Jeudi 29 mars 2007
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Je reprends ici la publication d'extraits du journal que j'avais tenu lors de mon
premier voyage au Chili, en décembre 2005. Ca date un peu, mais j'ai envie de vous faire partager mes premières impressions d'alors (en corrigeant celles qui étaient
fausses).
Pucon, l’un des sites les plus
touristiques du Chili, coincé entre un lac et un volcan enneigé. Une petite ville dans le sud du pays, à 700 kilomètres de Santiago, mais en même temps, encore au centre. Et à l’opposé, La
Serena, à 500 bornes au nord de Santiago, est encore un peu au centre. Ca fait quelque 1200 km de centre… La notion de distance, décidément, n’est pas la même qu’en Europe.
Je me rappelle les dernières
recommandations du papa à Caro, avant que l’on parte: «Est-ce que vous avez pris vos précautions?» Ils sont un peu old-fashioned,
ses parents. Famille tendance catho conservatrice, très courant au Chili. Pour le padre, il est pas très normal de partir ainsi en vacances à deux sans être mariés...
***
Arrivée à Pucon au petit
matin, après une nuit difficile dans le bus. On déchante vite: en guise d’accueil, on trouve pluie, brouillard et froid. Et oui, au sud du Chili, il fait frais et il pleut, même beaucoup: jusqu’à
4.000 mm par an dans certains endroits de Patagonie. C’est quatre fois plus de précipitations qu’à Bordeaux.
L’après-midi, le soleil est de retour, et on peut enfin découvrir le volcan qui
surplombe Pucon. Impressionnant.
Hop, allons faire un tour en VTT. Je
compte aller jusqu’aux Ojos de Caburgua, des chutes d’eau à quelques kilomètres de là. Mais on se perd, on manque de chuter et de se faire
écraser par une voiture sur une passerelle de bois, donc on décide de ne pas aller au bout de la promenade. Et on a mal aux fesses. Mais c’était bien quand même.
***
Le lendemain, lever 6 heures
du mat’ pour ce qui devrait être le point culminant de la semaine: l’ascension du volcan Villarica, 2.800 mètres et des cendres.
Quatre heures de marche dans la neige pour accéder au sommet du volcan le plus actif du Chili.
L’ascension, la marche en raquettes dans la neige, le vent, le froid, un calvaire pour Caro, malheureusement. Moi j’ai adoré, même si c’était dur. La sensation d’être sur le toit du monde, une fois au sommet, au-dessus des fumeroles de gaz et du magma qui crachote, c’est quelque chose
d’exceptionnel. Et puis la descente en glissade sur les fesses dans des toboggans de neige était sympa (n'est-ce pas madame? On dirait qu'elle vole!)
Un beau gros dodo n’aura pas été suffisant pour effacer les fatigues de l’ascension
de la veille. Malgré la crème solaire, nous avons le visage brûlé. Terrible. On dirait deux écrevisses au barbecue!
Le soir, on va donc rafraîchir notre insolation aux thermes Los
Pozones. Cinq piscines naturelles d’eau chaude au bord d’un torrent, au creux d’un vallon encaissé. Ajoutez la nuit, les lampes discrètes, la voûte céleste, c’est le pied intégral. Avec
nous, une retraitée israélienne qui voyage seule six mois par an. Le genre de grand-mère dont j’aurais rêvé, drôle et très ouverte. S’engage alors, en pleine baignade, une discussion sur la
religion avec elle et un groupe d’Américains qui croient en un Dieu commun à toute les religions. Une discussion comme dans un forum latin, en se baignant dans une piscine thermale. Très
agréable.
On n’aurait jamais dû changer de piscine. On est passé du groupe
d’Américains mystiques à une bande de touristes français assez beauf, et… on n’a pas du tout envie de papoter avec eux. Je trouve ça très drôle de croiser des Français qui parlent entre eux sans
se douter que quelqu’un les comprend. Surtout quand ils sont stupides comme ceux-là, bruyants, criards, irrespectueux envers le pays où ils se trouvent… des fois, mes compatriotes me font
honte!
Il y a d'autres photos de l'ascension dans la catégorie "Un monde d'images". Suite de ces carnets demain avec Pucon et Valdivia. Au
programme notamment: des cascades, des oursins et des phoques.
Par @tom
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Publié dans : Notes de voyage, Chili et ailleurs
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