Jeudi 28 juin 2007
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Ca fait pas mal de temps que je parle beaucoup de sujets de société et de
politique. J'en oublie de vous faire voyager à travers le Chili. Alors aujourd'hui, hop, je reprend la série des carnets chiliens, en vous parlant de Valparaiso et du patrimoine
menacé.
Le cœur historique de Valparaiso est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2003, mais partout alentours, même à flan de collines, même sur les dunes,
fleurissent les tours de béton. Dans le centre même de la ville, de nombreux projets immobiliers ont été approuvés juste avant la signature de la charte de l’Unesco, ce qui fait
qu’aujourd’hui encore, on voit de grands buildings en construction au cœur de Valparaiso. Et, entendons-nous bien, ce sont des résidences de standing, pas des HLM!
Ce n’est pas un cas isolé. Le Chili s’enrichit, et attire chaque année de plus en plus de touristes. Résultat, de gigantesques complexes immobiliers et touristiques fleurissent sur les côtes du
Pacifique, polluant des sites naturels superbes. Les promoteurs locaux pourraient s’inquiéter un peu de ce qui s’est passé en Europe, où l’on a bétonné les littoraux avant de se rendre compte que
c’était une mauvaise idée. Mais non, il semblerait que les pays en développement doivent passer par les mêmes erreurs que nous, quelques décennies
plus tard (c’est valable pour plein de choses, pas seulement l’immobilier). Heureusement, ils essaient de ne pas construire que des tours laides et rectilignes, comme ici à Algarrobo.
Il faut dire que les Chiliens n’ont pas vraiment le sens de la conservation du patrimoine. Pour eux, un appartement neuf dans une tour nouvellement construite, c’est mieux qu’une vieille maison
de caractère. Comme les Chinois. L’autre jour, je lisais dans une revue chilienne un reportage sur Shangai, dans lequel le journaliste s’extasiait de la modernité de
la ville, tous ces immeubles gigantesques qui remplacent les vieilles maisons certes traditionnelles mais surtout délabrées… alors que nous Français savons bien qu’en Chine, on
fait du passé fondations rases, au détriment de l’intérêt historique et patrimonial. Ici, moderne et ancien cohabitent, mais ce n’est pas toujours très heureux.
Sur la photo, c’est Santiago.
Mais revenons à Valparaiso. Récemment, une chaîne de supermarché a obtenu le permis de construire en pleine zone protégée par l’Unesco, en promettant d’édifier un bâtiment fidèle à l’architecture
environnante. Résultat: des fausses fenêtres qui ressemblent plus que vaguement aux fenêtres des maisons voisines, des couleurs jaunasses bizarres, et un toit en tôles de zinc qui fait tache. Ou
comment respecter les normes de l’Unesco en les contournant pour que ça ne coûte pas trop cher.
Un peu plus loin, dans l’avenue Pedro Montt (qui fut au début du XX° siècle le Broadway de l’Amérique du sud), presque tous les anciens théâtres ont
disparu. Seul restent le théâtre municipal, et le Teatro Imperio.
Ce vieux bâtiment n’a pas été détruit comme ses voisins, mais a été reconverti en… feria artesanal! A l’intérieur du bâtiment, à la place des
fauteuils, trois rangées de cahutes en bois ont élu domicile entre les vieux murs, le balcon et la scène, son grand rideau rouge et son décor vieillot. Aujourd’hui, on ne vient plus y applaudir
les comédiens, mais flâner entre les rangées de bibelots en tout genre.
Et puis il y a les fameux ascenseurs de Valparaiso. Ca, au moins, c’est un patrimoine auquel on ne touche pas.
En 1996-97, ces merveilles de mécanique centenaires faisaient partie de la liste mondiale des 100 monuments en danger et à préserver, répertoriés
chaque année par la fondation World Monuments Watch (cette année, on y trouve aussi le Macchu Picchu, par exemple...). Six ans plus tard, ils
étaient élevés au rang de patrimoine mondial de l’Humanité. C’est ce qu’on appelle l’ascenseur patrimonial. Et pourtant, la majorité d’entre eux ne semblent pas avoir été rénovés depuis des
lustres (sauf les quatre ascenseurs les plus touristiques, tiens donc!), et plusieurs sont hors-service.
Il faut dire que l’Unesco n’apporte pas d’aide financière aux sites qu’il choisit. Alors on ne peut pas en vouloir à la municipalité de Valparaiso de ne pas s’occuper mieux de
son patrimoine. Elle doit en effet gérer une ville de 300.000 habitants avec un
budget de misère, et prend l'argent là où elle peut. Le patrimoine, c’est bien, mais l’humain et le social, c’est plus important.
très sympa ton blog. continue à me faire sourire et découvrir sur ce pays voisin au mien. non le pérou n'est pas mon pays, mais en tout cas, il m'a adopté.
je t'invite }a vistiter mon blog de teps en temps.
chaufa
http://cestparoulperou.over-blog.fr/
Je vais voir chez toi, et je te mets dans mes favoris
Je n'ai pas parlé du Congrès parce qu'il était là avant que Valparaiso se soucie vraiment de son patrimoine, et avant que l'Unesco ne s'y intéresse. Mais il faudra que j'en parle, un jour, de ce Congrès