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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /Mai /2007 18:46
Depuis quelques semaines, on voit les drapeaux chiliens fleurir un peu partout dans les rues et dans les campagnes. Mai, c’est le mois de la Mer, avec pour point d’orgue la commémoration du 21 de Mayo 1881, la plus grande victoire navale du Chili, la bataille d’Iquique. C’est une chose curieuse d’ailleurs: alors que le peuple chilien est un assemblage disparate de colons espagnols, d’indiens, d’immigrés allemands, français, croates, italiens, anglais, portugais… alors que les Chiliens sont toujours prompts à critiquer leur pays et leurs dirigeants, ils sont fiers de leur Chili, de leur patrie. Malgré toutes leurs différences, ils retrouvent derrière leur bannière une certaine identité commune.

Pourquoi je vous parle de cela? Parce que depuis quelques mois on nous bassine avec l’identité française chère à Nicolas Sarkozy, et que ce que je vois ici, dans ce pays aux multiples racines, me montre qu’une identité commune peut se construire dans la mixité. Certes, on ne se mélange pas beaucoup, il n’y a pas d’ascenseur social au Chili, et les descendants d’allemands, croates, français ou anglais forment l’essentiel de la «haute société». Mais ici, pas de haines ni de communautarisme malsain (même s’il existe encore certaines formes de ségrégation, j’en reparlerai). Tout le monde se sent chilien, pour le meilleur et pour le pire.

drapeau_chilien.jpg
Mais il ne faut pas se fier qu’aux apparences. Au Chili, le gouvernement incite au pratiotisme, ce n’est pas un sentiment naturel pour tout le monde. Par exemple, pour le 18 Septembre (fête nationale chilienne), les bannières et drapeaux fleurissent de nouveau au devant des maisons. Mais c’est parce que les propriétaires qui ne mettent pas de drapeau risquent une amende d’une centaine d’euros…

***

Mai, c’est aussi le mois de la fête des mères. Ici, ça a une toute autre valeur qu’en France. La famille, c’est sacré. La télé nationale se fend de spots spéciaux pour les mamans (idem en juin pour les papas). Pendant deux semaines, les écrans pub ne parlent que de ça: les cadeaux pour maman, puis pour papa. Les émissions de télé aussi. Et la veille du jour fatidique, les grands magasins ouvrent spécialement jusqu’à 23 heures ou minuit. En France, y’a qu’à Noel qu’on voit ça.

La famille, c’est sacré. Du moins en apparence. Parce que dans les faits, je n’ai pas le sentiment que les familles soient beaucoup plus unies que chez nous. Le Chili, isolé géographiquement, s’est développé de manière très conservatrice. Et aujourd’hui, 17 ans après la fin de la dictature, un vent de liberté souffle de la jeunesse chilienne, mettant à mal quelques valeurs traditionnelles, comme la patrie et la famille.
Par @tom - Publié dans : Le Chili vu de l'intérieur
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