Vendredi 22 février 2008
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L'été, au Chili, on va à la plage, on surfe, on fait des grillades, et... on divorce. Il y a trois fois plus de demandes
de divorce en janvier-février que le reste de l’année. Pourquoi, me direz-vous, alors que l’été caliente est propice au rapprochement des corps et des cœurs? Ben justement: l’été
caliente est une invite au rapprochement des corps illicite, à l’infidélité.
Or au Chili, il existe une véritable paranoïa de l’infidélité. Certains vont même jusqu’à dire que c’est le second sport national (après le football,
faut pas déconner quand même!) Une paranoïa facilement entretenue par les programmes télés, séries et show de télé-réalité, où tout le monde trompe tout le monde (ou presque). Ce qui fait que
beaucoup de Chiliennes, même très jeunes, sont extrêmement possessives et jalouses (moi ça va, Caro est raisonnable à ce niveau-là.) C’est totalement contre-productif, puisque plus on serre la
corde au cou de l’homme, plus il a envie de s’échapper et d’aller voir ailleurs. D’où l’infidélité. D’où la paranoïa…
Il faut aussi savoir que pour beaucoup de Chiliens, voir un homme et une femme discuter seuls dans un bar signifie automatiquement qu’ils ont une
liaison. L’amitié homme-femme, c’est pas un concept très développé ici (à part dans certains milieux de Santiago).
Mais l’infidélité n’explique pas tout. En réalité, ce qui cause autant de divorces durant l’été, c’est… les vacances! Tout à coup, durant trois
semaines, homme et femme se retrouvent ensemble 24 heures sur 24, ce qui n’arrive normalement jamais dans l’année. Et très vite, cette promiscuité inhabituelle fait monter la mayonnaise, la
moutarde et les blancs en neige. Avec, parfois, des conséquences terribles (le nombre de femmes victimes de violences domestiques est en augmentation au Chili).
C’est en partie dû au fait que pas mal de machos chiliens en sont encore à l’âge de pierre des relations homme-femme, où la seconde doit être soumise
aux desideratas du premier. Interviewé par la télé, un beau mâle musculeux mononeuronal, a ainsi déclaré en substance: «Je supporte plus de la voir. Sauf la nuit. Mais la nuit je la vois même
pas!»
Voilà, c’est dit, les couples chiliens ne se supportent pas. Et pour y remédier il n’y a guère que la réconciliation sur l’oreiller… ou le divorce,
faute d’oreiller bienveillant! Tiens, ça me fait penser, il y a ici un livre à succès qui s’appelle «Amour – sexe = infidélité» Et vous, vous en pensez quoi, de cette équation?