Pakistan. Jeudi 22 février. Village de Allah Bux Brohi, près de Shahpur Chakar. Deux cousines, Farida (18 ans) et Hamida (22 ans), sont taillées en pièce - au sens propre - dans leur rue par leurs oncles pour cause de flirt. Les deux oncles, fiers de leur actes, se sont rendus à la police. Alertés à minuit de leur absence, les oncles avaient retrouvé les gourgandines dans un verger en compagnie de deux hommes, qui ont naturellement fui.
Cette pratique traditionnelle du karo-kari ou meurtre d'honneur - permettant à un homme de tuer une femme, ou un homme, si elle (il) déshonore la famille - a été entérinée dans les années 80 par une législation pakistanaise conforme à la loi islamique - les tueurs pouvant alors acheter le pardon des familles des victimes. Au cours des cinq dernières années, près de 5 000 personnes ont été victimes du Karo Kari.
Contrairement à ce que peuvent écrire les islamohystériques ne respectant pas la diversité des cultures, la pratique du karo Kari ne prouve pas une soit-disante barbarie de l'Islam envers les femmes. La pratique du Karo kari, si violente soit-elle à nos yeux, prouve que la société pakistanaise traditionnelle est structurée selon des codes sociaux et juridiques établis et respectés scrupuleusement. Les femmes ou les hommes mettant en péril la réputation d'une famille - et donc sa survie - sont coupables dans ce système juridique. Ils doivent donc en payer le prix, celui du trépas. Justice est ainsi rendue.
Alors la bonne question que nous devrions nous poser est la suivante. Dans un monde globalisé, où les peuples, enfin libérés des frontières alénantes, interagissent chaleureusement, la tradition juridique du karo kari n'est-elle pas un acquis social pour les peuples occidentaux? N'est-il pas scandaleux de vouloir remettre en cause cette saine régulation de la population pakistanaise?





