Vendredi 4 mai 2007
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23:41
J’ai tardé avant de publier ces textes sur l’Atacama, car j’y suis allé deux fois, à plus d’un an d’intervalle. J’hésitais: devais-je parler de mon
premier voyage, mon deuxième, les deux? Finalement j’ai décidé de faire un mix. Aujourd'hui, dernière partie.
Désert est pour moi un mot magique. Je ne saurais pas bien dire pourquoi. Ce mot-là exerce sur moi une fascination. Fascination
pour la vie qui s’accroche dans ces terres hostiles. Fascination pour ces étendues arides et vides, immenses. Fascination pour cette sensation que le temps, ici, est
plus lent qu’ailleurs… Mais il est temps de revenir à la «civilisation» (comme si les gens du désert étaient des arriérés! Bien au contraire, je crois que l’on aurait beaucoup à
apprendre de leur mode de vie).
En rentrant de San Pedro de Atacama, on passe par Calama, grosse ville minière au milieu du désert. A 10 kilomètres de là, le
gigantesque site d’extraction de cuivre de Chuquicamata, la plus grande mine à ciel ouvert du monde et poumon économique de la région. Même de loin, c’est impressionnant: on dirait deux montagnes perforées de bas en haut. Il n’y a qu’à croiser un des camions de la mine pour avoir une idée de ses proportions surdimensionnées: les roues des
camions mesurent près de 3 mètres de diamètre chacune et pèsent plusieurs centaines de kilos! (malheureusement je n’ai pas de photos, désolé! à la place, une autre de la Cordillera del Sal pour
la route!)
L’extraction du cuivre est la principale ressource économique du Chili, qui en est le premier producteur mondial. Les cours du cuivre sont en
constante augmentation depuis quelques années, ce qui assure au pays une croissance confortable. Mais elle ne profite malheureusement qu’au gouvernement (propriétaire des mines) et aux
dirigeants. Surtout, alors que le pays est suffisamment développé pour transformer lui-même cette abondante matière première, il vend tout le cuivre brut à l’étranger, à la Chine notamment. Or il
serait bien plus judicieux et juteux, économiquement, de faire plus que la simple extraction, et vendre à l’exportation des produits semi-finis comme des fils de cuivre… Je vais proposer l’idée
au ministère de l’Economie chilien, tiens!
Après Calama se poursuit le long retour en bus, taxi, avion, bus et re-bus jusqu’à Quilpué. On fait juste un arrêt à Antofagasta pour aller voir la
Portada, une grande roche percée qui s’avance dans le Pacifique, l’équivalent de notre Etretat. Jolie carte postale.
En arrivant enfin chez Caro, je suis surpris par le flot des toilettes. Je m’étais habitué au strict minimum de San Pedro, j’ai cru qu’il y avait une
inondation! Pour eux, ce serait un gaspillage impensable! Dans l’Atacama, j’ai appris qu’on peut se doucher avec deux litres d’eau. J’ai compris ce qu’est l’or liquide, au pays du
sable, du sel et du cuivre.
Ici s’achèvent ces carnets chiliens, notes prises au cours de mon premier voyage au Chili en 2005, et d’une semaine passée dans l’Atacama en mars dernier.
Ces endroits, je les avais donc déjà vu, mais j’étais heureux d’y retourner. Découvrir un lieu est un plaisir, un émerveillement parfois. Le redécouvrir est un autre plaisir, qui permet de
remarquer des détails qui nous avaient échappé la première fois, de se remémorer, d’approfondir... (d’ailleurs il est amusant de noter que sur certains sujets, les guides ont différentes
explications). Comme dirait Bertrand, redécouvrir, c’est une chance. Je crois que j’en ai bien profité. Et vous aussi
j’espère.
Pour les mines de cuivre, why not, mais quand un pays n'exporte pas de produits finis comme ici le cas du cuivre brut c'est avant tout pour des raisons géo-politico-économiques. Le Chili est certes le 1er producteur mondial, mais la pression américano-chinoise est si forte, que c'est pas pour demain.
Si tu veux que j'approfondisse ceci, n'hésites pas à me le demander. :-)
Pour l'eau, c'est le vrai débat. C'est cette maîtrise que nous devrions copier. J'avoue, moi même être un gaspilleur.
En Haïti, quand tu es dans l'arrière pays, tu peux faire parfois 10 km pour te doucher dans une rivière, quand effectivement tu ne te douches pas avec une bouteille d'eau en plastique !
Ici, en Europe, l'eau est là, de grands fleuves, des pluies régulières, une exploitation des nappes phréatiques... Et ces hommes, ces femmes et ces enfants boivent une eau dont certains ne se serviraient même pas pour laver leur voiture !!!
Je vais m'arréter là, mais c'est vrai que c'est souvent scandaleux !
Merci pour ce riche commentaire
Merci pour ce merveilleux voyage dont tu nous a fait profiter !
Bises
En revanche, il existe le projet de mine d'or Pascua Lama (dont j'ai parlé sur ce blog, ici: http://www.vusurlemonde.com/article-4811806.html) hautement plus dangereux pour les populations locales
San Pedro est magique. On y trouve les plus beaux paysages de la Terre. Mais j'ai été choqué par le fait que les Indiens sont rejetés hors du village rempli de touristes.
Salutations belgo-péruviennes,
Yves
Si les Indiens n'étaient rejetés qu'à San Pedro! Mais c'est pareil un peu partout au Chili malheureusement...
Bienvenue par ici, je vais voir ton site