (à vous de deviner de quelle espèce il s'agit sur la photo ci-dessous). Tous ces
animaux sont utilisés pour produire de la laine, mais certains sont plus rares que d’autres, et les vicunas (vigognes en fraçais) sont sauvages, contrairement aux lamas. Enfin pas tant que ça:
face aux minibus, ils se laissent approcher d’assez près. Après les vicunas, on croise même des espèces de lapins des montagnes, dont j’ai oublié le nom, en train de se dorer au soleil.
Là encore, on traverse des kilomètres de désert sans trace de vie, si ce n’est un caddie Fisher Price rempli de caillous au bord de la piste. On monte jusqu’à 5.200 mètres d’altitude, et
j’aperçois de loin un nandou, les autriches sud-américaines, en pleine course. Vu le paysage, ça m’a fait penser à Bip-Bip et Coyote. Et soudain,
encore plus surprenant qu’à Toconao, on plonge dans un canyon creusé par une rivière: c’est Caspana, vieux pueblo plein de charme.
Un endroit où je rêverais d’habiter… si ce n’était un trou perdu au milieu de nulle part.
Un peu plus loin, on croise des pétroglyphes, les «panneaux indicateurs» des Incas. Ici, des lamas gravés sur la roche destinés à guider les
voyageurs. Ca donne envie d’aller plus au nord, voir les restes des civilisations mayas, nazcas, aztèques… Une autre fois peut-être…
On repart de plus belle pour Chiu Chiu et sa petite église coloniale, sans doute la plus belle de tous les villages d’Atacama. C’est aussi l’une des
rares, avec celle de San Pedro, qui n’ait pas reçu l’influence des cultures locales: ici, le clocher n’est pas séparé de l’église (voir l'article d'hier). C'est aussi la seule église à deux cloches de la région, ce qui signifie que c'était la plus importante de la
région.
On passe ensuite par Lasana, un village dans un canyon surmonté par un pukara, une forteresse inca en ruine datant du XV° siècle. La stratégie de
défense des Incas était très différente la stratégie européenne de la même époque: alors que nous édifiions des châteaux-forts imposants et voyants pour montrer sa force à l’adversaire, les Incas
préféraient des labyrinthes de murets assez bas, construits ainsi pour se confondre avec la roche. Discrétion avant tout.
Suite et fin demain, si vous le voulez bien! Et plus de photos dans la rubrique "Un monde d'images". Je mettrai en
ligne samedi (je pense) un nouvel album de photos de l'Atacama, prises lors de mon second voyage en mars dernier.