Dimanche 14 juin 2009
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Au Chili, bidouiller les fils électriques est une sorte de culture locale. Dès qu'il y
a une panne de courant en ville, on peut observer les techniciens passer des heures et des heures à déchiffrer et démailler des quantités invraisemblables de files et de prises, et parfois
réparer au système D. Il suffit de se promener dans les rues de Valparaiso pour se rendre compte de l'inextricable défi qu'ils ont à relever:
Mais il n'y a pas que les professionnels qui s'en mêlent (s'emmêlent?). Au premier de l'An, quand toute la ville coupe l'électricité pendant une demi-heure pour le feu d'artifice sur la baie, il
est courant que de petits malins aillent couper des mètres entiers de câble pour récupérer les fils de cuivre et les vendre au marché noir.
Mais surtout, il est commun de voir des branchements illégaux. Tels le coucou qui pique le nid des autres, beaucoup de Chiliens traficotent les poteaux électriques de leur quartier, voire
l'installation de leur voisin, et se branchent illégalement. Résultat: ils ont l'électricité gratuite, mais leurs bidouillages amateurs ne correspondent évidemment pas aux normes de sécurité, et
on déplore régulièrement incendies, électrocutions et autres accidents.
C'est pourquoi Chilquinta, la compagnie d'électricité de la région de Valparaiso, a mis en place une nouvelle campagne publicitaire qui invite textuellement à dénoncer les auteurs de branchements
illégaux -en échange de quelque bénéfice. Certes, profiter sans payer, c'est dangereux et malhonnête. Mais appeler les usagers à dénoncer, c'est franchement pas beau. Ca sent des relents
nauséabonds d'habitudes dictatoriales. Et ca, c'est pire que les branchements illégaux.