Mardi 27 mars 2007
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Mendoza. Sur ma carte Chili-Argentine, ça a l’air pas très loin de Valparaiso, à 4 heures de route à vue de nez. Mais
en réalité, il y a 8 heures de trajet en bus, dont une partie à escalader lentement les Andes, et un arrêt de 2 heures minimum à la douane (durant lequel les chauffeurs de bus laissent le moteur
tourner et polluer en attendant, grrr!)
La traversée des Andes de nuit est assez impressionnante. Dans l’obscurité, on distingue la neige aux sommets, on devine l’immensité
des montagnes. Mais de jour, c’est un peu décevant: ça n’a pas l’air tellement plus haut que les Alpes, c’est tout aride, sans végétation ni animaux, et pas extraordinairement beau. J’imagine que
pour apprécier vraiment les Andes, il faut quitter la route et faire de l’andinisme.
Seuls les dix derniers kilomètres de col avant la frontière, côté chilien, sont impressionants. Mon voisin qui avait le vertige avait peur que le bus tombe… à ce moment-là j’ai réalisé que mon
bus s’appelait Cata, je me suis dit qu’il allait nous porter la poisse! La route serpente sur un à-pic de plusieurs centaines de mètres entre deux très hautes murailles de rocaille. Une trentaine
de lacets à monter avec une pente assez sèche: à côté, L’Alpe d’Huez, c’est de la rigolade! Et encore, une fois en haut, ce n’est
pas un col, mais un tunnel creusé à 3.000 mètres d’altitude qui marque la frontière.
Et Mendoza? Grande ville au milieu de la pampa argentine, sur un plateau platissime de l’autre côté des Andes; un oasis au milieu du désert, et l’une des meilleures terres de vignobles de toute
l’Amérique. La ville est agréable et calme pour sa taille (700 000 habitants), plutôt riche, très verte, mais manque un peu de cachet: des maisons colorées mais souvent sans
charme, des rues larges et arborées mais désespérément perpendiculaire... en revanche, on y trouve de beaux bâtiments coloniaux et post-coloniaux (désolé, la batterie de mon
appareil m’a lâché, donc je n’ai que des photos des montagnes). C’est surtout plein de vacanciers états-uniens et de Chiliens qui
viennent manger pas cher et faire les boutiques.
Ca c’est un truc que je ne pige pas. Certes, la vie est nettement moins chère qu’au Chili, mais il faut tout de même payer le trajet pour aller jusqu’à Mendoza, et à moins de faire vraiment
beaucoup d’achats en Argentine, c’est pas très rentable… Mais les Chiliens étant très consuméristes, et ce depuis peu, ils sont obnubilés
par les soldes et les bonnes affaires.
D’ailleurs ça risque de poser des problèmes d’endettement au pays tout entier, car avec la multiplication des crédits à la consommation et des paiements en mensualités ou différés (aussi bien
pour acheter une voiture qu’un T-shirt), les Chiliens s’endettent sans s’en rendre compte. Et se font arnaquer sans s’en rendre
compte. Ainsi, une voiture neuve payée en 24 fois coûtera au total entre 30% et 50% plus cher que payée en une fois! Je trouve ça énorme comme taux! C’est le contrecoup du passage rapide d’une
société qui vivait parfois dans la peur de manquer à une société de consommation libérale. On ne sait plus s’arrêter! A tel point que lorsque la mère de Caro voit des vêtements en solde, elle
appelle sa fille pour lui dire qu’il faut aller acheter (alors que Caro a une garde-robe bien fournie…)
Je sais, la photo n'a rien à voir, mais je préfère vous montrer les Andes plutôt que les fringues de Caro. Vous préférez aussi? Alors ça tombe bien!
C'est joli ce bleu, non?
Arrêtons là les digressions. En réalité, ce qui m’a le plus marqué à Mendoza, c’est que les Argentines sont en moyenne bien plus grandes et plus minces que les
Chiliennes. Intéressant, n’est-ce pas? Soyez patients, j'ai gardé le meilleur pour la fin de l'article. Sinon, il y a beaucoup de vie
nocturne: en me balladant dans les rues, je suis tombé sur un spectacle de cirque à 1h30 du matin au milieu d’un marché artisanal, et ai dégusté une glace à 3h, heure à laquelle j’aurais
aussi pu manger un beefsteack.
Oui bon je sais je n'ai pas l'air hyper enthousiaste, alors que j’ai bien de la chance d’être là. Mais c’est que la virée à Mendoza, c’est pas moi qui l’ai voulu: avec mon visa de touriste de
trois mois, j’étais obligé de sortir du Chili une journée pour pouvoir rerentrer et me faire retamponner à la douane pour 90 jours
de plus. Et la ville frontière la plus proche, c’est Mendoza. C’est la deuxième fois que j’y vais un peu contraint, alors forcément je suis pas spécialement enchanté. Mais ne boudons pas notre
plaisir, apprécions au moins la bonne carne de bœuf argentin (leur aliment de base) et le bon rouge qui va avec. Santé! Salud!
Bien évidemment, ce n'est pas à cet endroit que les Argentins élèvent leurs bovins, encore moins qu'ils font leur vin! Mais revenons à nos moutons...
La première fois que j'ai dû passer la frontière pour cette histoire de 90 jours, Caro m’avait accompagné à Mendoza. Cette fois, j’ai fait l’aller-retour seul. Et j’ai croisé… des Français! Ils
sont partout! En rentrant à l’hôtellerie le soir, la patronne aux abois m’a demandé si je ne pouvais pas aider un compatriote qui parcourt l’Amérique du sud tout seul à vélo, mais se l’est fait
voler et se retrouvé cloué à Mendoza, avec une angine qui plus est. Le pauvre a bien appelé la police, mais apparemment, sans filer
quelques billets, les investigateurs ne sont pas très motivés… Au Chili, il n'y a pas de flics corrompus, mais chez les voisins, c'est une autre histoire...
Il faisait une chaleur étouffante à Mendoza, alors j’ai voulu prendre une douche à l’hôtellerie. Et j’ai découvert un concept étonnant: le WC-douche. C’est comme un cabinet de toilettes, mais
avec une pomme de douche au-dessus. Pas bête pour gagner de la place. Autrement dit, on peut se laver tout et étant sur le trône. Shampooing + caca, deux en un! Bon j’ai pas essayé. Bon en fait si, j'avoue, je suis trop curieux. Eh bien c’est pas très pratique, et puis le
savon m’a glissé des mains, et devinez où il est tombé? Et puis surtout, le mélange d’odeurs… je vous passe les détails.