Lundi 14 janvier 2008
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C'est la panade au Chili. La présidente Michelle Bachelet a enregistré en un mois la démission du porte-parole de son gouvernement Ricardo Lagos
Weber, du ministre de l'Intérieur et pilier de son cabinet Belisario Velasco, et a refusé la démission de René Cortazar, ministre chargé du Transantiago. Mardi dernier, une réunion de crise a eu lieu entre la présidente et ses collaborateurs, qui a abouti à un remaniement ministériel, le second en moins de deux ans d'exercice. Ca fait beaucoup.
Et puis Michelle Bachelet, malgré ses bonnes intentions, ne peut pas faire ce qu'elle veut, coincée qu'elle est par l'échec fracassant
du Transantiago d'un côté, et le lobbying des grandes entreprises de l'autre. Sa marge de manoeuvre est d'autant plus étroite qu'une part conséquente du budget de l'Etat est englouti par le
gouffre financier du fameux réseau de bus, et qu'elle doit en plus composer entre les différents courants de sa majorité de centre-gauche, de plus en plus
désunie et fragile.
Ajoutons à cela que la présidente, qui avait frappé fort pour son entrée en fonction en nommant autant de femmes ministres que d'homme, a dû se résoudre, en déplaçant ses pions
collaborateurs, à réduire le contingent féminin à chaque remaniement.
La "démocratie en jupons" a donc pris du plomb dans l'aile (ou la cuisse). Car dans le même temps, la présidente de la Démocratie chrétienne (DC),
Soledad Alvear, est de plus en plus malmenée au sein du parti centriste, à l'instar de Bayrou l'an dernier: tout comme pour l'UDF, des figures importantes de la DC ont claqué la porte pour
divergence d'opinion avec sa présidente. Ce qui affaiblit encore l'alliance centre-gauche de Bachelet.
Les femmes politiques chiliennes en difficulté, donc... Serait-ce une conspiration machiste? Je ne saurais dire. Mais il y a plus grave: les
Mapuches. On en voit ici deux avec la présidente. Apparemment, tout va bien, mais ne vous fiez pas aux apparences...
Les Indiens Mapuches ont, pendant très longtemps, tenu la dragée haute aux conquistadores. Il y a encore un peu plus d'un siècle, les autorités chiliennes ne contrôlaient pas le sud du pays.
Aujourd'hui, ils sont toujours victimes de discrimination raciale et de répression, et les quelques parts de terre qu'on leur a laissées sont
toujours plus menacées par les grands exploitants forestiers.
Alors les Mapuches se rebiffent. Et le gouvernement de Michelle Bachelet répond, par le biais des forces de l'ordre. Les associations droits de l'hommistes, entre autres, s'alarment de cette
situation. Selon elles, la répression n'a jamais été aussi forte depuis la fin de la dictature. Etonnant, venant d'une femme dont le père a été
victime de la torture sous Pinochet.
Et là, je vous ai mis une photo très soft...
Pour en savoir plus sur les Mapuches, leur histoire et leur revendication, ce site: http://kapma.over-blog.com/. Il est évidemment très partisan, mais il y a tellement de désinformation sur le sujet au Chili (et
dans les médias officiels) que c'est pratiquement le seul site chilien francophone que je puisse vous conseiller.