Lundi 6 juillet 2009
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Vous avez sans doute remarqué que lorsqu'on les interviewe, la plupart des artistes
actuels se disent influencé par tel ou tel artiste d'une époque antérieure. C'est normal, mais c'est triste. Car dans bien des cas, cela constitue un appauvrissement artistique. On prend un
ingrédient-clé d'un artiste reconnu, on le mélange à sa propre sauce, et ca fait au final un plat plus fade que l'original, et sans grande créativité.
Pour prendre un exemple populaire: Beyonce Knowles. La diva du R&B est influencée par Aretha Franklin. Bon, j'aime bien Beyonce, mais je trouve que son potentiel est largement inexploité.
Elle pourrait, effectivement, se hisser au niveau d'Aretha. Mais ce n'est pas avec l'ersatz de rhythm'n'blues et de soul qu'on nous sert actuellement que ca va arriver. L'heure est la
simplification des mélodies et des textes, à l'abrutisation des oreilles par des musiques délibérément simplistes. Conséquence de l'industrialisation massive de la musique et des arts en général?
Peut-être. Il est sans doute plus facile pour un producteur de faire du fric avec une lisse et docile Lorie qu'avec un tortueux Dominique A.
Tout comme l'Homme du XIXe siècle est incapable de construire une cathédrale gothique ou une pyramide d'Egypte, il risque de perdre peu à peu les techniques artistiques les plus difficiles à
maîtriser, à force de se complaire dans le nihilisme et la simplification à outrance. Epure, diront certains. Facilité, dis-je.
Si vous voulez mieux comprendre de quoi je parle, nettoyez-vous les oreilles: retournez aux sources du rock et du jazz, écoutez les classiques, aventurez-moi aux musiques du monde, tentez la
musique concrète (plus ardu, ca!)... puis comparez avec la soupe actuelle. A part quelques exceptions, vous verrez, les vieux pots étaient bien meilleurs.
Faites de même avec les autres disciplines artistiques: comparez Racine à Eric-Emmanuel Schmitt (qui n'est pas mauvais du tout, je tiens à préciser!), Christine Angot à Simone de Beauvoir. Allez
successivement au musée d'Orsay et au Palais de Tokyo. Je ne suis pas un chantre du classicisme (j'aime la peinture contemporaine, par exemple), mais je préfère un chef-d'oeuvre basé sur
l'esthétisme pur, la technique, la beauté d'une expression, à une production artistique dont la seule réelle valeur est le concept. Trop intellectuel, trop peu d'émotion. Et c'est toujours
pareil: peintres, plasticiens et sculpteurs actuels se disent inspirés par Untel ou Unetelle. Et qu'ont-ils gardé de ces maîtres du passé? Ils sont allés vers "la simplification". C'est ce que
j'appelle l'appauvrissement culturel. Et ce n'est pas la globalisation qui va améliorer les choses.
Par @tom
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Publié dans : Un peu d'art
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