Vendredi 1 février 2008
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On me demande souvent s’il y a beaucoup de délinquance et de corruption au Chili, et si le pays est stable politiquement.
A la première question, je réponds que je me sens plus en sécurité dans les rues de Vina del Mar ou de Valparaiso qu’à Paris. Il faut juste, comme
dans toutes les grandes villes, éviter certains quartiers. Ce qui est le plus courant ici, ce sont les affaires de vols à la tire, dans la rue, dans les magasins, et les cambriolages. En terme de
criminalité, on est très loin des autres pays d’Amérique Latine. Et, en pourcentage de la population, il y a moins de délits commis au Chili qu’en Nouvelle-Zélande ou en Norvège (mais plus qu’en
France).
Les Chiliens sont assez paranoïaques par rapport à la délinquance. Je crois que c’est dû à la surenchère de faits divers dans les médias. D’ailleurs,
il arrive souvent que le JT fasse un sujet de 2-3 minutes sur une affaire qui n’aurait même pas «valu» une brève en France (je suis bien placé pour en parler: il m’est arrivé de m’occuper de la
rubrique faits divers quand j’étais journaliste en France).
A la seconde question, je réponds que la corruption existe, mais assez peu. A juste titre, comme le montre le graphique ci-dessous, fruit des travaux
de l’organisme Transparency International. Chaque pays est noté de 1 à 10, en fonction du niveau de corruption estimé.
Comparé à tous les pays voisins, on le voit, le Chili est un très bon élève. Au classement des pays les moins corrompus, il arrive au 22e rang, alors que la France
n’est que 19e de cette liste dominée par le Danemark, la Finlande et la Nouvelle-Zélande.
Depuis deux ans que je suis l’actualité chilienne, il y a eu (à ma connaissance) un gros scandale politique, quelques affaires d’arnaques et de malversations impliquant des entreprises privées,
et c’est à peu près tout. En revanche, il existe des passe-droits pour les privilégiés, les puissants. Et moyennant quelques billets, on arrive parfois à soudoyer
les fonctionnaires de certaines administrations, ou des employés mal payés qui ne rechignent pas à filer un petit coup de main plus ou moins illicite. Mais ça ne va jamais très
loin. Les policiers chiliens, eux, sont réputés incorruptibles (tenter de les acheter pour éviter une contravention ne fait qu’aggraver votre cas), et au niveau de la politique, on parle très peu
de corruption.
Ce qui m’amène au dernier point: cela fait maintenant 18 ans que la démocratie règne au Chili, de façon plutôt harmonieuse. La stabilité politique semble durablement
acquise, même si, parmi les leaders de droite, on trouve encore d’anciens ministres de Pinochet. Mais aucun d’entre eux ne me paraît susceptible de mettre en péril la
démocratie.
Voilà, après ça, ne me dites pas que le Chili est un pays dangereux! Le plus grand risque que l’on court ici, c’est d’être victime d’un séisme. Y’a
pire, non?