Mercredi 20 décembre 2006
Qui est l’andouille qui a dit que la musique adoucit les mœurs? Hier soir je suis allé, un peu par accident, à un concert de death metal dans un pub de nuit de Valparaiso. J’avais jamais écouté de death metal en live avant. Déjà, le death metal, je suis pas fan. Mais alors quand en plus c’est des mauvais musiciens, qui font siffler le micro et mettent l’ampli à fond, avec un chanteur qui gueule comme Rambo quand il est pas content…Mettez un ampli dans la bouche d’un ours ou d’un tigre en colère, en saturation, ça ferait à peu près le même son. Du coup, quand après leurs éructations bruyantes ils disent simplement « gracias » au public, ça sonne tout bizarre…
Eh ben sans rire, moi qui suis un garçon plutôt calme, ça m’a donné envie de balancer la table du bar en l’air, de briser mon verre au sol et de jeter une chaise sur mes voisins. Pourtant je comprenais un traître mot de ce qu’il baragouinait l’autre beugleur. Mais on sentait bien qu’il avait la rage, la haine. Bon c’est peut-être aussi parce que le concert était horrible que j’avais des pulsions violentes. Si c’était pas pour les amis de Caro qui organisaient la soirée, je me serais tiré.
Heureusement l’autre dragon il a vite craché toute sa bile dans le micro, ses compères ont vite fini de torturer les boyaux de leurs guitares et d’assommer les peaux de la batterie. Le death metal était mort pour la soirée, maintenant on allait pouvoir discuter tranquille et danser un peu…
Vis ma vie de videur dans un pub
Puis, alors qu’on allait partir, on a été réquisitionnés pour faire la relève à l’entrée du pub. Il était 3h du mat’, Caro elle était crevée, franchement ça l’a pas fait rire. C’est assez rigolo pourtant, les négociations à travers la grille pour entrer à moitié prix: Regarde il est super tard, en plus on est nombreux… eh mon pote, je connais le patron, je vais pas payer quand même! On est pas de trop à trois pour les empêcher de forcer le passage. Heureusement y’en a aucun d’agressif.
J’ai toujours pensé que c’était super chiant d’être portier ou videur d’une boîte de nuit. En fait non, il se passe toujours quelque chose, entre les soulard(e)s qui s’en sont jetés quelques-uns de trop derrière la cravate ou le décolleté, et qu’il faut soutenir pour descendre les escaliers vite fait avant qu’ils vomissent à l’intérieur; les trafics un peu louches qu’on devine dans les coins sombres des petites rues; les bésouilles enflammées et maladroites des couples bourrés sur le trottoir; les va-et-vient des accros du portable… Et puis de l’entrée, la musique est moins forte et vu que la boîte est pleine, on a pas moins de place pour danser.
Bref ça a duré quasi une heure comme ça, jusqu’à ce que le patron du pub décide de fermer la grille d’entrée, laissant en rade les clients sortis pour téléphoner, vomir un coup derrière une bagnole ou tirer un coup à l’arrière d’une bagnole. Ceux-là, faudra qu’ils aillent sonner le patron pour récupérer leurs affaires à l’intérieur.
Finalement c’est passé très vite. Mais bilan des courses, ce matin je me suis réveillé avec une vieille chanson des L5 dans la tête. Allez comprendre…