Samedi 13 décembre 2008
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"J'ai donné la consigne que tout Chilien qui entre au Pérou n'en ressorte plus. Ou
alors, dans une caisse. Et s'il n'y a plus assez de caisses, dans des sacs plastiques. Et vous les femmes, vous servirez de "femmes-bombes", vous séduirez les Chiliens et faciliterez le travail
de l'armée péruvienne". Ainsi s'exprimait, en 2006, le commandant en chef des armées péruviennes, au cours d'une réception privée avec des amis officiers. Le
général Edwin Donayre, l'air rigolard, était en train de porter un toast.
Deux ans plus tard, une vidéo diffusée sur YouTitube rend public ses déclarations, créant une mini-crise entre Chili
et Pérou. Santiago a demandé le limogeage du vieux général, ce que refuse le gouvernement de Lima (il est sur le point de prendre sa retraite, de toute manière). Pire, l'officier a assumé
publiquement ses paroles, et est devenu en quelques jours la nouvelle mascotte des nationalistes péruviens. Comme si les bisbilles au sujet de la frontière
péruano-chilienne et de la paternité du pisco ne suffisaient pas!
Pourtant, le Chili accueille quelques dizaines de milliers de Péruviens sur son sol, dont la plupart ont été régularisés en 2008 (j'en reparlerai), beaucoup de Chiliens traversent tous les jours la frontière entre Arica et Tacna pour aller travailler... mais
il faut que des imbéciles de gouvernants entretiennent la haine et fomentent le nationalisme aveugle pour leur propre bénéfice. Lamentable. Le fameux "merde" du général Cambronne, à côté du
général Donayre, parait d'une élégance raffinée.