Je viens de retrouver ce petit texte de fiction que j'avais écrit juste après l'élection présidentielle. Il est pas tout-à-fait périmé, alors je vous
en fait profiter maintenant:
- Monsieur l’agent, j’ai entendu que Monsieur Sarkozy voudrait faire inscrire
sur la carte d’identité quelles sont nos origines si on a des parents d’une autre nationalité… C’est vrai ?
- Bah oui! Mais vous inquiétez pas, ma p'tite dame! c'est juste pour l'Institut national statistique! on veut faire une étude quantitative sur les racines des Français!
- Comme vous le faites parfois à la sortie des écoles?
- Non! là, ce sera plus documenté, pas besoin d’attendre que le papy vienne chercher ses petits-enfants, on pourra avoir toute la famille d'un coup!
- Moi j'ai pas besoin de votre carte pour la sentir, mon identité. Pour la connaître. C'est plus une carte d'identité, c'est une carte de fichage, c'est une carte d'enchaînement!
- C'est votre opinion. Profitez-en, peut-être qu'un jour vous n'aurez plus la liberté d'en dire autant, ma p’tite dame.
- La France, on peut l'aimer et avoir envie de la quitter, je vais vous dire. Et on peut aussi l'aimer et être obligé de la quitter. Ca rime à rien tout ça.
- Et bien partez alors.
- C'est ce que je vais faire!
Et voilà comment la France perdit une partie de sa population. Justement, cette partie avait massivement voté contre le pouvoir nouvellement installé. En partant, elle fait donc les affaires des
gouvernants: à opposition restreinte, règne sécurisé.
Tout cela pour dire que maintenant qu’Iznogoud est passé calife, il ne faut pas quitter le navire par dégoût ou se résigner, il faut résister. Je sais, c’est facile à dire pour moi qui suis à
12.000 kilomètres, mais je suis parti avant l’arrivée d’Iznogoud !
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