Ca y est, on connaît le tracé du prochain rallye Dakar. "La course partira le 3
janvier de la Plaza de la Republica à Buenos Aires pour revenir dans la capitale argentine deux semaines plus tard, le 18 janvier, après une boucle de 9000 kilomètres", lis-je dans l'Equipe.
"Le rallye va traverser par deux fois la Cordillère des Andes, et atteindre des altitudes supérieures à 4500 mètres. Des franchissement de hautes dunes sont
également au programme." Et la journée de repos aura lieu... à Valparaiso. Ca me met en rogne à l'avance parce que je sais que ça va être la liesse en ville, et que moi je vais être là à
critiquer.
Pour faire un parallèle hasardeux, c'est un peu comme cette semaine: un paquebot pavillon états-unien a fait escale au port, avec son escouade de jeunes Marines post-pubères: c'était la fête à
Valparaiso, mais les esprits bien pensants ont critiqué l'événement, disant que ça attire les travailleuses du sexe et ne profite qu'aux débits de boisson. Et
bien moi, quand le Dakar arrivera à Valparaiso, je ne serai pas de la fête, je ferai partie des esprits bien pensants. Et ça m'agace.
Mais trêve d'élugubrations, voici le tracé de la course:
Ce qui me soulage, c'est que le tracé ne passera pas par
la zone de San Pedro de Atacama et du désert de sel. En revanche, je suis préoccupé par le passage des Andes entre Mendoza et Valparaiso. Cela signifie que le rallye va traverser la région
métropolitaine et la région de Valparaiso, les zones les plus peuplées du Chili. J'espère que cette partie ne sera pas une spéciale, c'est-à-dire une étape chronométrée, mais juste une "étape de
liaison", sans enjeu, durant laquelle les concurrents roulent lentement.
Je suis aussi un peu inquiet pour le passage du rallye entre Valparaiso et La Serena, zone certes moins densément peuplée, mais proche de la côte. Côté
argentin, je n'en parle pas, je connais beaucoup moins bien. Mais maintenant que le tracé a été dévoilé, je vais me renseigner plus sur le sujet, et chercher des moyens d'action et prévention
avec des associations locales. Je vous tiendrai au courant.
En attendant, je peux vous dire que je vois l'avenir gris foncé comme des gaz d'échappement, quand je lis que les organisateurs sont prêts à "envisager une
alternance" entre Afrique et Amérique du Sud pour les prochaines éditions. Moi je vous le dis: tant qu'il y aura de grands espaces vierges, du désert et des dunes (et du pétrole), il y
aura des rallyes. Finalement, c'est peut-être mieux ainsi. Car le jour où les rallyes cesseront d'exister, ça voudra dire que la planète sera énergétiquement et écologiquement très mal en
point.